Jamie Foxx, Diddy, Axl Rose… Pourquoi les plaintes pour agression sexuelle contre les stars se multiplient à New York

Publié le 24 novembre 2023 à 13h39, mis à jour le 24 novembre 2023 à 17h04

Source : Sujet TF1 Info

De nombreuses célébrités font l’objet de plaintes pour agressions sexuelles depuis quelques heures dans l’État de New York.
C’est la conséquence d'une loi locale qui donnait un an aux victimes présumées pour se manifester devant les tribunaux.
Le maire démocrate de la ville Eric Adams figure lui aussi parmi les personnalités mises en cause avant la date limite.

Les acteurs Jamie Foxx et Cuba Gooding Jr, le rockeur Axl Rose, le rappeur-producteur Diddy… Une vague sans précédent de plaintes pour agressions sexuelles s’est abattue ces derniers jours à New York sur plusieurs personnalités en vue. Maire de la ville depuis deux ans, le Démocrate Eric Adams figure lui aussi dans cette liste spectaculaire qui est le fruit d’une loi inédite : le New York Adult Survivor Act.

Jusqu’en 2019, les victimes présumées d’agressions sexuelles avaient trois ans pour déposer plainte au civil dans l’Etat de New York. Dans la foulée du mouvement #MeToo et de la libération de la parole, les associations de défense des victimes ont obtenu que la prescription soit étendue jusqu’à 20 ans. Sauf qu’elle n’était pas rétroactive. 

Plus de 2500 plaintes en un an

Au printemps 2022, la gouverneure démocrate Kathy Hochuls a donc accepté de voter le New York Adult Survivor Act, une loi ouvrant une fenêtre d’un an, du 24 novembre 2022 au 24 novembre 2023, pour se manifester devant les tribunaux et porter plainte. Elle s’inspirait d’un texte similaire qui a permis le dépôt de 11.000 plaintes pour agressions sexuelles sur mineurs entre août 2020 et août 2021.

Pour les plaignants, la fenêtre s’est donc refermée il y a quelques heures. Et à moins d’un accord financier comme celui passé par Diddy avec la chanteuse Cassie la semaine dernière, les procès à sensation pourraient se multiplier dans les prochains mois. Le rappeur lui-même pourrait être concerné puisqu’une deuxième plainte a été déposée jeudi par une femme qui affirme avoir été droguée et violée par la star lorsqu’elle était étudiante, en 1991. Vendredi, TMZ faisait état d'une troisième plainte pour des faits remontant à la même période.

Une loi qui a permis de condamner Trump

D’après les médias américains, plus de 2500 plaintes ont été déposées en l’espace d’un an devant les tribunaux new-yorkais. La plus médiatisée à ce jour, c’est celle déposée au tout début de l’entrée en vigueur de la loi par l’ancienne journaliste E. Jean Carroll contre Donald Trump pour une agression sexuelle commise... dans la cabine d'essayage du rayon lingerie d'un grand magasin en 1996. L’ancien président a été condamné à lui verser 5 millions de dollars de dommages et intérêts en mai dernier.

La plainte déposée contre le maire Eric Adams prouve, si besoin était, que le New York Adult Survivor Act n’épargne aucun camp. La plaignante, qui préfère garder l’anonymat pour le moment, dénonce des faits remontant en 1993 lorsqu’ils travaillaient tous les deux pour la ville de New York. Elle réclame la tenue d’un procès et 5 millions de dollars de dommages et intérêts. "Je ne ferais jamais de mal à quelqu'un. Cela n'a pas eu lieu", a sobrement réagi l’édile.

Si les accusations contre les célébrités du showbiz et les personnalités politiques de premier plan font les gros titres des médias, et passionnent le grand public, la plupart des plaintes déposées ces derniers mois concernent l’État de New York lui-même. Et le système carcéral en particulier puisque la moitié proviennent de femmes qui affirment avoir été violées lorsqu’elles purgeaient une peine de prison.


Jérôme VERMELIN

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