La comédienne Ana Obregón a annoncé la naissance de sa fille, née par gestation pour autrui aux États-Unis.
Une nouvelle qui a suscité la polémique en Espagne, où la pratique est interdite.
L'actrice, qui a perdu son fils aîné d'un cancer il y a 2 ans, n'a pas fait de commentaire.

C'est une naissance qui fait scandale. La comédienne espagnole Ana Obregón a annoncé ce jeudi 30 mars qu'elle était devenue maman d'une petite fille née par gestation pour autrui (GPA). Une heureuse nouvelle pour la star ibérique, qui avait souffert de la perte de son premier fils, Alex Lequio, mort en 2020 à l’âge de 27 ans des suites d'un cancer.

Seul souci : la GPA étant interdite en Espagne, l'annonce de cette nouvelle maternité a déclenché la colère de l’opinion publique mais aussi de la classe politique. Le gouvernement de gauche espagnol, qui revendique pourtant son féminisme, a vertement critiqué cette méthode. "C'est une pratique qui n'est pas légale en Espagne, qui est reconnue légalement comme une forme de violence contre les femmes", a déclaré à la presse, dans les couloirs du Parlement, la ministre de l'Égalité, Irene Montero, membre de la formation de gauche radicale Podemos, comme le rapporte l'AFP.

"N'oublions pas la réalité de ces femmes précaires (qui portent un bébé pour quelqu'un d'autre), en situation de risque de pauvreté", a-t-elle ajouté. Ces critiques sont intervenues après la publication mercredi, en Une, de la revue people Hola ! d'une photo de la vedette de télévision sortant d'un hôpital de Miami (États-Unis) avec sa petite fille dans les bras.

Ana Obregón a confirmé ensuite l'information sur son compte Instagram. "Une lumière pleine d'amour est arrivée dans mon obscurité. Je ne serai plus jamais seule. J'ai recommencé à vivre", a écrit l'artiste qui fait scandale.

L'image me semble dantesque. Cela s'appelle un ventre à louer, pas de la gestation pour autrui
Pilar Alegría

"L'image me semble dantesque", a dénoncé la ministre de l'Éducation et porte-parole du Parti socialiste du Premier ministre Pedro Sanchez, Pilar Alegría. "Cela s'appelle un ventre à louer, pas de la gestation pour autrui", a-t-elle ajouté. La droite s'est en revanche montrée ouverte au débat. Le sujet doit être abordé via "des débats profonds et sereins car cela touche à de nombreuses questions morales, éthiques, religieuses", a dit Cuca Gamarra, numéro deux du Parti populaire (PP), formation pour qui toute rémunération en échange d'une GPA est en revanche une ligne rouge.

La gestation pour autrui, qu'elle soit rémunérée ou non, est illégale en Espagne. La législation du pays autorise en revanche l'inscription des enfants nés dans le cadre d'une GPA à l'étranger auprès de l'état civil espagnol, à condition de présenter "une résolution judiciaire dictée par un tribunal compétent" dans le pays en question et établissant la filiation.

La GPA figure dans une loi adoptée en février par le Parlement espagnol parmi les "manifestations de la violence à l'égard des femmes". Cette loi a interdit par ailleurs toute publicité pour la GPA de la part "d'agences d'intermédiation". De son côté, Ana Obregón n'a pas réagi à toutes ces polémiques.


Rania HOBALLAH

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