Une ado "traumatisée" après avoir vu "The Ring" en classe : ses parents attaquent l’Éducation nationale

Publié le 4 novembre 2021 à 18h52, mis à jour le 5 novembre 2021 à 12h37
Une ado "traumatisée" après avoir vu "The Ring" en classe : ses parents attaquent l’Éducation nationale
Source : Universal

JUSTICE - La jeune Zoé n’a pas supporté le visionnage du film d’horreur "The Ring" lors d’une classe de français, en 2019. Ses parents réclament des dommages et intérêts à l’Éducation nationale, les médecins jugeant l’adolescente victime de "stress post-traumatique".

Les faits remontent au 1er avril 2019 et n'ont rien d'un canular. Dans le cadre d’un travail sur le cinéma fantastique, un professeur de français d’un collège du Rhône a montré à ses élèves de 4e le film The Ring de Gore Verbinski avec l’actrice Naomi Watts. Dans ce remake du classique japonais du même nom, une cassette vidéo maudite tue tous ceux qui la visionnent. 

Pour la jeune Zoé (son prénom a été modifié), âgée de 13 ans à l’époque, le visionnage ne s’est pas vraiment bien passé, c’est le moins qu’on puisse dire. "Elle a été véritablement traumatisée", a expliqué mercredi l’avocat de ses parents, Me Bénagès, lors d’une audience devant le tribunal administratif de Lyon.

Impossible de regarder la télé seule

Les plaignants, qui réclament à l’Éducation nationale le versement de 11.000 euros de dommages et intérêts, affirment que leur fille n’a ensuite "plus pu regarder la télé seule", rapporte l'AFP. D'après eux, elle "est restée enfermée chez elle" et a vécu "une fin de collège très dure", avec attaques de panique et isolement social.  

Suivi médical et psychologique, séances d'hypnose… l'adolescente était "en état de stress post-traumatique tout à fait caractéristique", selon un certificat médical produit par l’avocat. Lors de l’audience, ce dernier a rappelé que le film avait été interdit en salles aux moins de 12 ans et qu’il avait ensuite été déconseillé aux moins de 16 ans pour sa diffusion télévisuelle. 

Le rapporteur public Romain Reymond-Kellal a de son côté préconisé un rejet de cette requête. Tout en reconnaissant "ne partager nullement le parti pris pédagogique" de l'enseignant, il a souligné que la projection avait été suivie d'un écrit des élèves dans le but "d'étudier la construction de la peur dans un film" et de les "armer à prendre du recul". La décision du tribunal est attendue sous quinzaine.


Jérôme VERMELIN

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