Interview

Sept ans après, Odem revient tenter sa chance dans "The Voice" : "J’ai souvent été Monsieur Presque"

Publié le 22 février 2024 à 11h23

Source : The Voice

Venu de Corse, Odem n'avait pas convaincu les coachs lors de son tout premier passage dans l'émission en 2017.
"On apprend de ses erreurs et de ses défaites, on en ressort plus fort", nous assure le jeune homme de 29 ans dont la voix a gagné en puissance.
Sa prestation hypnotisante sur "Habibi" de Tamino est déjà disponible sur TF1+ avant sa diffusion à la télévision ce samedi 24 février.

Il a vécu ce que redoutent tous les participants. Ne voir aucun fauteuil se retourner. Quand il se présente à "The Voice" pour la première fois, Odem s'appelle encore Quentin. Il donne tout sur "Ne me quitte pas" de Jacques Brel pour convaincre Florent Pagny, Matt Pokora, Mika et Zazie de le sélectionner. Mais sa performance ne retient pas leur attention. Pire, il n'échangera aucun mot avec les coachs, car lors de la saison 6, les talents non retenus étaient invités à quitter la scène dès la fin de leur audition à l'aveugle.

Ce dont il ne se doute pas, c'est que sa voix résonnera encore longtemps dans l'esprit de Zazie qui la reconnaîtra presque immédiatement sept ans plus tard, en l'entendant dans la saison 13. Aujourd'hui âgé de 29 ans, Odem retente sa chance dans l'émission, déterminé à faire de la musique son métier. Rencontre avec un artiste à l'éclectisme rare qui devrait autant charmer les téléspectateurs que les coachs ce samedi 24 février sur TF1.

TF1info : Rembobinons en 2017. Que se passe-t-il dans votre tête quand vous quittez le plateau sans même pouvoir parler aux coachs ?

Odem : Un tas d’émotions s’accumulent. Je suis partagé entre défaite, énervement et grosse tristesse. J’étais un gamin plein de fougue qui voulait absolument et qui n’a pas eu. Ne pas voir les artistes pour qui on est venu, c’est assez compliqué. On était prévenus mais peu importe qu’on nous l’ait rabâché, c’est très dur de ne pas avoir d’explications.

Vous avez pensé à abandonner la musique après ça ?

C’est vrai que sur le moment, on se dit que ce n’est pas fait pour nous. Mais je chante comme je respire, donc c’est vite revenu.

En sept ans, Quentin est devenu Odem. Il s’est passé quoi ces dernières années pour vous ?

Beaucoup de choses ! J’ai eu un restaurant, je l’ai vendu. J’ai rencontré des artistes incroyables avec qui j’ai fait mes premiers titres. Je ne les remercierai jamais assez. J’ai découvert ce qu’était la création, j’ai appris à me dévoiler devant les gens. J’ai intégré une école, j’ai bossé ma voix pendant plus d’un an tous les jours. En 2020, j’ai choisi de ne vivre que de ça et j’ai pris comme nom d’artiste Odem, un diminutif de mon nom de famille.

Le confinement a été un déclic ?

Oui. Bien sûr, j’ai continué à travailler parce qu’on a toujours besoin de travailler à côté. Mais la musique fait tellement partie de ma vie depuis toujours que je ne me vois pas faire autre chose. Quand je chante, j’oublie tout.

Bruno Berbérès, le directeur de casting de "The Voice", est l’un des fondateurs du Dalida Institute où vous avez étudié l’an dernier. C’est lui qui vous a poussé à tenter à nouveau votre chance dans l’émission ? 

Pas forcément. Il sait que je n’aime pas la défaite et que l’expérience "The Voice" a été assez difficile pour moi. Il m’a dit : "Si tu n’as pas envie, ne le fais pas". La production m’a contacté pour voir où j’en étais. J’ai passé le casting avec "Habibi" de Tamino et je me suis complètement libéré. Cette chanson traduisait tout ce que j’avais à sortir au fond de moi.

Djebril et Marie-Maud sont de vrais potes, je les adore et je suis fier de leur parcours. Je ne me voyais pas faire la "Star Academy"
Odem

Vous avez songé à revenir plus tôt dans "The Voice" ?

Honnêtement, non (rires) ! Je faisais des concerts et de l’animation à Marseille. Quand j’étais barman, je chantais tout le temps derrière le comptoir. Les clients me demandaient pourquoi je ne participais pas à "The Voice". Fier comme un lion, j’avais dit que je ne referais jamais l’émission. Puis l’occasion s’est présentée, j’étais un peu perplexe au début mais pourquoi refuser une opportunité ? J’y suis allé et je crois que j’ai bien fait.

Ce ne serait pas un mal pour un bien au final de ne pas avoir été sélectionné il y a sept ans ?

C’est bien possible oui, c’est même sûr et certain !

"Ne me quitte pas" de Jacques Brel et "Habibi" de Tamino sont toutes les deux des chansons d’amour dans deux registres différents. Ce choix fait-il écho aussi à votre évolution musicale ?

Complètement. Je me suis tourné vers d’autres styles, j’ai écouté plusieurs artistes qui m’ont fait découvrir ma voix et m’ont fait changer ma manière de m’exprimer. Je citerais Tamino, Imagine Dragons, Labyrinth mais aussi tous ces artistes francophones que j’écoute depuis petit comme Johnny Hallyday, Florent Pagny et Jacques Brel, même si j’ai raté une audition grâce ou à cause de lui je ne sais pas (rires) ! Il reste le plus grand de tous les temps pour moi.

Etienne Jeanneret / Bureau233

Vous étiez dans la même promotion du Dalida Institute que Djebril et Marie-Maud, qui ont intégré la "Star Academy". Vous aviez passé le casting pour entrer au Château ?

Ce sont de vrais potes, je les adore et je suis fier de leur parcours. Je ne me voyais pas faire cette émission. Pour la petite histoire, j’avais passé les castings pour la saison diffusée sur NRJ12. Je crois qu’ils en prenaient 14 à l’époque, j’étais le 15e. J’avais 18 ans et je n’ai pas été pris.

Encore un mal pour un bien !

Oui ! J’ai été Monsieur Presque beaucoup de fois dans ma vie et finalement, ce n’est pas plus mal. On apprend de ses erreurs et de ses défaites, on en ressort plus fort.

Aux battles, on vous verra avec votre grigri autour de l'avant-bras ?

Oui, mon foulard ne me lâche jamais quand j’ai un micro à la main depuis que Quentin est devenu Odem. J’en ai une petite panoplie, certains appartiennent à ma mère. Celui que j’avais à mon audition à l’aveugle était à mon grand-père. Ça me galvanise, ça me fait penser que les personnes que j’aime sont toujours avec moi sur scène.

On peut vous souhaiter quoi pour la suite de "The Voice" ?

La meilleure des choses : tout donner sans sortir du rail, puis surtout que je prenne du plaisir et que je ressente ce que j’ai ressenti lors de l’audition à l’aveugle.

>> "The Voice 2024" - toutes les vidéos sont disponibles sur TF1+


Delphine DE FREITAS

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