"Syndrome E" ce jeudi soir sur TF1 : les petits secrets de l’adaptation du best-seller diabolique de Franck Thilliez

Jérôme Vermelin
Publié le 29 septembre 2022 à 8h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

TF1 diffuse ce jeudi soir les deux premiers épisodes de Syndrome E, l’adaptation du thriller à succès de Franck Thilliez.
Franck Sharko et Lucie Hennebelle, ses deux personnages fétiches, y sont interprétés par Vincent Elbaz et Jennifer Decker.
Le scénariste Mathieu Missoffe raconte à TF1info les coulisses de cette fiction à la fois sombre et complexe.

C’est un petit événement pour les fans de thriller made in France. TF1 donne ce jeudi soir le coup d’envoi de Syndrome E, l’adaptation en six épisodes de 52 minutes du best-seller de Franck Thilliez paru chez Fleuve en 2010. Un double pari puisqu’il s’agit du premier roman réunissant ses deux personnages récurrents, Sharko et Hennebelle. Mais aussi parce que l’univers de l’écrivain lillois est bien plus sombre et complexe que l’ordinaire des polars diffusés en prime time sur les grandes chaînes. 

Commissaire à la brigade criminelle, Franck Sharko se remet à peine de l’interpellation spectaculaire d’un serial killer lorsqu’il est chargé d’enquêter sur le "dérapage" suspect de Lucie Hennebelle, flic à la BAC du XXe arrondissement de Paris. Après avoir découvert le cadavre d’un homme qui visionnait un étrange film en noir et blanc, la jeune femme a en effet pleuré des larmes de sang et tiré sur son partenaire et amant. C’est le point de départ d’une affaire terrifiante qui mêle expériences scientifiques et trafic d’enfants, du Maroc au Canada.

Lucie et Sharko, ce sont deux héros cassés qui se rencontrent dans le noir et qui se tirent vers le haut

Le scénariste Mathieu Missoffe

Pour porter à l’écran cette intrigue à tiroirs qui a passionné des centaines de milliers de lecteurs, la société de production Escazal Films a fait appel à Mathieu Missoffe, un scénariste expérimenté qui a travaillé sur des séries à succès comme Zone Blanche, Engrenages ou encore Profilage. "Lorsque j’ai lu Le Syndrome E, j’ai tout de suite reconnu un univers qui me parle", explique-t-il à TF1Info. "Très vite s’est posée la question de comment l’adapter pour une chaîne comme TF1 en trouvant le juste milieu entre la représentation de la violence et la télévision mainstream dans ce qu’elle a de plus fédérateur."

Avec la bénédiction de Franck Thilliez, Mathieu Missoffe a repensé la construction de l’intrigue et le parcours des deux personnages principaux. "Il y avait à mon sens deux choses essentielles à garder", souligne-t-il. "D’un côté, toutes les questions liées aux neurosciences. À quel point la violence est-elle ancrée dans le cerveau humain. A-t-elle une base physiologique ? Il fallait que notre enquête parle de ça, quitte à changer le chemin pour y arriver. De l’autre côté, il y avait les personnages de Lucie et Sharko, deux héros cassés qui se rencontrent dans le noir et qui se tirent vers le haut."

Vincent Elbaz incarne le commissaire Sharko "un vrai contre-emploi" pour le scénariste Mathieu Missoffe. - TF1

Après l’écriture, l’équipe de la série s’est penchée sur la redoutable épreuve du casting. Né dans les pages de Train d’enfer pour Ange rouge, le tout premier roman de Franck Thilliez publié en 2004, Sharko prend vie sous les traits de Vincent Elbaz, un choix qui a pu surprendre les fans de l’écrivain au départ. Pour les besoins du rôle, la star de La vérité si je mens a perdu 10 kilos et suivi un entraînement physique intense. Les traits émaciés, les cheveux gris, pas franchement bavard : il est presque méconnaissable.

"Je trouvais intéressant d’avoir un acteur à contre-emploi sur ce rôle", souligne Mathieu Missoffe. "Il y a de super acteurs de comédie qui sont capables de faire ça, pas tous. C’est toujours un pari mais Vincent a embrassé le challenge avec une intensité de dingue. Il était hyper sûr de lui, il a tout suite manifesté beaucoup d’envie et de conviction. Et je dois avouer que ça marche hyper bien. Au début il est comme anesthésié. Et puis soudain il y a une lumière qui s’allume. Bien sûr il y a la rencontre avec Hennebelle. Mais j’aime me raconter que c’est le mystère qui le titille. Le caractère insondable et tentaculaire de cette affaire."

Jennifer Decker joue Lucie Hennebelle, l'héroïne récurrente de Franck Thilliez

Lucie, elle, est apparue en 2005 dans La Chambre des morts, un roman porté à l'écran deux ans plus tard par Alfred Lot avec Mélanie Laurent dans le rôle principal. C’est elle qui a subi le plus de changements par rapport aux romans de Franck Thilliez, de son affectation professionnelle à sa vie privée. "Dans le livre, elle est juste une flic qui enquête sur un personnage victime de ces images traumatisantes", souligne le scénariste. "Dans la série, j'ai changé ça pour qu'elle soit elle-même victime de ce mal mystérieux. Avec l'objectif de créer une vraie empathie avec les spectateurs".

C’est à Jennifer Decker, pensionnaire de la Comédie française, que revient la lourde tâche d’interpréter cette flic borderline qui enquête sur le mal dont elle est elle-même victime. "C’est un rôle hyper casse-gueule qui aurait fait peur à beaucoup de comédiennes", apprécie Mathieu Missoffe. "C’est d’autant plus impressionnant que ce n’est pas quelqu’un qui a joué dans une demi-douzaine de séries policières avant. Elle s’est prêtée au jeu en se demandant qui est cette femme, d’où elle vient, comment elle doit réagir. Elle est très forte."

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Ce tandem surprenant est entouré de seconds rôles tout aussi inattendus à commencer par Emmanuelle Béart dans le rôle de la patronne de Sharko. Mais aussi l’humoriste Berangère Krieff et le rappeur Kool Shen qui enquêtent sous ses ordres. Sur la forme, Syndrome E bénéficie de la réalisation hyper léchée de la réalisatrice Laure de Butler, qui avait déjà œuvré sur La Promesse, qui avait atteint jusqu’à 7,5 millions de téléspectateurs sur TF1 en 2020. Une série policière déjà très sombre pour les canons de la chaîne à l’époque.

"Avec Syndrome E, on a été aussi loin qu’on le voulait", assure Mathieu Missoffe. "C’est une série à base de sensations fortes. Il y a des choses très impactantes mais à chaque moment on s’est posé la question de ce qu’on allait montrer et comment. Les éléments les plus violents se jouent hors champ. Marie a eu l’idée de filmer les choses de manière très clinique, sans effusions d’hémoglobine. Mais bon il y a quelques cadavres quand même !". Avis aux amateurs, l’enquête débute ce soir à 21h10.

>> Syndrome E de Laure de Butler d'après le roman de Franck Thilliez. Avec Vincent Elbaz, Jennifer Decker, Emmanuelle Béart. Épisodes 1 et 2 ce soir à partir de 21h10. L'intégralité de la série est déjà disponible sur la plateforme Salto.


Jérôme Vermelin

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