Hayden Christensen ("Obi-Wan Kenobi") : "Dark Vador ne m’a pas quitté toutes ces années"

Publié le 26 mai 2022 à 15h38

Source : Sujet TF1 Info

17 ans après "La Revanche des Sith", l’acteur canadien replonge dans l’univers "Star Wars" avec la mini-série "Obi-Wan Kenobi" dès le 27 mai sur Disney+.
Il parle de ses retrouvailles avec le costume noir et le célèbre masque comme d’une "expérience cathartique" .
Celle d’un jeune quadragénaire qui retrouve les lumières de Hollywood après leur avoir tourné le dos volontairement.

Elle se souvient très bien de la première fois où le héros culte est arrivé sur le plateau. "Il fait presque deux fois ma taille, il est imposant. À ce moment-là, je me suis dit : 'Je dirige Dark Vador'. C'était intense", nous raconte la réalisatrice Deborah Chow. Mais peut-être pas autant que pour l’homme derrière le masque, qui ne l’avait pas enfilé depuis 17 ans. "C’était une expérience très émouvante. Le simple fait d’enfiler à nouveau le costume a fait remonter beaucoup de sentiments chez moi. Parce que ce personnage ne m’a pas quitté toutes ces années. C’était très cathartique à bien des égards", nous explique Hayden Christensen, un grand sourire aux lèvres.

Évidemment que ça devait être Hayden dans ce rôle. Ça faisait d’autant plus sens qu’Ewan McGregor revenait aussi
Deborah Chow, réalisatrice d'"Obi-Wan Kenobi"

Il est à Londres, nous à Paris. Le temps ne semble pas avoir eu d’emprise sur celui qui, à 41 ans, redevient l’effrayant méchant de l’univers Star Wars pour la série Obi-Wan Kenobi. Six épisodes qui viennent faire le lien entre les deux premières trilogies de la saga. "Nous sommes évidemment très liés aux prequels et particulièrement à La Revanche des Sith. Une grande partie de l’histoire que nous racontons et une grande partie du poids que porte Obi-Wan au début de la série sont liés à ce qui est arrivé à Anakin. Évidemment que ça devait être Hayden dans ce rôle. Ça faisait d’autant plus sens qu’Ewan McGregor revenait aussi", souligne Deborah Chow, également showrunner de cette aventure inédite dans une galaxie très, très lointaine.

Hayden Christensen n’a que 19 ans quand George Lucas lui offre le rôle de sa vie. Au tournant des années 2000, il fait de lui son Anakin Skywalker. Le public le verra tomber amoureux de Padmé (Natalie Portman) dans l’épisode 2, L’Attaque des clones, avant de le voir sombrer du côté obscur dans l’épisode 3, La Revanche des Sith. Les deux films sont tournés en Australie, de quoi rapprocher le jeune padawan et son maître Jedi. "On était si proches", se souvient Ewan McGregor en conférence de presse. "On était tous les deux loin de chez nous, on a eu tellement de temps pour préparer nos scènes de combat. Et comme on était si loin de chez nous, on a aussi passé beaucoup de temps ensemble en dehors du travail", ajoute l’acteur écossais qui interprète Obi-Wan Kenobi.

LucasFilms

Les sorties en salles en 2002 et 2005 s’accompagnent de violentes critiques. Si Ewan McGregor encaisse sans broncher, Hayden Christensen est plus touché. Il continue à tourner. Mais pas autant qu’il aurait pu le faire. Il se réveille en pleine opération du cœur dans Awake (2007), essaie de braquer une banque avec Paul Walker dans Takers (2009) ou se téléporte dans Jumper (2008). Sur le tournage, il rencontre l’actrice Rachel Bilson avec qui il aura une petite Briar six ans plus tard. Le couple se sépare, lui se fait plus discret à l’écran et sur les tapis rouges. 

Il s'est installé dans une ferme au Canada

Inspiré par "le sens de la paix et de l’évasion" ressenti lors de ses séjours au Skywalker Ranch de George Lucas, il quitte Hollywood pour acheter une ferme dans son Canada natal. "J’ai vraiment appris à apprécier l’ensemble de cet environnement et de ce mode de vie. J’ai pris quelques animaux, je me suis occupée de moutons, de cochons et de poulets pendant un petit moment", révèle-t-il à Entertainment Weekly. "Je suis passé par des périodes où j’ai été très concentré sur mon travail en tant qu’acteur, et d’autres où j’ai voulu faire d’autres choses qui n’étaient pas nécessairement destiné à l’attention du grand public", insiste-t-il.

Pilier d’une saga où le pouvoir est partout, Hayden Christensen n’a pas de mal à reconnaître celui que la franchise a exercé sur lui. "Star Wars a eu un impact incroyable sur ma vie, évidemment professionnellement mais aussi personnellement. Je ne peux pas vous dire ce que ça représente pour moi d’avoir joué ce personnage, d’avoir travaillé avec les gens avec qui j’ai travaillés. Ça m’a façonné de bien des façons. Je suis très reconnaissant de mon implication dans cet univers", nous dit-il. Quand on lui demande s’il a eu peur de s’engager à nouveau, il répond d’un "non" franc. "Non, j'étais vraiment excité. J'ai passé un moment tellement exceptionnel quand nous faisions les prequels, j’ai vu ça comme une incroyable opportunité", assure-t-il.

Deborah Chow confirme que ça n’a pas été difficile de le convaincre. La réalisatrice, déjà aux manettes de deux épisodes de The Mandalorian, est allée à sa rencontre pendant la phase de développement pour lui donner sa feuille de route. "Ce qui était intéressant pour moi et pour lui, c’est qu’on traite de ce personnage à un moment différent de sa vie. Ce n’est pas le même que dans les prequels ni dans l’épisode IV", détaille-t-elle. Obi-Wan Kenobi s’ouvre dix ans après La Revanche des Sith. Devenu Dark Vador, Anakin n’est plus et cherche à éliminer les derniers Jedi dont son ancien mentor qui vit caché. "Il est dans un état physique et émotionnel très sombre. Il y a beaucoup de choses à explorer. Et c'était très amusant pour moi de le faire", sourit Hayden Christensen sans rien nous dire de plus de l’intrigue.

Il a juste fallu enlever un peu de rouille mais mon ancienne gestuelle de Jedi m’est revenue vite
Hayden Christensen

Car lui n’apparaît pas dans les rares bandes-annonces distillées par Disney avant la diffusion des deux premiers épisodes de la série le 27 mai. Hayden Christensen acquiesce quand on compare le sabre laser au vélo. Même après deux décennies sans le manier, ça ne s’oublie pas. "C’est un peu ça oui", admet-il. "Il a juste fallu enlever un peu de rouille mais mon ancienne gestuelle de Jedi m’est revenue vite", glisse-t-il. Il s’est entraîné avec une spécialiste du mouvement de Dark Vador pour se réapproprier "sa façon de marcher, de tourner" si spécifique. Mais se refuse à nous confier s’il a aussi travaillé sa voix. 

Hayden Christensen et Ewan McGregor à Londres pour la promotion de la série "Obi-Wan Kenobi".
Hayden Christensen et Ewan McGregor à Londres pour la promotion de la série "Obi-Wan Kenobi". - Stillmoving.net for Disney

Ce souffle grave, qui a dépassé l’univers Star Wars pour entrer dans l’inconscient collectif, sera-t-il le sien ou toujours celui de James Earl Jones, 91 ans aujourd’hui ? La première option nous paraît la plus logique. Car sinon, pourquoi faire appel à lui ?  S'il nous confesse ne pas savoir ce qui l'attend ensuite, Hayden Christensen est déjà annoncé au générique de la nouvelle série Star Wars Ashoka avec Rosario Dawson. Signe que la Force est plus que jamais avec lui.

>> Obi-Wan Kenobi - deux épisodes le 27 mai puis un épisode tous les mercredis jusqu'au 22 juin sur Disney+


Delphine DE FREITAS

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