Qui est Bonnie Aarons, la star de "La Nonne" qui revient hanter le box-office ?

Publié le 12 septembre 2023 à 19h09, mis à jour le 12 septembre 2023 à 20h09

Source : TF1 Info

Dans "La Nonne : La Malédiction de Saint-Lucie", Bonnie Aarons reprend le rôle qui a fait d'elle une star du cinéma d'horreur.
À ses débuts, la comédienne a souffert des critiques des directeurs de casting, réticents à l'engager en raison de son visage "différent".
Après des années de vaches maigres, elle tient enfin sa revanche et compte bien capitaliser sur sa notoriété tardive.

Son regard inquiétant dévisage les spectateurs sur les affiches de La Nonne : La Malédiction de Saint-Lucie placardées dans toute la France. Pourtant le vrai visage de Bonnie Aarons, 65 ans, reste encore méconnu du grand public. Avant d’incarner la religieuse possédée par l’esprit du démon dans ce spin-off de la saga The Conjuring, cette comédienne originaire du Maryland a longtemps galéré pour se faire une place au soleil.

La raison principale ? Un nez "à la Rossy de Palma" qui n’entre pas dans les canons de beauté des directeurs du casting à la fin des années 1980. "On m’a souvent dit que personne ne voulait voir quelqu’un comme moi à la télévision", racontait-elle en 2018 dans un reportage que The Hollywood Reporter consacrait aux nouveaux "monstres" du cinéma fantastique.

Bonnie Aarons, 65 ans, a longtemps galéré avant d'interpréter le rôle de la Nonne dans les films de la saga "The Conjuring".
Bonnie Aarons, 65 ans, a longtemps galéré avant d'interpréter le rôle de la Nonne dans les films de la saga "The Conjuring". - AFP

De court-métrages en films publicitaires, Bonnie Aarons fait malgré tout son chemin et accède enfin au grand écran en incarnant une prostituée dans Exit to Eden (1994), une comédie de Garry Marshall, le réalisateur de Pretty Woman. Une poignée de petits rôles plus tard, c’est grâce à David Lynch qu’elle va entrer dans la légende du cinéma.

Dans une scène culte du mythique Mulholland Drive (2001), le personnage de Dan, joué par Patrick Fischler, raconte à un collègue qu’il rêve d’une créature terrifiante, cachée à l’arrière du diner où ils déjeunent. Après le repas, les deux hommes se rendent sur les lieux et tombent nez à nez avec un SDF crasseux joué par la future star de La Nonne !

Aussi brève que terrifiante, cette séquence ne change pas pour autant le statut de la comédienne qu’on aperçoit, toujours brièvement, dans des films à succès comme Jusqu’en enfer de Sam Raimi ou encore The Fighter et Happiness Therapy de David O’Russell. C’est grâce à un improbable concours de circonstances qu’elle va enfin percer pour de bon.

Alors qu’il s’apprête à entamer le montage de The Conjuring 2, la suite du succès qui met en scène les époux Warren, un couple de spécialistes des phénomènes paranormaux, le réalisateur James Wan décide de réécrire le démon du film pour le changer en nonne dans les ultimes secondes.

Bonnie Aarons est alors engagée pour un tournage additionnel qui va tout changer à sa carrière. "Si vous voulez vraiment quelque chose, vous devez persévérer", expliquait la comédienne au Hollywood Reporter, même s'il a fallu encaisser bien des déceptions en chemin. "Ça ne m'a jamais freiné. Et des années plus tard, James Wan m'a trouvé assez belle pour ce rôle."

Aussitôt plébiscité par les fans, le personnage revient dans Annabelle 2 puis a droit à son propre film, La Nonne, un préquel qui raconte ses origines. Engagé pour le diriger, le jeune réalisateur Colin Hardy n'envisage personne d'autre dans le costume du personnage. "Bonnie a un look incroyablement saisissant", raconte-il à l’époque au Hollywood Reporter

"Elle a un visage merveilleux et unique, subtilement asymétrique que vous ne pouvez pas cerner en un seul coup d’œil. Avant que vous ne vous en rendiez compte, vous êtes hypnotisé et il n’y a plus moyen d’y échapper. Et en même temps il y a aussi une star de cinéma hollywoodienne classique, plus douce, qui se cache derrière ces yeux pâles et séduisants."

Tourné pour un budget modeste de 22 millions de dollars, La Nonne récolte 365 millions dans le monde. Plus rentable, tu meurs. Sans surprise, une suite est vite commandée. Sortie le week-end dernier aux États-Unis, elle s'est installée au sommet du box-office, avec 32,6 millions de dollars de recettes.

C'est un nouveau triomphe pour Bonnie Aarons qui après des années de vaches maigres, n’a clairement pas oublié d’où elle venait. Alors qu’on a pu l’apercevoir sur les récents piquets de grève, la comédienne a déposé plainte cet été contre la Warner pour réclamer sa part de l’incroyable merchandising généré par la saga.

Poupées, costumes, t-shirts, bijoux, couvertures ou encore chaussettes… Ses avocats affirment que les dirigeants de la major lui avaient promis sa part du gâteau mais qu’ils n’ont pas tenu promesse. Qu’ils n’essaient pas de la remplacer à l'aide de l'intelligence artificielle dans un troisième volet. Elle risquerait de revenir les hanter pour l’éternité.

>> La Nonne : La Malédiction de Sainte Lucie de Michael Chaves. Avec Bonnie Aarons, Taissa Farmiga, Jonas Bloquet. En salles ce mercredi 13 septembre.


Jérôme VERMELIN

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