VIDEO - Ghislaine Arabian dans "Sept à Huit" : "Il m’aurait fait taire par n’importe quel moyen"

Amandine Rebourg
Publié le 17 avril 2016 à 20h40
VIDEO - Ghislaine Arabian dans "Sept à Huit" : "Il m’aurait fait taire par n’importe quel moyen"

VIOLENCES CONJUGALES – L’ex-juré de Top Chef sur M6, Ghislaine Arabian a été une femme battue. Dans "Sept à Huit", elle raconte sa nuit d’horreur et espère que son témoignage poussera les femmes violentées à porter plainte, elles aussi.

Ghislaine Arabian est l’un des visages les plus connus des émissions culinaires. Depuis près de deux ans, elle accuse son ex-compagnon de l'avoir frappée. Des coups d’une violence rare et inédite pour cette figure de la gastronomie.

Le bilan est lourd : une vertèbre cassée et le bassin fêlé. Quelques mois plus tard elle porte plainte : son ex-compagnon est relaxé au bénéfice du doute. Elle décide de faire appel. Pour "Sept à Huit", elle raconte cette nuit de cauchemar, la violence des coups ainsi que la douleur physique et le sentiment de culpabilité qui l’a envahie.

La nuit où tout a basculé... 

Une soirée, censée être comme les autres mais qui a tourné au cauchemar. Ce soir-là, Ghislaine Arabian rentre chez elle, tard. "Je l’ai trouvé très très énervé (…) D’un seul coup, il s’est retourné et m’a giflée violemment. Je suis tombée, il m’a attrapée par les cheveux et il m’a tapé dans la jambe gauche (…) J’ai croisé son regard, je le connaissais depuis seize ans. J’avais jamais vu ce regard-là. C’était un regard de folie mais déterminé. Je sentais qu’il m’aurait fait taire par n’importe quel moyen et j’ai eu peur", raconte-t-elle, la voix pleine de sanglots. 

Les coups se poursuivent. Elle raconte : "j’ai descendu les escaliers (ils habitaient dans un duplex, ndlr), il m’a rattrapée, soulevée et cognée contre la porte blindée. J’ai entendu et senti un craquement et il m’a laissée tombée, là. J’ai eu une douleur que j’avais jamais ressentie auparavant. Il a appelé un de nos très bons amis, en disant 'j’ai fait une connerie, faut que tu montes tout de suite'". Leur ami arrive, souhaitant appeler les pompiers. Ghislaine Arabian refuse, prise d'un sentiment de culpabilité en pensant aux conséquences. "J'ai pensé à son affaire à lui, pas à moi, je suis partie dans un déni total", confie-t-elle. 

Le lendemain, elle est prise en charge aux urgences, le diagnostic tombe : une vertèbre cassée et "le bassin pas trop trop bien". Elle raconte au personnel hospitalier être tombée dans les escaliers.

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De retour chez elle avec un corset qu’elle doit porter nuit et jour durant deux mois et demi, Guylaine Arabian continue de vivre avec l’homme qui l’a frappée durant neuf mois. "Il a continué à être aussi gentil qu’il l’était avant, c’est horrible ! On trouve des excuses à l’autre, c’est aberrant". La vie en commun reprend durant neuf mois "parce que l'autre est gentil", explique la chef.

Puis tout s'est fait par étapes. Un jour, elle constate que les affaires de son ancien conjoint ont disparu de l'appartement qu'ils partageaient. Elle poursuit : "je n’ai jamais eu de nouvelles (...) J’ai eu un sentiment de soulagement. Comme si je reprenais ma vie en main. Je me suis retrouvée seule, à la maison". C'est après avoir révélé sa terrible histoire à une amie que Ghislaine Arabian décide de porter plainte. 

Une plainte pour comprendre et avoir une explication 

Une démache difficile car pour elle, c'était "revendiquer son statut de femme violentée". Elle reconnait que s'il ne l’avait pas quittée, elle n’aurait jamais porté plainte "parce qu’on a l’impression que tout va s’arranger". Un sentiment de culpabilité ne la quittait pas : "en fait, c’était de ma faute", pensait-elle.

Jugé en correctionnel en novembre pour des violences "ayant entraîné trente jours d'incapacité totale de travail", l'homme a finalement été relaxé en janvier dernier au bénéfice du doute mais la chef doublement étoilé a fait appel car elle veut "la vérité", dit-elle. Elle veut des réponses à ses questions, "une explication que je n’avais pas eu", explique-t-elle.

Aujourd'hui, dans l'attente de l'appel, elle est consciente que cette affaire est "parole contre parole" et qu'elle peut perdre. "Si je perds en appel, c’est pas grave parce que je serais allée au bout de ce que je voulais. Il m’a rendu un service en partant (...) Je l’ai revu le jour du procès et je me suis demandé ce que j’avais fait avec cet homme durant toutes ces années", s'est-elle dit. 


Amandine Rebourg

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