"Seul face à l’abeille" sur Netflix : Rowan Atkinson, ou l’homme qui était condamné à la gaffe

Publié le 29 juin 2022 à 14h40
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

L’inoubliable interprète de Mr Bean est de retour sur Netflix avec "Seul face à l’abeille".
Une minisérie dans laquelle il incarne un "house sitter", en guerre avec une abeille malicieuse.
À défaut de révolutionner le genre, l’acteur remplit sa mission : nous faire rire de ses malheurs.

Imaginez un peu la vie quotidienne de Rowan Atkinson. Au comptoir d’un pub pour boire une bière, à la station-service pour faire le plein d’essence, dans la file d’attente du supermarché ou à l’intérieur d’un ascenseur bondé : tout le monde attend la gaffe. Le bonhomme n’y est pas pour rien : depuis que le grand public l’a découvert en 1990 dans le costume de Mr Bean, quelque part entre Buster Keaton et le Monsieur Hulot de Jacques Tati, ce fils de bonne famille est devenu la plus grande star comique de sa génération. 

D’autres icônes de l’humour anglais, à l’image du génial Peter Sellers, aka l'inspecteur Clouseau de La Panthère Rose, ont tenté de se défaire d’une étiquette frustrante à la longue. Lui, au contraire, semble s’être fait une raison. Après une expérience mitigée dans la peau de notre Maigret national, il revient à ce qu’il sait faire de mieux avec Seul face à l’abeille (Man vs. Bee en VO), une minisérie disponible depuis quelques jours sur Netflix.

Co-scénariste, l’acteur de 67 ans s’est concocté le rôle de Trevor Bingley, un chômeur divorcé qui a promis à sa fille chérie de l’emmener faire du camping. Hélas pour elle, et surtout pour lui, il vient d'être embauché dans une agence de "house sitter", littéralement nounou pour maison. Sauf que dès les premières secondes, on le découvre au tribunal où il s’apprête à être jugé pour avoir saccagé la splendide demeure d’un insupportable couple de nouveaux riches… à coups de lance-flammes.

La raison de ce pétage de plombs surréaliste ? Son duel sans merci avec une abeille aussi insupportable que malicieuse, raconté en flashbacks, heure par heure, jusqu’au dénouement cataclysmique. Sur le papier, l’affaire est prévisible. Mais grâce à l’abattage de sa vedette, c’est un petit régal de comédie absurde qui se déguste à la chaîne, Seul face à l’abeille étant en réalité un film classique découpé en neuf parties pour les besoins de la plateforme.

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S’il reste avant tout un grand professionnel du gag, Rowan Atkinson ajoute à son personnage une petite touche de mélancolie qui en fait autre chose qu’un simple décalque de ce bon vieux Mister Bean. Par moments, il parviendrait presque à nous faire verser une petite larme devant tant d'infortune. Mais ça ne dure jamais très longtemps, comme s’il avait compris, avec l’expérience, que ses (gros) malheurs à l’écran étaient à jamais la clé de son succès.

"La tragédie et la comédie sont des compagnons de lit très proches", explique le principal intéressé dans un portrait que lui consacre l’édition anglaise du magazine GQ ce mois-ci. "L’un ne va jamais réellement sans l’autre. Chaque blague a sa victime, qu’elle soit de fiction ou bien réelle, idéologique ou humaine. Et, de fait, elle fait toujours souffrir quelqu’un. Je pense qu’il faut l’accepter comme tel." À méditer, par les temps qui courent.


Jérôme VERMELIN

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