"Si la culture reste silencieuse, elle contribue au mal" : le message de Volodymyr Zelensky à la Berlinale

Publié le 17 février 2023 à 11h06, mis à jour le 17 février 2023 à 11h19

Source : TF1 Info

Le président ukrainien a pris la parole jeudi soir lors de la cérémonie d'ouverture de la 73ème Berlinale.
Comme à Cannes et à Venise, il a encouragé le monde du cinéma à prendre position face à l'invasion russe.
À Berlin, l'ancien comédien devenu chef de guerre est à l'honneur dans "Superpower", documentaire de Sean Penn dévoilé ce samedi.

C'est devenu un rituel, aussi insolite que symbolique. Après Cannes et Venise l’an dernier, Volodymyr Zelensky a pris la parole jeudi soir lors de la cérémonie d’ouverture de la Berlinale. "La culture et le cinéma peuvent être en dehors de la politique. Mais pas quand il s'agit d'une politique d'agression", a estimé le président ukrainien dans une intervention diffusée sur écran géant. "Pas quand il s'agit d'une politique de crimes de masse, de meurtres, de terreur, du désir de détruire les autres pays et les autres peuples. Quand il s'agit d'une politique de guerre totale comme l'est celle de la Russie aujourd'hui."

"Dans ces temps, l'art ne peut pas être neutre", a poursuivi le chef d'État sous les yeux de la comédienne américaine Kristen Stewart, présidente du jury de la Berlinale cette année. "Si la culture reste silencieuse, elle contribue au mal", a-t-il insisté. "Maintenant, il y a des milliers de kilomètres entre nous. Mais nous sommes côte-à-côte. Nous parlons différentes langues, mais nous nous comprenons complètement. Seule une frontière virtuelle nous sépare. Mais il n'y a pas de mur entre nous."

Pas de films russes à Berlin

Au cours de son intervention, Volodymyr Zelensky a également salué la décision des organisateurs de la Berlinale de ne pas retenir de film soutenu par la Russie dans sa sélection. "La Berlinale a fait un choix. Les institutions et les personnes soutenant le Kremlin et les films réalisés avec le soutien de la Russie ne sont pas admis dans ce festival cette année. Nous apprécions et en sommes reconnaissants. Ceci est vraiment important."

En mai dernier, la présence sur la Croisette du réalisateur russe Kirill Serebrennikov avait été dénoncée par des représentants du cinéma ukrainien, quand bien même ce dernier avait quitté son pays aux premières heures du conflit en signe de protestation. "Rester dans le pays, c’était une manière de légitimer la guerre", a-t-il confié à TF1info il y a quelques jours, à l’occasion de la sortie de La Femme de Tchaïkovski, son dernier film tourné en Russie.

À la Berlinale, Volodymyr Zelensky sera lui au cœur de Superpower, un documentaire que Sean Penn, présent jeudi soir, dévoilera en avant-première mondiale samedi. En Ukraine, lors de l’invasion russe, l’acteur et réalisateur américain de 62 ans y est retourné à plusieurs reprises depuis, se liant d’amitié avec le président auquel il a prêté l’un de ses Oscars en guise de porte-bonheur. Un soutien qui lui vaut désormais l’interdiction d’entrer sur le territoire russe.

Tout juste de retour d'un séjour à Kiev, la star d'Harvey Milk et de Mystic River a témoigné sur scène de l'état d'esprit des Ukrainiens qui selon lui n'a "pas changé" depuis l'invasion russe, il y a désormais plus d'un an. "Leur volonté est simplement renforcée", a-t-il lancé, visiblement ému. "Il y a une extraordinaire solidarité et une unité qui devraient tous nous inspirer."


Jérôme VERMELIN

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