Le premier épisode de la série inspirée du jeu vidéo à succès est disponible ce lundi en France sur Prime Vidéo.
L'acteur Pedro Pascal est la tête d’affiche de cette adaptation ambitieuse, dotée d’un budget monstre.
TF1info a regardé les quatre premiers épisodes et vous livre son verdict, garanti sans spoiler.

Un méchant virus mutant, des images de mégalopoles désertes partout dans le monde et des survivants dépressifs à l’hygiène douteuse. En dépit des apparences, The Last Of Us n’est pas une série sur notre quotidien durant la pandémie de Covid… mais bien l’adaptation d’un jeu vidéo de référence du studio Naughty Dog dont les différentes moutures se sont vendues à plus de 37 millions d’exemplaires depuis 2013. Excusez du peu.

Dix ans plus tard, c’est sur HBO – désormais disponible via Prime Vidéo en France - que débarque ce lundi le pilote d’une première saison co-écrite par Neil Druckmann, le créateur du jeu, aux côtés de Craig Mazin, le scénariste à succès de Chernobyl. Doté d’un budget monstre – plus de 10 millions de dollars par épisode – et d’un casting alléchant emmené par le charismatique Pedro Pascal (Narcos, The Mandalorian), ce premier blockbuster télé de l’année est-il à la hauteur des attentes ? 

L'épisode inaugural débute en 1968, sur le plateau d’un talk show consacré à la science. Le Dr Neuman, un épidémiologiste interprété par l’irrésistible comédien anglais John Hannah, raconte comment un champignon pourrait profiter un jour du réchauffement climatique pour décimer l’espèce humaine en lui mangeant le cerveau. Le présentateur et le public l’écoutent perplexes, en mode Don’t look up. Nous, on a déjà tout compris…

Après le très beau générique mis en musique par l’Argentin Gustavo Santaolalla, déjà auteur de la BO du jeu, on se retrouve propulsé en 2003, dans le foyer de Joel (Pedro Pascal), un père célibataire qui élève comme il peut sa fille Sarah (Nico Parker). À la radio, les infos s’ouvrent sur d’importantes émeutes à Djakarta. En bon Américain moyen, Joel ne sait pas situer la capitale de l’Indonésie sur une carte. Quelques heures plus tard, il n'en aura plus franchement besoin.

Les personnages avant l'action

Si le jeu vidéo est devenu le bien culturel le plus vendu au monde, c’est en grande partie grâce à sa capacité à immerger le joueur dans des univers toujours plus spectaculaires et réalistes. Ceux d'entre vous qui ont déjà joué à The Last Of Us – où jeté un œil par-dessus l’épaule de leur petit cousin – savent à quel point Neil Druckmann et ses brillantes équipes ont su créer une atmosphère à la fois mélancolique et oppressante où la mort peut surgir à tout moment.

Était-il impossible de transposer la même tension du jeu à la série ? À la baguette du premier épisode, Craig Mazin a clairement choisi un parti pris plus "télé" en privilégiant le développement de personnages qu’on va suivre et découvrir à plusieurs étapes de leur existence. Moins héroïque que dans le jeu, Joel a ainsi été repensé comme un père taiseux, animé par des sentiments contradictoires. Ce qui ne signifie pas qu’il est incapable d'être violent, bien au contraire.

Pedro Pascal et Bella Ramsey le 9 janvier dernier lors de la première de "The Last of Us" à Los Angeles.
Pedro Pascal et Bella Ramsey le 9 janvier dernier lors de la première de "The Last of Us" à Los Angeles. - AFP

La deuxième partie du pilote, vingt ans plus tard, le met en présence d’Ellie, une adolescente un peu spéciale qu’il est chargé d’escorter hors de la zone de quarantaine de Boston en compagnie de Tess, son associée et amie. La première est jouée par la jeune comédienne anglaise Bella Ramsey, un visage bien connu des fans de Game of Thrones. Sa performance sera sans doute très commentée par les fans du jeu, tout son comme son alchimie délicate avec Pedro Pascal. La seconde est interprétée par l’excellente actrice australienne Ann Torv (Fringe, Mindhunter), qu’on est ravi de retrouver dans une série de cette envergure. 

Dans sa structure, The Last of Us a le défaut de beaucoup de séries américaines actuelles qui multiplient les protagonistes et les enjeux parallèles, au risque d’affaiblir le rythme de l’intrigue principale et de perdre une partie des spectateurs en cours de route. Surtout à raison d’un épisode par semaine, une tradition chez HBO. Visiblement sûrs de leur coup, Mazin et Druckmann n’ont pas peur de dérouter puisque dès le troisième épisode, ils développeront une love story bouleversante autour d’un personnage secondaire du jeu vidéo.

Si les quatre premiers épisodes que nous avons pu découvrir recèlent des moments d’action pure – et les visions d’horreur qui vont avec – cette approche romanesque rappelle par moments celle d'une autre saga post-apocalyptique, The Walking Dead, dont la série principale vient de s’éteindre après 11 saisons inégales. The Last Of Us partage d’ailleurs le même pessimisme sur l’évolution des relations humaines, dans une société où la catastrophe sanitaire aurait réveillé les vieux démons du totalitarisme. Aura-t-elle la même espérance de vie ? Wait and see… 


Jérôme VERMELIN

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