Laurent Kérusoré retrouve avec bonheur le personnage de Thomas Marci dans la suite de "Plus belle la vie", diffusée sur TF1 à partir du 8 janvier 2024.
"Ce sera le rôle de ma vie. J’en ai conscience mais quel rôle ! Je suis très fier de ça", assure l’acteur de 49 ans à propos de ce héros qui a marqué l’histoire de la télévision française.
TF1info l’a rencontré à Marseille à l’issue d’une intense journée de tournage au début du mois de décembre.

Il assure avoir "tellement d’anecdotes" qu’il pourrait nous en parler "pendant trois heures". Quand on pense à Plus belle la vie, on pense forcément à lui. Laurent Kérusoré a participé à toutes les saisons du feuilleton né sur France 3, soit 18 ans passés au plus près du quotidien des téléspectateurs. Présent sur le dernier plan de la série en 2022, il a participé à la première séquence de sa suite qui débute le 8 janvier sur TF1. "C’est là que je me dis que je fais partie des murs", nous lance-t-il en riant.

Son personnage, Thomas Marci, est au cœur de Plus belle la vie, encore plus belle. Serveur dans l'établissement familial avant d'ouvrir son propre restaurant, il dirige désormais avec son frère Kilian le bar Le Mistral, nommé ainsi en hommage à leur défunt père Roland Marci, dans un nouveau quartier de Marseille, le précédent ayant été détruit par des effondrements. Rencontre sans filtre avec un comédien heureux du lien qu’il a su créer avec le public.

Ça fait un plaisir fou d’être autant soutenu
Laurent Kérusoré

Comment pourriez-vous présenter Thomas Marci à ceux qui ne le connaîtraient pas encore ?

Sa vie a évolué, mais il est toujours resté le même. C’est un naïf, un vrai gentil qui ne juge jamais personne. Il se mêle de temps en temps de ce qui ne le regarde pas, mais il reste le confident. Dans Plus belle la vie, toujours plus belle, Thomas est toujours marié avec Gabriel. Il a toujours des enfants et des petits-enfants, qu’on ne verra pas pour l’instant. C'est une petite déception pour moi, j’aimerais bien avoir un jour une intrigue avec son petit-fils parce que Thomas, c’est une louve. Il ne faut pas toucher à sa famille. J’aime la force de ce personnage qui n’a jamais eu de complexes par rapport à sa sexualité. Il est ce qu’il est. C’est peut-être d’ailleurs ce qui me rapproche de lui, alors qu’on a des caractères très différents. Je suis comme je suis et si vous n’êtes pas contents, tant pis !

Thomas a marqué la télévision en France. Son mariage avec Gabriel a été la toute première union gay dans une fiction…

Ce que je trouve fort dans son histoire, c’est qu’il ne fait pas son coming-out en arrivant en 2005. Il se contente de dire : "Papa, je suis comme ça. Un jour, je me marierai et j’aurai des enfants". Il s’est avéré qu’il avait raison. À l’époque, ce ne sont pas les jeunes concernés qui écrivaient pour nous remercier. C’étaient les parents ou les grands-parents qui m’écrivaient des lettres magnifiques, trois copies doubles parfois, pour me dire : "Grâce à vous, le dialogue est revenu dans ma maison", ou "grâce à vous, j’ai compris que je n’avais pas à juger ou à comprendre mon fils, mais que j’avais juste à l’aimer". Je pense que Plus belle la vie a rassuré les gens parce qu’on a grandi et on a vieilli avec eux, en parlant d’eux. Avoir cette chance-là pour un acteur, c’est extraordinaire.

Nedim Imre / CAPA Pictures / TF1

Vous a-t-on proposé de revenir dans Plus belle la vie, encore plus belle ou votre participation à cette suite était-elle acquise d’emblée ?

On m’a appelé très tôt donc j’ai compris que c’était bien si je revenais. On m’a laissé quelques jours de réflexion mais j’ai accepté tout de suite. J’ai toujours dit que si ça durait 40 ans, je resterais 40 ans ! C’est le tournage qui m’importe, l’histoire. On peut être diffusé sur n’importe quelle chaîne, ce n’est pas un problème. Après, je suis content que ça soit sur TF1 parce que je nous sens choyés et respectés. Ça fait un bien fou !

Dans votre nouveau bar du Mistral, deux éléments devraient marquer les fans de la première heure : le comptoir, qui est le même que dans la série d’origine, et une photo de famille sur laquelle figure Michel Cordes, l'interprète de Roland décédé l'an dernier

Je suis venu aux studios quelques semaines avant la fin de la construction du décor, pour qu’on puisse l’adapter à mon 1,93 m. J’ai passé presque 18 ans de ma vie derrière ce bar. J’ai des souvenirs extraordinaires avec Michel Cordes et Laëtitia Milot. Je me suis retenu de ne pas tomber en sanglots en réalisant qu’ils avaient gardé le zinc. Je l’ai vu tout de suite, je pense que ce sera pareil pour le public. Pour moi, c’est l’essence même de la série. Tout à l’heure encore, je le briquais. À chaque fois que je le fais, Thomas pense à Roland mais moi je pense à Michel.

Ces retrouvailles sont forcément douces-amères après la disparition récente de deux membres de la famille Plus belle la vie (Marwan Berreni a été retrouvé mort deux mois après sa disparition, nldr). Un lien supplémentaire s’est-il créé avec les fans ?

Les échanges ne se sont jamais arrêtés. J’ai été très surpris mais les gens ne nous ont pas oubliés. La vie va vite, on passe à de nouvelles têtes à la télévision et on en oublie presque celles qu’on a adorées. Mais là, le public est toujours en attente. Ça fait un plaisir fou d’être autant soutenu.

Je trouve qu’en France, on est minables avec nos vieux
Laurent Kérusoré

Comment s’est passé l’accueil des petits nouveaux ?

C’est à eux qu’il faut poser la question ! Ils ont été d’une adaptabilité extraordinaire, c’est la qualité primordiale pour le feuilleton. Ils font partie de la famille Plus belle, sans distinction. Je sens le bonheur qu’ils ont d’être avec nous. Ils sont à l’écoute, c’est beau. D’ailleurs, on n’a pas le temps de faire parler nos égos. Ça va trop vite.

Ça participe aussi au caractère intergénérationnel du programme…

Oui et puis c’est bien aussi d’avoir de la nouveauté. On a des nouveaux décors, des nouveaux personnages. Moi, ça me fait du bien. Je me suis remis en question aussi. La veille du premier jour de tournage, j’ai appelé la réalisatrice Claire de la Rochefoucauld pour lui dire que j’avais le trac. Elle m’a dit : "C’est bien Laurent, ça veut dire que t’es vivant". Dès qu’on a dit "Action", le stress s’est envolé et les réflexes sont revenus. Il y avait une fierté personnelle mais aussi une pression de bien faire.

Vous avez plus de pression maintenant que lors des 18 dernières années ?

C’est différent, je ne peux pas comparer. On a envie d’être bons, on a envie que ça marche. Je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir parce que j’ai tourné tous les jours. Je n’ai réalisé que récemment la chance que j’avais de retrouver Thomas, qui sera le rôle de ma vie. J’en ai conscience, mais quel rôle ! Je suis très fier de ça.

Beaucoup de futurs téléspectateurs n’étaient pas nés quand Plus belle la vie a démarré en 2004. Que leur diriez-vous pour les convaincre de regarder la série ?

Aujourd’hui, des gamins me disent : "Moi, je ne te connais pas mais ma mère te regardait quand j’étais dans son ventre". J’ai envie de leur dire : "Attachez-vous à nous autant qu’on sera attachés à vous". C’est vraiment une histoire de connexion, Plus belle la vie. Il n’y a jamais eu de distance avec le public. 

Plus belle la vie a mis en avant de nombreux sujets de société dont on ne parlait pas forcément à la télévision. Y en a-t-il un, qui n’a pas encore été évoqué dans la série, que vous voudriez voir développé dans cette nouvelle mouture ?

Je trouve qu’en France, on est minables avec nos vieux. Pour moi, les maisons de retraites et les Ehpad ne devraient pas exister. Pardon pour ceux qui vont mal le prendre et je comprendrai qu’ils le prennent mal. J’ai eu la chance avec Plus belle la vie de pouvoir m’occuper de ma grand-mère et de ma grande-tante, qui est morte dans mes bras chez moi. J’aimerais qu’on parle de la solitude des personnes âgées aujourd’hui et j’aimerais que ça passe par Thomas.

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Delphine DE FREITAS à Marseille

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