Qui est Jessica Knoll, la vraie "American Girl" derrière le thriller de Netflix avec Mila Kunis ?

par Delphine DE FREITAS
Publié le 12 octobre 2022 à 12h43
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

L’autrice américaine de 38 ans signe le scénario de l’adaptation de son propre roman.
Elle a attendu près d’un an avant de révéler que le traumatisme de son héroïne Ani était largement inspiré du sien.
Attention, cet article dévoile des éléments aussi choquants qu’essentiels de l’intrigue du film "American Girl".

C’est l’histoire d’une colère longtemps restée enfouie que le spectateur comprend peu à peu. De l’agacement à l’empathie. American Girl a séduit les abonnés de Netflix qui ont placé le film en tête des plus vus depuis sa sortie il y a une semaine. Journaliste, sur le point d’épouser un très bon parti, la New Yorkaise Ani FaNelli se retrouve confrontée aux démons de son passé. 

Adaptation du best-seller de Jessica Knoll, le thriller porté par Mila Kunis commence par évoquer le fléau des tueries dans les écoles américaines pour révéler un drame intime qui constitue le cœur de l’intrigue. À savoir le viol collectif dont la jeune femme a été victime à l’adolescence, attaquée par les camarades de classe de son lycée huppé. 

Touchée par les messages des lectrices

American Girl n’en cache rien, montrant les viols successifs à l’écran comme le livre les racontait. À la sortie du roman en 2015, l’autrice Jessica Knoll reçoit de nombreux messages de lectrices touchées par la précision de son écriture pour son premier ouvrage. C’est lors d’une rencontre avec l’une d’elles qu’elle parvient enfin à répondre à la question que beaucoup lui posaient. Dans un essai publié un an après dans la newsletter de l’actrice Lena Dunham, elle révèle qu'elle n'a pas eu à interroger une victime de viol car "il lui est arrivé quelque chose de similaire à Ani". Elle aussi a été violée à l’âge de 15 ans par trois garçons de son école lors d’une soirée arrosée en 1999. Sans que personne ne prenne son témoignage au sérieux.

Ani (Mila Kunis) et Luke (Finn Wittock) forment-ils un couple si parfait dans "American Girl" ?
Ani (Mila Kunis) et Luke (Finn Wittock) forment-ils un couple si parfait dans "American Girl" ? - Netflix

Dans ce long texte, elle détaille les parallèles entre sa vie et celle de son héroïne. Jessica Knoll "est devenue obsédée par l’idée de se réinventer". "Non pas parce que je voulais que personne de mon passé ne me retrouve, mais tout l’inverse. J’étais persuadée que si j’avais la bonne garde-robe, un job glamour et une bague au doigt avant mes 28 ans, je pourrais dépasser ma réputation ; que si tous ceux de mon passé pouvaient me voir si accomplie à New York, ma voix mériterait enfin d’être entendue", écrit-elle.

Je n’ai plus besoin de vengeance parce qu’il n’y a plus rien à venger. J’ai repris possession de ce qui était à moi

Jessica Knoll

Elle aussi a été l’élève boursière parmi l’élite. Elle aussi été journaliste dans un magazine féminin à New York tout en préparant son très chic mariage. "Comme Ani, j’ai parfois l’impression d’être une poupée mécanique. Tournez ma clé et je vous dirai ce que vous voulez entendre, je sourirai à la demande", poursuit-elle. Une métaphore qui deviendra l’un des passages marquants du roman et du film. Jessica Knoll se lance dans l’écriture du livre, titré Luckiest Girl Alive en anglais – la fille la plus chanceuse au monde – en 2013. Elle a alors 28 ans et la fiction est le seul moyen d’expression avec lequel elle se sent à l’aise.

"J’avais peur de blesser ma famille, j’avais encore plus peur que les gens lisent le chapitre dans lequel Ani, 15 ans, se rend à une soirée de lycée et apparaît nue à partir de la taille, désorientée et en sang, utilisant le mot que tout le monde a utilisé à l’époque : Salope", se souvient-elle dans un essai inédit publié par Vogue ce mois-ci. Jessica Knoll décrit son livre comme un acte de "vengeance" motivé par sa "colère". C’était avant #MeToo, avant que la parole ne commence à se libérer pour les victimes de viol et d’agression sexuelle.

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Le film American Girl, dont elle signe elle-même le scénario après six ans de travail, lui a permis de faire la paix avec elle-même. De réconcilier sa personne publique et celle qu’elle est réellement. "Je n’ai plus besoin de vengeance parce qu’il n’y a plus rien à venger. J’ai repris possession de ce qui était à moi. C’est mieux et je me sens mieux", insiste celle dont les deux romans ont été traduits dans plus de 40 langues. À l’aube de la quarantaine, Jessica Knoll est désormais installée à Los Angeles avec son mari et leur bulldog Beatrice. Le détail qui n’en est plus un ? Elle a retrouvé le sourire qu’elle affiche sur les réseaux sociaux. Sans plus aucune arrière-pensée négative.


Delphine DE FREITAS

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