REPORTAGE - Dessins animés : comment Angoulême devient le cœur d'une "Cartoon Valley" française

par M.G | Reportage : Y. Chambon, N. Forestier, R. Cassan
Publié le 18 février 2024 à 17h56

Source : JT 13h WE

Connue pour être la capitale de la bande dessinée, Angoulême est aussi celle de l'animation.
La ville de Charente est devenue l'un des principaux pôles français en la matière.
TF1 vous invite à découvrir une région en passe de devenir la "cartoon valley" française.

L'industrie du papier qui a fait la prospérité et la renommée d'Angoulême au temps de la révolution industrielle a laissé place à l'animation et aux bandes dessinées. En l'espace de quelques années, après le virage pris au début de ce siècle, la ville charentaise de 40.000 habitants s'est imposée comme la capitale mondiale de la bande dessinée et l'un des plus grands pôles français du film d'animation, le deuxième derrière Paris. 

Désormais, Angoulême compte une trentaine de studios, lesquels travaillent souvent en collaboration avec des géants du cinéma, qui emploient plus de 1500 personnes. "On a travaillé avec les Américains, avec Marvel, dernièrement avec Netflix", confirme au micro de TF1 Didier Henry, directeur du studio Blue Spirit. Il montre à notre équipe les mesures de contrôle particulièrement strictes imposées par ses commanditaires américains, pour "garder en sécurité les images que l'on fabrique"

"Il y a vraiment des gens dans toute la France et l'Europe qui finissent par venir à Angoulême. Ils sont attirés par la qualité des projets sur lesquels le studio travaille", ajoute-t-il. "Grizzy et les Lemmings", le dessin animé français le plus vu au monde actuellement, "Les Schtroumpfs", "Les mystérieuses cités d'or", "Barbapapa" ou encore "Titeuf" ont tous été produits du côté de la Nouvelle-Aquitaine, qui se veut désormais la "cartoon valley" française. 

Le travail sur l'un des personnages du dessin animé Mille Bornes.
Le travail sur l'un des personnages du dessin animé Mille Bornes. - TF1

En ce moment, c'est sur "Mille bornes" que travaillent les équipes qui ont accepté la présence des caméras de TF1. Tout est réalisé sur ordinateur, mais comme un film classique, chaque détail compte. "Je me mets à la place du personnage et j'imagine que je vis ce qu'il vit. Pour fabriquer l'expression faciale, le mieux c'est d'utiliser un miroir, de se regarder, pour voir ce qui bouge quand on fait un sourire, comment les muscles bougent. (Le but) est d'essayer de reproduire ce côté organique sur l'ordinateur", explique Agnès Chevreau, directrice d'animation au studio Blue Spirit. En tout, une cinquantaine de personnes travaillent sur ce projet depuis un an et demi. 

Des écoles parmi les prestigieuses du continent

En parallèle, la commune compte plusieurs des meilleures écoles d'Europe. Elles sont très prisées. "Je viens du Canada. Ici, il y a beaucoup de studios, dont certains des studios d'animation les plus importants de France", indique Peace Karo-Ejovi, étudiante à l'École des Métiers du Cinéma d'Animation (EMCA). Les anciennes usines de papier ont été réhabilitées pour créer un véritable quartier du dessin animé. "On est dans le quartier de l'image. On a rénové un peu près 50.000 mètres carrés sur l'ensemble du territoire d'Angoulême", détaille Frédéric Cros, directeur général des services au pôle image "Magelis". 

La municipalité ne compte s'arrêter là. Une nouvelle école dotée d'un campus de 4000 m² va bientôt sortir de terre. En tout, 29 millions d'euros vont être investis dans les cinq prochains années. "On va continuer à se développer. On espère, dans les années prochaines, lancer un nouveau plan d'investissement pour continuer d'accueillir de nouvelles écoles et de nouvelles entreprises", confirme le dirigeant. L'objectif à terme est de devancer Paris pour devenir la capitale continentale du dessin animé. 


M.G | Reportage : Y. Chambon, N. Forestier, R. Cassan

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