"Scream" : un retour sous forme de lettre d’amour sanglante à la saga de Wes Craven

Delphine DE FREITAS
Publié le 12 janvier 2022 à 8h00, mis à jour le 12 janvier 2022 à 10h01
JT Perso

Source : Sujet Digital LCI

L'essentiel

ON AIME - Dix ans après leur dernier affrontement, Sidney Prescott et Ghostface se retrouvent pour le meilleur et pour le pire dans un cinquième film qui semble avoir emprunté une machine à remonter le temps. Saignant, drôle et diablement efficace.

Sa voix trafiquée hante les esprits depuis 25 ans. Alors forcément, les poils se hérissent en l’entendant d’emblée nous demander de ne pas spoiler Scream. Ghostface veut rappeler que c’est lui qui mène la danse, avant même que ne s’ouvre le film. Sur un téléphone qui sonne, évidemment. 

Annoncé en mai 2020, ce cinquième volet de la saga horrifique avait de quoi faire frissonner. Parce qu’il succède à une série inspirée par la franchise plutôt inégale. Et parce qu’il est le premier à voir le jour sans Wes Craven, réalisateur des quatre films précédents décédé en 2015.

La nostalgie tourne à plein régime

Mais l’ombre du cinéaste plane dans chaque plan de ce Scream, qui ne s’encombre pas d’un chiffre dans son titre. Comme pour marquer davantage son retour aux sources. 25 ans après les premiers meurtres de Scream, 10 ans après les derniers de Scream 4, un énième tueur avec le masque de Ghostface débarque à Woodsboro pour s’en prendre à une autre génération. 

Pendant près de deux heures, tout n’est que clins d’œil – plus ou moins habiles - aux fondations de la franchise. "J’ai déjà vu ce film", finit par lancer une Sidney Prescott toujours aussi badass, contrainte de revenir pour la cinquième fois tenter de vaincre ses vieux démons. 

La nostalgie tourne à plein régime, quitte à totalement perdre les néophytes. Et à faire sourire jusqu’aux oreilles les plus âgés. En témoigne la séquence d’ouverture qui rappelle la jeune Drew Barrymore esseulée dans sa cuisine, obligée de répondre à un quiz sur le cinéma d’horreur pour espérer sauver la vie d’un de ses proches dans Scream (1996). 

Les nouveaux héros sont liés aux anciens. Par le sang qui coule dans leurs veines ou celui qui s’échappe de leurs blessures. Et difficile, avec les mains ensanglantées, de composer le numéro des secours sur l'écran tactile de son smartphone.

Interdit aux moins de 16 ans

Le terrible Billy Loomis, qui rêvait de "passer à la version interdite aux moins de 16 ans" au lit avec Sidney dans le premier film (lui aussi interdit aux moins de 16 ans, ndlr), aura vu ses vœux exaucés. Plus violent que les trois précédents qui étaient eux interdits aux moins de 12 ans, ce Scream version 2022 est aussi plus émouvant. On tremble, on rit, on pleure également.

Le film se la joue plus méta que jamais, multipliant les références au genre du slasher et se moquant même de sa propre existence. Proposer un nouveau Scream était-il nécessaire ? Pas forcément. Mais les réalisateurs Matt Bettinelli-Olpin et Tyler Gillett l’ont fait sacrément bien.

Eux qui voulaient "honorer Wes Craven" avec leur propre version de Scream signent une lettre d’amour révoltée à son univers. Même Kevin Williamson, créateur des personnages originels et producteur exécutif de ce 5e film, a droit à un savoureux clin d’œil à l’écran. 

Si la jeune garde se défend très bien - Jenna Ortega (You) et Jack Quaid (The Boys) en tête - aux côtés d’un David Arquette un peu rouillé (attachant shérif Dewey Riley), on regrette de ne pas passer plus de temps avec Neve Campbell (l’héroïne avec un grand H Sidney Prescott) et Courteney Cox (la journaliste avide de scoops Gale Weathers). Car ce sont bien elles, les vraies scream queens de la franchise.

>> Scream - au cinéma le 12 janvier, interdit aux moins de 16 ans