"Top Gun : Maverick", la critique : entre trip nostalgique et grand spectacle, Tom Cruise met dans le mille

Jérôme Vermelin
Publié le 12 mai 2022 à 15h00
Tom Cruise, le Dorian Gray du cinéma américain dans "Top Gun : Maverick".

Tom Cruise, le Dorian Gray du cinéma américain dans "Top Gun : Maverick".

TF1info a vu en avant-première "Top Gun : Maverick", qui sortira en salles le 25 mai après sa présentation au Festival de Cannes.
La suite du film culte de 1986 joue la carte de la nostalgie avec intelligence tout en multipliant les scènes d’action stupéfiantes.
Une vraie réussite pour Tom Cruise, acteur et producteur qui retrouve l’un des personnages clés de sa carrière.

Faut-il avoir vu Top Gun avant de découvrir sa suite, 36 ans après ? La réponse est non. Mais c’est quand même mieux. Conçu comme un solide blockbuster d’action, avec des séquences aériennes à couper le souffle qui justifient à elles seule le prix du ticket, promis juré, le film de Joseph Kosinski (Oblivion, déjà avec Tom Cruise) doit son supplément d’âme à sa manière habile de puiser le meilleur de l’original, quand bien même il n’a jamais fait l’unanimité. Revenons d’ailleurs un peu en arrière…

Lorsqu’il sort en 1986, Top Gun rencontre un immense succès en dépit d’une critique assez tiède. Ses détracteurs pointent du doigt la réalisation flashy de Tony Scott, le petit frère de Ridley, certains n’hésitant pas à y voir un immense spot de recrutement pour l’US Navy en pleine Guerre Froide. Le scénario tient sur un timbre-poste et les dialogues sont parfois grotesques. Mais le charisme d’un Tom Cruise en pleine ascension confère à ce récit d’initiation somme toute classique un charme fou. Sans parler de la BO qui enfile le meilleur du rock FM. Combien de premiers baisers ont été échangés sur le langoureux "Take My Breath Away" du groupe Berlin ? La NASA calcule encore.

Maverick, le double de Tom Cruise ?

Lorsqu’on parle aujourd’hui de Tom Cruise, superstar depuis quatre décennies, on a tendance à l’associer aussitôt à Ethan Hunt, le héros de la saga Mission : Impossible dont il est le grand manitou. Mais Pete "Maverick" Mitchell est peut-être le personnage qui raconte le mieux, avec le recul, le parcours de son interprète. Comme ce pilote de chasse ambitieux, charmeur et arrogant, Cruise a été l’un de ces jeunes loups qui rêvaient de conquérir Hollywood à l’aube des années 1980. Certains ont fait une belle carrière, d’autres ont disparu des radars. Lui a tout sacrifié pour vivre sa passion plus haut, plus fort, peut-être plus intensément que les autres. Et rester au sommet en dépit des flops et des polémiques.

Au début de Top Gun Maverick, on découvre Pete dans un hangar perdu dans le désert où il s’apprête à tester un prototype d’avion militaire supersonique. Atteindre Mach 10 ne servira pas à grand-chose car comme lui explique son supérieur, joué par le vénérable Ed Harris, l’intelligence artificielle aura tôt ou tard raison des vieux briscards comme eux. La retraite à 60 ans ? Pas si vite ! "Pistonné" par une vieille connaissance, voilà Maverick qui fait son retour à l’école qui l’a rendu célèbre où il n’a que quelques semaines pour former la jeune garde en vue d’une dangereuse mission secrète.

Sur sa route, Pete et son blouson de cuir vont croiser Penny, une ex-conquête jouée par Jennifer Connelly, Kelly McGillis, n’ayant pas été conviée à une nouvelle balade à moto avec le Dorian Gray du cinéma américain. Mais surtout le lieutenant Bradley "Rooster" Bradshaw qui n’est autre que le fils de Goose, son navigateur et meilleur ami, mort dans ses bras dans le premier film. Miles Teller, le batteur fou de Whiplash, ressemble à s'y méprendre à Anthony Edwards, même si la moustache y est pour beaucoup.

Et c’est là que Top Gun : Maverick prend une épaisseur inattendue. À la manière de la série Cobra Kaï, basée sur Karaté Kid, autre succès populaire des eighties, Joseph Kosinski convoque de nombreuses images du premier film – polaroïds punaisés au mur, flashbacks de 1986 - pour faire jaillir l'émotion de manière inattendue, quand il ne revisite pas carrément certaines séquences avec son nouveau casting comme la célèbre partie de football américain sur la plage, avec Ray Ban et torses huilés.

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Top Gun, l’original, péchait clairement par excès de premier degré. Sa suite n’en est pas dépourvue mais trouve toujours le ton juste pour s’en amuser avec respect. Mais aussi pour nous tirer les larmes lors d’une scène incroyablement touchante où Pete retrouve son mystérieux bienfaiteur, l’un des personnages clés du premier film, incarné par un comédien que la vie, la vraie, n’a pas épargné ces dernières années. Mais chut !, on vous laisse le découvrir à la sortie puisque le film sera sur nos écrans le 25 mai prochain, quelques jours après sa présentation au Festival de Cannes.

À l’heure où Hollywood recycle ses vieux tubes à l’infini, Top Gun : Maverick joue la carte de la nostalgie avec élégance. Tout en garantissant le spectacle, le grand. Car soyons clairs : ce n’est pas devant votre plateforme de streaming préférée que vous éprouverez les sensations de la dernière demi-heure du film, purement stupéfiante. Si vous faites partie de ces nombreux spectateurs qui n’ont pas remis les pieds dans une salle de cinéma depuis la pandémie, Tom Cruise et son équipage ont à vrai dire tout fait pour vous rappeler la différence. Alors, prêts pour le (re)décollage ?


Jérôme Vermelin

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