Sylvain Tesson parrain contesté du Printemps des Poètes : "Quel est mon crime et qui sont les juges ?"

Publié le 29 janvier 2024 à 11h25, mis à jour le 29 janvier 2024 à 11h30

Source : 24H PUJADAS, L'info en questions

La désignation de l'écrivain voyageur comme parrain du prochain Printemps des Poètes fait l'objet d'une vive polémique.
Pour la première fois, le principal intéressé s'est exprimé sur le sujet dans le 20H de nos confrères de France 2, dimanche soir.
L'auteur de "La Panthère des Neiges" estime notamment que l'associer à l'extrême droite est "un conformisme absolu".

Il était resté silencieux depuis le début de la polémique. Invité, dimanche 28 janvier au soir, du 20H de France 2, Sylvain Tesson a livré son sentiment sur la tribune critiquant sa désignation comme parrain de la prochaine édition du Printemps des Poètes. "Quel est mon crime ? Qui sont mes juges ?", s’est interrogé l’écrivain alors que quelque 1200 acteurs de la culture le qualifient d’"icône réactionnaire" dans ce texte paru le 19 janvier dans Libération, estimant également que ce choix renforcerait "la banalisation et la normalisation de l’extrême droite" dans toutes les sphères de la société.

"Je veux bien avouer que j’aime ce qui demeure, plutôt que ce qui s’écroule. Je préfère admirer que me révolter. Je veux bien être un rétrograde, même un ringard. Je veux bien être un rétif. On peut dire que je suis réfractaire, on peut dire que je suis un cheval de laboure, que je suis une vieille locomotive plutôt qu’une Formule 1", concède-t-il à ses détracteurs. "Mais non, ils ont trouvé un mot qui est le mot du conformisme absolu et qui clôt le débat, c’est extrême droite".

Défendu par Rachida Dati et Bruno Le Maire

Pour Sylvain Tesson, les critiques à son encontre sont "symptomatiques d’une incapacité énergétique à accepter que les choses puissent être autre chose que soi-même".  Au contraire, la poésie et la littérature sont pour lui "l’endroit où tout est permis, où les choses se contredisent, se rencontrent, se télescopent, s’opposent… Cela s’appelle la liberté", lâche celui dont le nouveau livre, Vers les fées, trône en tête des ventes.

Co-signée par des écrivains comme Baptiste Beaulieu, Fatima Daas ou encore Chloé Delaume, la tribune parue dans Libération a été critiquée par de nombreuses personnalités des médias et des politiques comme le ministre de l’Économie Bruno Le Maire, la nouvelle ministre de la Culture Rachida Dati mais aussi l’un de ses prédécesseurs, le socialiste Jack Lang, en poste lors de la création du Printemps des Poètes il y a 25 ans.

Si Sylvain Tesson n’a pas l’intention de renoncer à son job de parrain de la manifestation, qui se déroule du 9 au 25 mars prochain, la directrice artistique Sophie Nauleau a décidé de démissionner de ses fonctions en réaction à "une cabale effarante, consternante pour ne pas dire monstrueuse", a-t-elle déclaré dans un communiqué, le 26 janvier dernier. "Dans ce contexte, aucune parole n'étant audible, j'ai préféré réserver la mienne au silence".


Jérôme VERMELIN

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