"Timbuktu" : pourquoi le film est-il français aux César... et mauritanien aux Oscars ?

Jérôme Vermelin
Publié le 22 février 2015 à 18h47
"Timbuktu" : pourquoi le film est-il français aux César... et mauritanien aux Oscars ?

EXPLICATIONS – Grand vainqueur des César, vendredi soir, avec pas moins de 7 statuettes, dont celle du meilleur film, "Timbuktu" est en lice cette nuit pour l'Oscar du meilleur film étranger sous la bannière de la Mauritanie, le pays de son réalisateur, Abderrahmane Sissako. Mais pourquoi donc ?

Qu'il soit d'ici ou d'ailleurs, Timbuktu est un grand film qui a marqué l'année ciné, de la Croisette en mai dernier au Théâtre du Châtelet, où il a décroché 7 César. Reste que le grand public pourrait être surpris d'apprendre que le meilleur film français de l'année est considéré comme mauritanien par l'académie des Oscars, qui en a fait l'un des cinq candidats au trophée du meilleur film étranger, décerné cette nuit à Los Angeles. Mais pourquoi donc ?

Produit par Sylvie Pialat, coproduit par Canal+, Arte et TV5 notamment, Timbuktu est un film à capitaux entièrement français. Ce qui explique ses nominations aux César, qui récompensent le meilleur du cinéma hexagonal. Le comité de sélection du film français aux Oscars, qui dépend du CNC, aurait très bien pu en faire son poulain pour la cérémonie hollywoodienne. Sauf qu'il lui a préféré Saint Laurent, le film de Bertrand Bonello, qui n'a pas dépassé le stade des présélections.

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Le 4e candidat africain lauréat ?

Le comité de sélection des Oscars acceptant de prendre en compte la nationalité du réalisateur, du scénariste ou de l'un des producteurs d'un film, la Mauritanie en a profité alors pour présenter le film sous sa bannière, une première dans l'histoire du pays. Et miracle : sur les 83 films étrangers, pré-candidats à l'Oscar, Timbuktu sera finalement retenu dans le top 5, en vue de la grande soirée de dimanche soir.

Par le passé, trois films africains ont décroché le précieux trophée : Z, de Costa-Gavras, en 1970, qui concourait sous la bannière de l'Algérie ; Mon nom est Tsotsi, du Sud-Africain Gavin Hood, en 2005 ; et avant lui… La Victoire en chantant, de Jean-Jacques Annaud, en 1970, qui avait été présenté sous la bannière de la Côte d'Ivoire, profitant de la nationalité de l'un de ses coproducteurs.

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Abderrahmane Sissako se retrouve dans une situation similaire à celle de Michael Haneke, avec Amour, il y a deux ans. Un film à capitaux majoritairement français, qui avait remporté 5 trophées aux César le vendredi soir au Théâtre du Châtelet… avant de décrocher l'Oscar sous la bannière autrichienne de son auteur, deux jours plus tard, au Dolby Theater de Los Angeles.

Porté par l'actualité brûlante, Timbuktu fera-t-il résonner son message de paix au royaume du glamour ? Ses rivaux sont Ida, de Pawel Pawlikowski (Pologne), Les Nouveaux Sauvages, de Damian Szifron (Argentine), Leviathan, d’Andreï Zviaguintsev (Russie), et Les Mandarines, de Zaza Urushadze (Estonie). Réponse dans la nuit…


Jérôme Vermelin

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