Interview

Auna a hypnotisé "The Voice" avec son "timbre de velours" : "Le Covid a modifié ma voix"

Publié le 2 mars 2024 à 23h00

Source : The Voice

Elle ne se serait jamais présentée aux castings si sa sœur ne l’avait pas inscrite sans lui dire.
La jeune femme de 23 ans a pourtant bluffé l’ensemble des coachs avec son "timbre de velours" selon Vianney.
Une voix à l’histoire pas comme les autres, comme elle l’a raconté à TF1info.

Auna se souviendra longtemps de son 23e anniversaire. Car dès le lendemain, la Toulousaine a reçu un présent inattendu. Une sélection dans la saison 13 de "The Voice", émission à laquelle elle n’aurait jamais pensé participer. "C’était le meilleur cadeau", nous confirme-t-elle au bout du fil. "J’avais demandé à pouvoir passer dans les premiers jours pour que ça puisse me porter chance. Je pense que c’était un très bon choix", sourit-elle. Son audition à l’aveugle, diffusée ce samedi 2 mars sur TF1 et en streaming sur TF1+, a agi comme un électrochoc et lui a fait prendre conscience qu’elle voulait vivre de sa musique. Rencontre avec une jeune femme pétillante à l’accent chantant, bien décidée à saisir l’instant.

undefinedundefinedEtienne Jeanneret / Bureau233

Votre voix a sa propre histoire, pas banale, que Mika résume ainsi : "C’est la seule belle chose qui soit sortie du Covid". Que s’est-il passé ?

Auna : J’ai eu le Covid en octobre 2022, je ne m’étais pas vraiment inquiétée de ma voix parce que je pensais que ça allait se rétablir. Petit à petit, j’ai commencé à avoir très mal à la gorge. Ça a été très compliqué. Je suis allée chez un ORL qui m’a dit que j’avais une infection des cordes vocales. Ça m’a modifié la voix et l’a rendue complètement rauque. Au final, je pense que c’est ce qui a fait la différence lors de mon audition.

Avant de passer votre audition à l’aveugle, vous dites : "Tu chantes sous ta douche et du jour au lendemain tu te retrouves sur une scène avec des gens qui croient en toi". Comment on passe de sa douche au plateau de "The Voice" ? 

Grâce à ma sœur, qui ne m’avait pas dit qu’elle m’avait inscrite. Cet été, j’étais manageur dans un restaurant à Fréjus et elle m’a prévenue que quelqu’un allait m’appeler. J’ai répondu un peu énervée en pensant que c’était une publicité. Mais finalement c’était "The Voice" donc je me suis radoucie. C’était incroyable ! Je n’ai rien compris à ce qui m’est arrivé, je crois que je ne réalise toujours pas. 

Vous aviez pensé à participer à l’émission avant que votre voix ne se transforme ?

J’avais essayé il y a très longtemps. Il faut savoir que je suis une très grosse flemmarde, il fallait envoyer des présentations en vidéo mais j’avais oublié d’envoyer la deuxième. Ça m’était passé sous le nez. Je m’étais dit qu’on me repèrerait peut-être sous ma douche (rires). Je remercie vraiment ma sœur du plus profond de mon cœur parce que sans elle, je n’en serais pas là.

On écoutait l'album "Rodéo" en boucle quand on partait en vacances. J’ai eu un flash de ma famille chantant à tue-tête dans la voiture et je me suis dit : "C’est elle !"
Auna sur sa coach Zazie

Odem, qui travaillait aussi dans la restauration, nous disait qu’il chantait tout le temps derrière son comptoir de barman. C’est pareil pour vous, ça chante pendant le service ?

Ah oui, oui ! Je faisais des karaokés sur la terrasse, les gens me redemandaient de chanter. Les vendeurs du magasin d’à côté venaient aussi au restaurant pour m’écouter. J’avais un soutien dingue quand j’étais là-bas. J’ai eu la chance d’être très bien entourée par des personnes qui m’ont dit de faire quelque chose de ma voix. "The Voice", c’était un rêve peu réalisable pour moi. Je ne pensais vraiment pas que les coachs se retourneraient. 

Pourtant ils se sont tous retournés, ce n’est pas rien…

Alors c’est très drôle parce que je n’ai compris qu’à la dernière minute que Mika s’était retourné, au moment où j’ai dû faire mon choix. Je voulais aller chez lui mais j’ai été complètement perturbée. Les mots de Bigflo et Oli m’ont beaucoup touchée. Si j’ai choisi Zazie, c’est parce que mes parents l’adorent. On écoutait son album "Rodéo" en boucle quand on partait en vacances. J’ai eu un flash de ma famille chantant à tue-tête dans la voiture et je me suis dit : "C’est elle !"

Vous n’avez pas vu votre père faire le show en coulisses. Votre goût du spectacle, il vient de lui ?

Oui, oui ! Mon père, c’est mon idole. Il chante très faux mais il chante tout le temps. Il fait tout le temps des blagues, c’est quelqu’un de solaire. On est un peu pareil, brut de décoffrage, on rigole de tout avec tout le monde. On aime la bonne humeur et la vie. 

J'ai quitté mon travail depuis "The Voice", je cherche des formations dans la musique
Auna

Les mots qui reviennent chez les coachs pour qualifier votre performance sont "élégance", "nonchalance sincère" et  "pudeur des sentiments". Cette retenue et cette réserve rappellent aussi celles de Louane. C’est pour ça que vous avez choisi sa chanson "Donne-moi ton cœur" ?

C’est la chanson que j’ai interprétée au casting mais je n’étais pas très à l’aise avec le français, justement par pudeur. Je voulais chanter du Adele mais la production m’a suggéré de reprendre ce titre de Louane. À force de le répéter, j’ai compris que c’était celui qu’il me fallait. Ça m’a fait du bien de le chanter, j’ai l’impression que ça m’a libérée de chanter dans ma langue maternelle et de pouvoir toucher les gens comme cette chanson me touchait. Je ne chantais qu’en anglais avant "The Voice".

Votre vie aussi a changé du tout au tout depuis l’émission…

J’ai quitté mon travail dans la restauration sur la Côte d’Azur et je suis retournée à Toulouse. Il était temps que je me bouge ! Je cherche des formations dans la musique, peut-être à Paris pour y faire des rencontres qui pourraient m’emmener plus loin. Je viens de sortir une chanson, "Ne m’en veux pas", qu’on a enregistrée l’an dernier avec un ami. J’espère que je pourrai sortir d’autres sons comme ça un jour, peut-être un album. On verra ce que l’avenir me réserve, je ne me prends pas trop le chou. Je me dis qu’il n’y a que des bonnes choses qui peuvent arriver.

À la fin de votre audition, Vianney n'a qu'une demande : "On veut que tu nous surprennes". Peut-on avoir un indice sur ce que vous nous réservez pour les battles ?

J’ai une chanson à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je ne la connaissais pas vraiment, ça m’a fait paniquer au début. Ce n’était pas du tout mon style et les paroles me rappelaient une histoire douloureuse que j’avais vécue. J’étais crispée au départ puis je me suis lâchée comme jamais. Cette battle m’a beaucoup aidée à lâcher prise. C’est une des premières fois où j’ai été fière de ma prestation.

Qu’est-ce qu’on peut vous souhaiter pour la suite de "The Voice" ?

Que j’aille le plus loin possible et que je puisse enfin commencer à croire en moi au niveau musical et que j’arrête de me torturer l’esprit à chercher des jobs qui ne me plaisent pas. On peut me souhaiter d’arriver à faire quelque chose dans l’art, dans la musique ou autre.


Delphine DE FREITAS

Tout
TF1 Info