Sept à huit

Xavier Dolan fait du cinéma pour "venger sa mère"

Valérie Aknin
Publié le 18 septembre 2016 à 22h09, mis à jour le 25 septembre 2016 à 22h38
Xavier Dolan fait du cinéma pour "venger sa mère"

Source : TF1

SEPT A HUIT. Enfant chéri du cinéma, Xavier Dolan s'est confié dans un entretien à Thierry Demaizière. Il affirme "ne pas avoir pris de congés ces huit dernières années" et explique faire du cinéma pour "venger sa mère". Voici les phrases fortes de cet entretien avec un homme d'une rare sensibilité.

A l'occasion de la sortie de son film "Juste la fin du monde", en salles le 21 septembre, Xavier Dolan s'est confié à Thierry Demaizière dans l'émission Sept à Huit, dimanche sur TF1. Le réalisateur canadien parle de son métier, cette passion qui représente "toute sa vie" et parle aussi de l'amour ou de la famille. 

Je pense que tout est possible à qui rêve, ose, travaille et n’abandonne jamais

Xavier Dolan

Médiatiquement, Dolan s'est révélé au grand public à Cannes en 2014 - lorsqu'il a reçu le prix du Jury pour "Mommy". A cette occasion, il est aussi devenu une icône de la jeunesse  : "Sur les réseaux sociaux on m’écrit, les jeunes me parlent de l’écho de ces paroles dans leur vie de chaque jour". 

Mon parcours est jalonné d’insuccès, de frustrations, de déceptions et de mépris d’adultes

Xavier Dolan

Le jeune homme revient sur son parcours dans l’industrie du cinéma. Il explique avoir commencé à 4 ans, en tant qu’acteur, puis avoir tourné six films, entre 19 et 25 ans. Peu d’adultes croyaient en lui et pensaient que sa place était à l’école. Mais c’est "cette énergie du désespoir qui a fini par payer". 

Ce n’est pas par désir d’en faire trop, d’être précoce, ou provocateur. Ce sont juste des idées qui me viennent et il faut que je les exprime

Xavier Dolan

Sans travail, Xavier Dolan avoue tourner en rond. "J’imagine que je pourrais mourir à l’idée de ne pas faire de cinéma mais je trouverais un autre média, un autre véhicule pour essayer d’exprimer certaines pulsions mais ce serait très difficile". 

Les gens doivent sortir du 3ème arrondissement

Xavier Dolan

Certains reprochent à Xavier Dolan d’avoir trop maquillé Nathalie Baye dans son film "Juste la fin du monde". Mais lui a une toute autre opinion. Pour le réalisateur, il s’agit de snobisme : "les gens ont une culture semi urbaine, hypster, moi j’ai grandi dans une banlieue où j’ai vu des femmes maquillées comme ça, et être exubérantes". 

Le souvenir du bonheur n’est plus du bonheur et le souvenir de la douleur est encore de la douleur

Xavier Dolan

Pour Xavier Dolan, il est vital que le public apprécie ses films. Certains peuvent penser qu’il s’agit d’égo mais en réalité il s’agit de sensibilité, une caractéristique très prononcée chez le jeune homme. "Je mets tellement de moi-même dans chacun de mes films, avec mes interrogations, mes faiblesses et mes défauts. Donc ça me blesse forcément si on critique mes films". Il raconte même avoir été choqué en consultant les réseaux sociaux, et en lisant des tweets négatifs concernant la remise de son prix à Cannes.

Si j’avais un bouclier, je sacrifierais une partie de ma sensibilité et je ne suis pas prêt à faire ça

Xavier Dolan

Xavier Dolan admet être une personne extrêmement sensible, mais il ne souhaite pas changer. Son talent lui vient de sa sensibilité et de sa personnalité complexe. Suite aux critiques américaines sur son film lors du dernier Festival de Cannes, le jeune homme est dévasté. "Il y a une espèce de fracture que j’ai des difficultés à colmater". Pour lui, ces critiques ne sont pas constructives. "C’est juste de la merde" dit-il. Malgré les messages d’amour qu’il a reçus lors de sa remise du grand prix du jury à Cannes, Xavier Dolan explique que "le souvenir du bonheur n’est plus du bonheur et le souvenir de la douleur est encore de la douleur". 


Valérie Aknin

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