Dans un livre bilan de son passage au ministère de la Culture, Roselyne Bachelot accuse plusieurs artistes d'avoir été ingrats à son égard pendant la crise Covid.
Dans son viseur, le cinéma français, mais aussi des chanteurs comme Clara Luciani et Benjamin Biolay.
Ce dernier a riposté dans une story Instagram acerbe.

Comme un goût de revanche : alors que le secteur culturel reprend progressivement son souffle après des années Covid qui l'ont asphyxié, Roselyne Bachelot revient sur l'épreuve de la crise sanitaire et veut désormais régler ses comptes. Des chanteurs vedettes au cinéma français, l'ancienne ministre de la Culture livre des saillies sur un large pan du milieu qu'elle accuse d'un manque de reconnaissance à son égard, dans un livre bilan de son passage Rue de Valois, 682 jours.

"Sa tartine était bien beurrée"

Au fil de cet ouvrage paru chez Plon, la prédécesseure de Rima Abdul-Malak évoque sur les aides massives accordées au secteur culturel pendant la crise Covid-19 et sur les politiques qu'elle a pu mener de juillet 2020 à mai 2022. Et égratigne "le bal des hypocrites" : elle en veut particulièrement à certains artistes, "les plus friqués", estimant qu'ils ont fait preuve d'ingratitude en critiquant l'action de l'État, alors que le secteur, à l'arrêt, était alors maintenu sous perfusion financière, fait-elle valoir.

Elle fustige notamment l'"aigreur" et la "rancune" de la chanteuse Clara Luciani, qui avait ironisé sur les prétendues "vacances" de Roselyne Bachelot en août 2020, ou les "propos désobligeants" du chanteur-compositeur Benjamin Biolay, alors qu'il ne fait pas partie des "plus à plaindre du système". "Vous m'avez mis au pain sec !", lui a-t-il lancé publiquement. "Sa tartine en tout cas était bien beurrée et des deux côtés", réplique aujourd'hui l'ex-ministre, désormais éditorialiste sur BFMTV et membre de l'émission "Les Grosses Têtes" sur RTL.

"Je me suis tellement bagarrée, je me suis tellement mobilisée pendant des jours et des heures, des nuits...", s'est-elle défendue jeudi sur BFMTV, disant trouver "étrange qu'on ait le droit d'insulter des ministres et qu'ils n'aient pas le droit de dire 'j'ai été blessé'".  Sur RTL, l'ancienne ministre a encore davantage enfoncé le clou ce vendredi contre Benjamin Biolay, entre autres. "L’hypocrisie de me remercier dans les coulisses, et de m’attaquer sur la scène, j'ai trouvé que c'était difficile", a-t-elle insisté. 

"À la recherche de ta dignité", répond Benjamin Biolay

Un décalage particulièrement marqué selon elle pendant des cérémonies, comme celle des Victoires de la musique 2021, au cours de laquelle le chanteur-compositeur lui avait réservé un pique. Recevant un prix sur scène, il avait fustigé "un silence que j'ai trouvé assez étourdissant, celui des pouvoirs publics et ceux qui sont censés être nos ministres de tutelle par exemple"

"Tout au long de cette crise, je suis restée scotchée par le double langage de ce milieu. Quand on passait saluer les artistes dans leur loge, les témoignages de gratitude étaient constants. En revanche, à la télévision et à la radio, la hargne et la victimisation se déployaient", écrit-elle dans son livre. Le chanteur-compositeur, lui, a répondu dans une story publiée sur son compte Instagram, sur laquelle figure la couverture d'un album des Aventures de Tintin, dont le titre a été détourné : "À la recherche de ta dignité", ironise-t-il, en identifiant le compte de l'ex-ministre. 

Dans son livre, Roselyne Bachelot s'en est également prise à la cérémonie des Césars 2021 où à ses yeux, un humour déplacé, l'entre-soi et les récriminations des artistes ont créé le malaise. "On pourrait attendre du monde du cinéma, gavé d'argent public, à défaut de reconnaissance – ne demandons pas l'impossible !  – du moins un salut bref et courtois au représentant de l'État lors de cette manifestation", cingle-t-elle. 

Les attaques les plus tranchantes de son ouvrage sont d'ailleurs adressées au cinéma français, accusé de se reposer sur "une économie assistée" et de faire preuve d'un "mépris affiché pour les films 'grand public' et rentables".


M.L (avec AFP)

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