Sylvie Tellier était l'invitée d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit" ce dimanche
Elle est revenue sur plusieurs moments de sa carrière après son sacre de Miss France.
En particulier ses relations tendues avec Geneviève de Fontenay, à qui elle a succédé à la tête du concours.

Après presque deux décennies à la tête de Miss France, Sylvie Tellier, qui a quitté la société en 2022, a décidé de lever le voile sur l'envers du décor, loin du strass et des paillettes, qui la faisaient tant rêver quand elle regardait l'émission avec sa mère et ses sœurs. Dans son autobiographie Couronne et préjugés, qui sortira le 29 mai aux éditions Fayard, elle raconte son parcours semé d'embûches. Tout commence ce fameux soir de décembre 2002 où sa vie bascule lors de son sacre de Miss France. "C'est un mélange d'émotions, je suis heureuse et très étonnée d'avoir été élue. Mais avant tout choquée", raconte-t-elle à Audrey Crespo-Mara dans la vidéo ci-dessus, replay du "portrait de la semaine" diffusé ce dimanche dans "Sept à Huit". 

Mais, à peine élue, Geneviève de Fontenay, farouche gardienne des traditions au sein du célèbre concours de beauté, l'ignore, visiblement déçue par le choix des téléspectateurs. Ce soir-là, une équipe de "Sept à Huit" est dans la salle et filme sa réaction. Des images commentées aujourd'hui par Sylvie Tellier. "C'est glacial entre nous alors qu'on ne se connait pas. Il y a cette chaise qui nous sépare et j'ai envie de dire : 'qu'est-ce que j'ai fait de mal ?'", lâche-t-elle, avant de tenter une explication. "Je crois que la femme que je représentais n'était pas son choix à l'époque. Je suis petite pour une Miss France. Alors qu'à ce moment-là, les Miss France font 1,80 mètre, je fais un 1,72 mètre, je prépare le concours d'avocat, je suis issue d'une famille assez modeste et j'ai déjà un peu de caractère. Je pense qu'elle a vu en moi un élément qui allait être un peu plus difficile à encadrer", admet-elle. 

"Comment votre maman a pu vous faire aussi petite ?"

Malgré ce démarrage chaotique, Sylvie Tellier va devoir composer avec cette figure du concours Miss France. Une liaison qui va durer huit ans. "Geneviève est une femme que j'ai toujours admirée. J'ai aimé son personnage. Pour moi, c'est une icône. Après, Geneviève n'était pas une femme facile. Au début, notre relation est extrêmement froide et difficile. Je me souviens de quelques remarques de Geneviève qui me disait : 'comment votre maman a pu vous faire aussi petite ?' Parce que je n'étais pas épaisse, j'étais petite et filiforme. Elle avait parfois le verbe très acerbe. Mais d'un autre côté, c'était une femme de caractère qui avait une stature et qu'on respectait", explique-t-elle. 

Sylvie Tellier dépeint cette entrée en matière mouvementée comme une "guéguerre de filles préférées". "Élodie Gossuin venait d'être élue Miss France, puis Miss Europe, quand moi, je suis élue Miss France et je pense qu'Élodie représentait pour Geneviève la fille idéale. Elle est grande, elle est belle, elle est souriante, elle est sympa. Et moi, j'avais certainement ce côté un peu moins malléable", assure-t-elle. Une préférence qui va loin. "Je suis élue Miss France et il y a normalement un appartement de fonction qu'Élodie garde parce qu'elle est élue Miss Europe. Moi, je suis obligée d'aller vivre chez mon oncle et ma tante et de prendre le RER tous les matins pour venir au comité Miss France. C'est assez difficile", se souvient-elle. 

On peut être à la fois Miss France et femme engagée, femme de pouvoir.
Sylvie Tellier

Geneviève de Fontenay ira jusqu'à qualifier Sylvie Tellier de "mal nécessaire". Une expression très "dure" pour la jeune femme. Aujourd'hui, elle pense que cette attaque visait son "envie de modernité" et sa "faculté à pousser la discussion". "Je n'allais pas toujours dans son sens. Quand je n'étais pas d'accord avec elle, je lui disais. Avec beaucoup de respect, mais je lui disais", lance-t-elle. Mais la pierre d'achoppement entre les deux femmes arrivera en 2007 lorsque Sylvie Tellier est nommée par Endemol directrice générale de la société Miss France à la place de Xavier de Fontenay, le fils de Geneviève.

Avec en point d'orgue l'affaire des photos dénudées de Valérie Bègue, alors Miss France 2008. Geneviève de Fontenay, furieuse, avait exigé sa destitution, mais Sylvie Tellier s'y oppose. "Geneviève m'en a toujours voulu", affirme-t-elle. Et malgré un accord de principe : Valérie Bègue garde son titre, mais ne participera pas aux concours internationaux et ne fera pas la tournée des régions, ce compromis n'ira à personne. 

Dans son livre, Sylvie reconnait que derrière les scandales et les clashs, ce sont finalement deux visions des Miss France qui s'opposaient. "En fait, il y a cette vision très traditionnelle que Geneviève reflète et d'un autre côté, on est en 2007, les femmes commencent à prendre la parole, à prendre le pouvoir et cette société commencent à changer", analyse-t-elle. Mais comment marier cette dichotomie ? "Pour moi, les Miss incarnent les traditions, certes, le respect, l'institution, la France, les régions et d'un autre côté, elles doivent aussi incarner cette femme moderne qui est à la fois étudiante et qui a aussi envie de ces paillettes (...) On peut être à la fois Miss France et femme engagée, femme de pouvoir", insiste-t-elle. 

Cette image de traitresse a longtemps collé à la peau de Sylvie Tellier et lui a fait "très mal", mais désormais cette mère de famille de 45 ans aspire à plus de sérénité, loin des clichés qui collent toujours à cette élection de reines de beauté. Certains accusant notamment cette institution de véhiculer des critères stéréotypés. "Je ne suis pas d'accord", s'émeut Sylvie qui estime qu'on est "dans le standard français d'une jeune femme qui est entre le 36 et le 42/44". Quant aux personnes transgenres, ont-elles une place dans ce concours ? "Vouloir mettre toutes les personnes au même endroit dans un concours de beauté soulève des problèmes de règlement. C'est possible, mais dans ce cas-là, il faut supprimer toutes les règles", répond-elle. 

Pour autant, depuis son départ, la candidature des personnes transgenres est à présent autorisée, tout comme celles des femmes mariées ou ayant des enfants. Alors, Sylvie Tellier aurait-elle à son tour une vision passéiste ? "À un moment donné, on se dit : 'si tu n'as pas envie de vivre certaines choses, va-t'en'. Parfois, pour que quelque chose continue à évoluer, il faut le quitter", conclut-elle. Une façon d'enfoncer le clou, au cas où certains penseraient toujours qu'elle a été écartée. 


Virginie FAUROUX | Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

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