"The Dropout" sur Disney+ : la folle histoire vraie de la "serial fraudeuse" qui a berné l’Amérique

Delphine DE FREITAS
Publié le 20 avril 2022 à 10h00
JT Perso

Source : Sujet TF1 Info

L’actrice américaine Amanda Seyfried livre une interprétation saisissante de l’icône déchue de la Silicon Valley Elizabeth Holmes.
Sa société Theranos a escroqué investisseurs et patients en promettant de réaliser des tests sanguins sans aiguilles.
Son ascension et sa chute sont racontées dans une fascinante mini-série, disponible dès le 20 avril.

Le mot fascination semble avoir été créé pour elle. Car elle charme autant qu’elle révulse, créant un sentiment très ambigu pour quiconque s’intéresse à son histoire. Elizabeth Holmes a fait rêver l’Amérique avant de brutalement tomber de son piédestal. Cette grande blonde aux larges yeux clairs est le personnage central d’une des escroqueries les plus retentissantes de ces dernières années. Un scénario que même Hollywood n’aurait pas imaginé avant d’en faire une série. Adapté du podcast du même nom, The Dropout raconte comment cette jeune femme a berné le monde de la tech en promettant une révolution qui n’a jamais vu le jour.

Elizabeth Holmes a 19 ans quand elle se décide à plaquer ses études à la prestigieuse université de Stanford. Sa famille s’inquiète de la voir étiquetée à vie comme "college dropout" - "celle qui a abandonné la fac". Mais elle se décide à mettre en œuvre une idée qu’elle juge brillante. Elle fonde Theranos, une start-up qui promet de révolutionner la médecine en proposant des tests sanguins sans aiguilles. La Silicon Valley fait d’elle une icône, les investisseurs font d’elle une milliardaire. Le magnat Robert Murdoch et le diplomate Henry Kissinger lui apportent leur soutien. Sauf que cette innovation ne fonctionnera jamais et servira de couverture pour une vaste fraude à plusieurs millions de dollars.

Col roulé et voix grave

"C’est comme l’histoire d’un outsider. Vous voulez le voir réussir, en particulier si c’est une femme comme Elizabeth Holmes, très charismatique, passionnée, intelligente, impatiente et qui sait parler aux gens", commente pour nous l’actrice Amanda Seyfried, troublante de vérité dans la peau de cette anti-héroïne. La star de Mamma Mia "a regardé en boucle" la dizaine heure d’images d’archives qu’elle avait à disposition. 

"Quand vous faites ça, vous finissez par absorber la gestuelle de l’autre. Elizabeth a une gestuelle très spécifique, certains gestes étaient naturels et d’autres très délibérés", explique-t-elle. Comme ses hochements de tête permanents ou cette voix que la fondatrice de Theranos a forcé pour la rendre plus grave et gagner en autorité. Celle d’Amanda Seyfried devient de plus en plus méconnaissable au fil des épisodes qui s’ouvre sur une jeune héroïne encore fragile. "Il fallait aussi la montrer quand elle n’était pas si confiante, avant qu’elle ne devienne un leader. Je me suis inspirée de l’adolescente que j’étais à 13 ans. Je me tenais mal, j’avais l’impression que personne ne voulait m’écouter", détaille la comédienne.

Disney+

À l’écran, ses épaules sont voûtées en permanence. Comme un contraste avec l’ambition affichée de son héroïne, qui semble avoir bâti une forme de culte de la personnalité autour d’elle. Elle a fait du col roulé noir de son idole Steve Jobs sa tenue fétiche. The Dropout tente de dresser le portrait de ce personnage trouble, partagé entre son envie de réussir et les moyens mis en œuvre pour y arriver. Insaisissable, Elizabeth Holmes émeut autant qu’elle agace. La mini-série évoque autant sa relation cachée avec son bras droit Sunny Balwani (Naveen Andrews) qui avait le double de son âge, que le déploiement de l’arnaque et l’ambiance toxique au sein de Theranos, gangrénée par le secret et le mensonge.

La fondatrice de Theranos Elizabeth Holmes au temps du succès, en 2014. - AFP

Amanda Seyfried confesse qu’il a été plus difficile pour elle de jouer la chute d’Elizabeth Holmes car "elle a commencé par se soucier profondément de cette personne". "C’était dur parce que je tenais à elle et je ne voulais pas que ce soit vrai. C’est comme quand vous regardez Titanic et qu’à chaque fois, une partie de vous espère vraiment qu’il ne va pas couler alors qu’on sait que c’est le cas et que c’est irrémédiable", analyse-t-elle. La vraie Madame Holmes a rencontré son iceberg en janvier dernier, quand un tribunal de San Francisco l’a reconnue coupable d’escroquerie envers ses investisseurs. Aujourd’hui mariée et mère d’un petit garçon, elle est en liberté sous caution jusqu’à l’annonce de sa peine en septembre prochain.

>> The Dropout - 8 épisodes sur Disney+ dès le 20 avril


Delphine DE FREITAS

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