La Cour suprême révoque le droit à l'avortement, ouvrant la voie à son interdiction

Pour Meghan Markle, les hommes aussi "doivent se faire entendre" sur l’avortement

Delphine DE FREITAS
Publié le 29 juin 2022 à 12h47
JT Perso

Source : JT 20h WE

Dans une interview commune à Vogue avec l’icône féministe Gloria Steinem, la duchesse de Sussex réagit à la révocation du droit à l’IVG par la Cour suprême américaine.
Elle appelle l’ensemble de la population à se mobiliser car si cette décision "cible les femmes, ses conséquences ont un effet sur nous tous".

L’ordinateur sur les genoux, elle regarde son téléphone en portant sa main gauche au visage. La photo en noir et blanc, prise par un membre de l’équipe de sa fondation Archewell, a été envoyée à Vogue pour illustrer une discussion à trois voix sur la question qui divise plus que jamais les États-Unis. Celle du droit des femmes à disposer de leurs corps.

Deux jours après la révocation du droit à l’IVG par la Cour suprême américaine, Meghan Markle a longuement échangé avec l’icône féministe Gloria Steinem pour le magazine de mode.

Qu’est-ce que ça dit aux femmes ? Ça nous dit que notre intégrité physique ne compte pas et que nous ne comptons donc pas. Mais c’est faux.

Meghan

Réunies au téléphone par la journaliste Jessica Yellin, les deux femmes avaient uni leurs forces il y a deux ans pour inciter les Américains à voter pour la présidentielle. "La répercussion des élections est si importante, c’est ce que nous voyons maintenant malheureusement", constate Meghan. Lors de son mandat à la Maison-Blanche, Donald Trump a nommé trois juges ultra-conservateurs à la Cour suprême, permettant à la haute juridiction d'annuler vendredi 24 juin l'arrêt "Roe v. Wade". Depuis près de 50 ans, il garantissait le droit des Américaines à interrompre leur grossesse. Chaque État est désormais libre d'interdire les avortements.

"Qu’est-ce que ça dit aux femmes ? Ça nous dit que notre intégrité physique ne compte pas et que nous ne comptons donc pas. Mais c’est faux. Les femmes comptent. C’est l’une des raisons pour lesquelles j’ai appelé Gloria immédiatement. Parce que dans tout ça, elle m’a rappelé que quand tu es en colère, tu dois transformer cette énergie en quelque chose qui va faire la différence. C’est ça, le militantisme. C’est la manière dont nous agissons", détaille la duchesse de Sussex. 

Elle raconte qu’elle et son mari Harry, "un féministe lui aussi", ont eu une réaction "gutturale" à l’annonce de la Cour suprême. Et déplore le fait que les choix de la haute juridiction risquent d’affecter davantage les femmes de couleur, en particulier les femmes noires. Meghan évoque son propre parcours de mère, soulignant "à quoi point elle a été chanceuse d’avoir ses deux enfants". "Je sais ce que c’est d’avoir une connexion avec ce qui grandit dans votre corps. Ce qui se passe dans nos corps est si personnel, ce qui peut aussi amener au silence et à la stigmatisation, même si tant d'entre nous souffrent de problèmes de santé personnels", poursuit-elle, glissant qu’elle "sait ce que provoque une fausse couche". Elle avait raconté la perte de son enfant à l’été 2020 dans une tribune pour le New York Times

Il n'y a jamais d'avortement sans sperme

Jessica Yellin, journaliste

"Plus nous normaliserons les conversations à propos de ce qui affecte nos vies et nos corps, plus les gens comprendront à quel point il est important d’être protégés", insiste-t-elle. Alors que l’intervieweuse rappelle qu’il "n’y a jamais d’avortement sans sperme", Meghan martèle que "les hommes doivent se faire entendre dans ce moment et au-delà". "Parce que ces décisions affectent les relations, les familles et les communautés. Elles peuvent cibler les femmes mais ses conséquences ont un effet sur nous tous. Nous en avons beaucoup parlé avec mon mari ces derniers jours", dit-elle.

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Car selon elle, la question de l’avortement va au-delà de l’intégrité physique des femmes. "Il s‘agit aussi de justice économique, d’autonomie individuelle et de ce que nous sommes comme société", ajoute-t-elle, craignant que ce revirement ne soit qu’une partie d’un plan pour "renverser les droits". "C’est un signal sur le futur du mariage homosexuel, de l’accès à la contraception et d’autres droits fondamentaux à la vie privée. On dirait la partie visible de l’iceberg et c’est en partie pour ça que les gens ont peur", estime Meghan. La ligne d’action de cette éternelle optimiste ? Le vote, encore et toujours. "Je sais que ça a l’air répétitif mais nous devons le faire à chaque fois", affirme-t-elle, donnant rendez-vous aux urnes en novembre pour les élections locales de mi-mandat.


Delphine DE FREITAS

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