"Sur un disque, en concert ou dans un clip, je me donne à fond" : Hervé, un artiste sur sa lancée

Publié le 24 mars 2023 à 17h59

Source : Sujet TF1 Info

Récompensé aux Victoires de la musique en 2021, Hervé publie ce vendredi son deuxième album, l’excellent "Intérieur Vie".
Explosif sur scène, le jeune chanteur se dévoile dans des textes à la fois intimistes et ouverts sur le monde.
Son parcours, son public, son regard sur l’actualité… Il se raconte auprès de TF1info.

Il se rêvait footballeur. Et il est devenu chanteur, compositeur et producteur. Deux ans après avoir été désigné révélation masculine de l’année aux Victoires de la musique, Hervé est de retour ce vendredi avec Intérieur Vie. Musicalement, on retrouve le cocktail de pop, de rock et de l’électro qui l’a propulsé sur le devant de la scène. Mais c’est aussi un disque parcouru de confidences très personnelles sur son parcours depuis la Bretagne, où il a grandi, à l’image du single "D’où je viens". De passage par la rédaction de TF1info, il s’est confié sur ce nouveau projet. Et sur une actualité mouvementée, lui qui revendique son côté "normal", proche d’un public qu’il retrouvera en tournée dans les prochaines semaines…

Quand on est désigné révélation de l’année aux Victoires, c’est quoi le principal challenge ? Confirmer ?

Je ne pensais pas du tout la gagner, cette Victoire ! L’album, je le compose, je l’écris, je le produis tout seul. C’est une aventure somme toute un peu solitaire. Alors cette récompense, c’est le gros kiff. C’est le métier qui te dit "Welcome !". Parce que c’est le vote des professionnels, des gens des salles. C’est une grande joie et un booster.

Ça met la pression au moment d’écrire un deuxième album ? 

L’envie a outrepassé toute forme de stress. Tout de suite après la tournée, j’étais dans une dynamique, je ne me suis pas demandé comment j’allais faire mieux, à aucun moment. Je me suis juste dit que j’avais envie de faire un album, de chanter différemment, d’explorer la voix. Je voulais surtout garder la spontanéité du processus créatif. Je démarre l’ordinateur, j’ai mon clavier, mon micro... et je m’éclate. La seule différence, c’est que j’ai commencé par les textes.

Si je fais ce métier aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des gens comme ma grand-mère qui ont fait des sacrifices avant moi
Hervé

Le disque s’intitule Intérieur vie. Et il démarre sur un registre plutôt intimiste…

Je n’ai pas voulu faire un blockbuster. J’aime bien l’idée de servir le texte, la chanson. Si je sens qu’il ne faut pas trop produire parce qu’on ressent mieux l’émotion, je vais retirer des choses. En fait, c'est un disque beaucoup plus minimaliste.

Sur "D’où je viens", tu parles de ta grand-mère qui travaillait dès l’âge de 7 ans. C’est quoi son histoire ? 

C’est ma grand-mère maternelle, issue d’une famille qui vient des terres, des gens qui ont travaillé jeunes à la campagne. Il n’y a rien d’héroïque, c’est juste la vérité. Et ça me rappelle la chance que j’ai de vivre la vie que je mène. Si je fais ce métier aujourd’hui, c’est parce qu’il y a des gens comme elle qui ont fait des sacrifices avant moi.

Sur "Chelou", tu décris la France, le monde d’aujourd’hui. C’est vraiment le premier mot qui te vient ? 

Ce dont je parle sur cette chanson, c’est de la situation des hôpitaux, des profs mal payés. C’est une discussion entre potes. Je ne donne de leçons à personne. Mon point de vue, c’est que tout ça est chelou. Parce que moi, j'aime les autres. Les humains, les différences, les gens étranges. Les marginaux comme les gens normaux.

Et ton public, il ressemble à quoi ? 

Il est hyper hétéroclite. Ma tranche d’âge ? Indéfinissable. Je crois qu’il y a autant de filles que de garçons. Je crois qu’on a un public qui nous ressemble, un peu malgré nous. Sociologiquement, j’ai des branchés, des gens qui ne sont pas passionnés de musique, mais qui aiment la mienne. C’est un public atypique, sans doute. Et hyper bienveillant, ça, c'est sûr. Je crois qu’ils sont attachés à ma voix, à mon énergie sur scène. J’espère aussi au fait de tout donner. Sur un disque, en concert ou dans un clip, je me donne à fond.

C’est ton côté boy next door qui plaît aussi, non ? 

Moi, je suis un mec normal. La musique marche, il y a du monde au concert. C’est super. Mais je ne vaux pas mieux que quelqu’un qui fait un autre taf. Sauf que mon taf, c’est ça. Chanter, faire le show en haut d’une nacelle de 35 mètres de haut (pour une série de vidéos réalisées par Brut – ndlr). Jamais de ma vie je ne pensais faire un truc pareil. Et quand je vais me coucher, je suis content. Et j’espère que les gens sont contents.

Je ne sais pas si l’artiste "doit" s'exprimer. Il y en a plein qui pensent ça. Des gens qui veulent être des porte-paroles. Mais il faut avoir les épaules
Hervé

La colère qui traverse la France en ce moment, elle t’inspire ? Elle te parle ? Elle te fait peur ? 

Non, elle ne me fait pas peur. En revanche, s’il y a de la fumée, c’est qu’il y a du feu. Et si les gens s’indignent, ça veut dire qu’ils sont bien vivants. Moi, ça me rassure. Qu’il y ait des gens qui gueulent, des gens qui ne sont pas contents, des gens qui ne sont pas d’accord… Ça veut dire qu’il y a de l’humanité.

Ton engagement, il va jusqu’où ? On pourrait te voir dans les manifs ?

Ah, mais tu pourras très facilement me retrouver dans une manif. Mais je ne ferai pas de story sur Instagram pour le montrer.

Dans une période comme celle-là, quel est le rôle selon toi des artistes ? 

C’est propre à chacun. Si tu ne sais pas de quoi tu parles, il vaut mieux la fermer. Et si jamais tu as envie de l’ouvrir, vas-y ! Je ne sais pas si l’artiste "doit" s'exprimer. Il y en a plein qui pensent ça. Des gens qui veulent être des porte-paroles. Mais il faut avoir les épaules.

Dans ton métier, on ne prend jamais sa retraite, non ?

Moi, je n’y compte pas. Mais j’y pense pour les autres. Pour ma famille, mes potes qui bossent. Aucun n’est dans la musique ! Il y en a qui bossent dans le bâtiment. Beaucoup de métiers manuels. Je ne pense pas qu’ils pourront travailler aussi tard que ce dont on parle en ce moment. Ça me paraît impossible.

On ne va pas te quitter sans parler foot. Kylian Mbappé, capitaine de l’équipe de France, tu valides ? 

Kylian, il est incroyable. Je crois qu’on ne s’en rend même pas compte. Peut-être parce qu’il ne gagne pas de titres européens avec le PSG. Mais c’est un monstre. J’ai bien aimé sa sortie lorsqu’il a dit qu’il ne faisait pas de pubs pour les sodas et les paris sportifs. Capitaine de l’équipe de France, c’est logique parce que c’est le meilleur. Et parce qu’il a un état d’esprit irréprochable. Et puis il est si jeune… J’espère qu’il est là pour encore au moins dix ans !


Jérôme VERMELIN

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