"Masters of the Air" : dans l’enfer des pilotes de la Seconde Guerre mondiale

Publié le 25 janvier 2024 à 15h14

Source : TF1 Info

Steven Spielberg et Tom Hanks referment le triptyque ouvert avec "Band of Brothers" il y a 23 ans.
Les légendes hollywoodiennes sont à la production d’une incroyable mini-série dédiée aux jeunes Américains qui ont combattu l’Allemagne nazie dans les airs.
Neuf épisodes sous haute tension et pleins d’émotion, portés par une brillante génération d’acteurs, à découvrir sur AppleTV+ dès ce vendredi 26 janvier.

En traversant l’Atlantique, ils ont contribué à changer la face du monde. En 1943, l’armée américaine déploie un détachement en Angleterre qui servira de base arrière à sa stratégie aérienne face à l’Allemagne nazie. Au sein de la 8e Air Force, se forme le 100e groupe de bombardement que la notion de sacrifice n’effraie pas. L’histoire vraie de ces héros de la Seconde Guerre mondiale est racontée dans Masters of the Air, série d’une puissance rare sur le courage et la résilience d’hommes qui ont mis en péril leur vie pour en sauver tant d’autres.

Un projet amorcé par le père de Steven Spielberg

Disponible sur AppleTV+ à partir du 26 janvier, ce voyage dans le temps de neuf épisodes complète le triptyque ouvert par Band of Brothers (2001) et Band of Brothers : L’enfer du Pacifique (2010). Deux mini-séries sur l’enfer de la guerre, déjà produites par le duo Tom Hanks et Steven Spielberg. C’est le père de ce dernier, lui-même pilote, qui a poussé le réalisateur sur cette piste. "Après la sortie de Band of Brothers, il a demandé : 'Quand allez-vous traiter la guerre aérienne en Europe ?'", se souvient pour TF1info Gary Goetzman, producteur exécutif auprès des légendes hollywoodiennes. La sortie du livre Les maîtres de l’air de l’historien Donald L. Miller en 2006 permet enfin au projet de décoller. "Quand on l’a lu, on savait que ça correspondrait probablement à ce que nous recherchions", poursuit le septuagénaire.

"Masters of the Air" : la bande-annonce de la série AppleTV+ produite par SpielbergSource : TF1 Info

Adaptée par John Orloff, déjà scénariste de Band of Brothers, Masters of the Air suit de près dix soldats qui rejoignent l’Europe sans vraiment savoir ce qui les attend. Visages poupon et gueules d’ange, certains quittent à peine le lycée quand d’autres sont tout juste diplômés de l’université. Mené en visio au tout début de la pandémie, le processus de casting débouche sur le recrutement de jeunes acteurs dont la cote de popularité a explosé depuis le tournage. Un simple hasard, assure Gary Goetzman. "On ne cherchait pas les stars de cinéma qu’on a semble-t-il trouvées", s’amuse-t-il.

Le commandement du 100e est confié à Austin Butler (nommé aux Oscars pour Elvis) et Callum Turner (Les Animaux fantastiques), quand Barry Keoghan (nommé aux Oscars pour The Banshees of Inisherin et rôle principal du favori des réseaux sociaux Saltburn) et Ncuti Gatwa (Sex Education et nouveau Doctor Who) grimpent aussi dans le cockpit. Raff Law, fils et portrait craché de Jude, incarne l’un des mécaniciens restés au sol dans l'attente du retour des troupes. Une sorte de double du spectateur qui, lui, tremble à chaque combat aérien, sans savoir quel pilote s’en sortira indemne.

Traumatisme et deuil

"Ce qui est intéressant et unique à propos de cette série, c’est qu’on voit ces hommes partir mais on voit aussi revenir ceux qui s’en sortent. On voit leur stress post-traumatique se développer, leur gestion du deuil et du traumatisme d’avoir perdu ceux qui étaient devenus leur famille à cette époque", souligne Callum Turner. C’est précisément là que Masters of the Air atteint pleinement sa cible. À la grandeur des batailles, reconstituées avec brio grâce à une technologie toujours plus performante, répond l’urgence de l’intime souvent mis de côté. Ces hommes qui rangent les paquetages des disparus, ces autres envoyés au vert pour soigner leur santé mentale après une énième mission kamikaze. 

Le récit est d’ailleurs narré par l’un d’entre eux, cartographe victime du mal de l’air qui tracera la route de chacun des bombardements de ses camarades sur le IIIe Reich d’Hitler. "Le livre d’Harry Crosby, A wing and a prayer, a été ma Bible pendant le tournage. Il vous donne une idée très précise de qui il était", nous révèle son interprète, Anthony Boyle. "Il était plein d’autodérision et il avait tout du mec normal. Ces hommes ne se voyaient pas comme des héros mais comme des personnes ordinaires qui se sont retrouvées dans des circonstances extraordinaires. Les incarner, c’était toujours revenir à la réalité de ce qui se jouait devant eux", précise l’acteur irlandais.

Les statistiques m'ont brisé le cœur : 77% d’entre eux se sont écrasés ou ont été tués en vol.
Callum Turner

À commencer par celle des statistiques qui témoignent de l’horreur. "C’est ce qui m’a vraiment brisé le cœur, reconnaît Callum Turner. 77% d’entre eux se sont écrasés ou ont été tués en vol. La conviction, le courage et la détermination qu’ils ont dû avoir pour continuer à voler dans une guerre sans précédent… Combattre dans les airs, c’était l’endroit le plus dangereux où vous puissiez vous retrouver", insiste l’acteur anglais, "honoré" d’avoir pu leur rendre hommage. "Chacun d’entre nous était animé par une grande passion, celle de leur rendre justice. J’espère qu’on les a rendus fiers", acquiesce Austin Butler.

undefinedundefinedAppleTV+

À l’ère du streaming, c’est sur la plateforme d’Apple que Masters of the Air a choisi de déployer ses ailes. L’occasion aussi d’aller capter un public plus jeune. Gary Goetzman espère lui que la série aidera ces spectateurs "à comprendre ce qui était en jeu à l’époque où ces jeunes garçons sans grande expérience sont montés dans ces folles machines volantes, qui ont en grande partie participé à la victoire en Europe". 

Tous nous répondent par l’affirmative quand on leur demande si Masters of the Air a un rôle à jouer dans le devoir de mémoire. "Nous devons nous souvenir de certaines histoires, prendre conscience de ce qui s’est passé alors, de ce qui se passe aujourd’hui et de la manière donc nous pouvons faire en sorte que les mauvaises choses ne se reproduisent plus", résume le producteur. Décédé à l’été 2020 à l’âge de 103 ans, Arnold Spielberg n’a pas pu voir le résultat final de l’œuvre qu’il avait réclamée à son fils. Réalistes et déchirants, on vous met au défi de finir les neufs épisodes sans pleurer.

>> Masters of the Air – deux épisodes le 26 janvier puis un episode chaque vendredi jusqu’au 15 mars sur AppleTV+


Delphine DE FREITAS

Tout
TF1 Info