Michel Houellebecq s’exprime pour la première fois depuis que la Grande Mosquée de Paris a annoncé son intention de porter plainte contre lui.
Cette dernière l’accuse "d’attiser les discours discriminatoires" à l’encontre des musulmans dans un entretien paru dans la revue "Front Populaire".
L’auteur de "Soumission" lui répond ce jeudi, non sans ironie, dans un texte adressé à nos confrères de l’hebdomadaire "Le Point".

Michel Houellebecq assume. Coutumier des déclarations chocs sur l’Islam, qu’il avait déjà qualifié de "religion la plus con" en 2001, l’écrivain sulfureux de 66 ans fait de nouveau polémique depuis la parution, en novembre dernier, d’un entretien croisé avec le philosophe Michel Onfray dans la revue politique de ce dernier, Front Populaire.

"Le souhait de la population française de souche, comme on dit, ce n’est pas que les musulmans s’assimilent, mais qu’ils cessent de les voler et de les agresser. Ou bien, autre solution, qu’ils s’en aillent", y déclarait notamment l'auteur de La Carte et le Territoire, prix Goncourt 20110, avant de prédire "des Bataclan à l’envers" quand "des territoires entiers seront sous contrôles islamiques".

"Provocation à la haine contre les musulmans"

Des propos jugés inacceptables par la Grande Mosquée de Paris qui a annoncé, dans un communiqué diffusé le 28 décembre, sa volonté de porter plainte contre leur auteur "pour provocation à la haine contre les musulmans". "Ces phrases lapidaires de Michel Houellebecq sont inacceptables et d’une brutalité sidérante", écrivent ses dirigeants. "Elles ne visent pas à éclairer un quelconque débat public mais à attiser les discours discriminatoires, et donc les actes."

Une semaine plus tard, l’écrivain réagit dans un texte adressé à nos confrères du Point. Ironique, il débute en estimant que la Grande Mosquée "est en progrès" puisqu’elle l’avait attaqué pour "provocation à la haine raciale" en 2001 avant qu’il soit relaxé par la justice. "C’est idiot, tout le monde sait que la religion n’est pas une race mais une religion à visée universelle répandue partout dans le monde", observe-t-il.

J’avais relu intégralement le Coran au moment où j’écrivais "Soumission", ça m’avait suffi
Michel Houellebecq dans "Le Point"

Plus de 20 ans après, le voilà "accusé d’islamophobie, ce qui est davantage pertinent", s'amuse-t-il. "L’islam est une religion qui ne m’inspire guère de considération, dans une certaine mesure, je plaide donc coupable ; à condition d’ajouter que je suis islamophobe à temps partiel. De fait, l’islam m’intéresse peu. J’avais relu intégralement le Coran au moment où j’écrivais Soumission, ça m’avait suffi", ajoute-t-il en référence à son roman de 2015 où il imaginait l'entrée à l'Élysée d'un président musulman.

À propos des "Bataclan à l’envers" qui pourraient être perpétrés dans un futur proche, Michel Houellebecq ne change pas d’avis. "Lorsqu’une enclave islamiste se sera créée, encore peuplée par quelques "gaulois" et même par quelques juifs très courageux ou très pauvres, alors je pense en effet que des actes de résistance auront lieu – c’est-à-dire des actes terroristes, parce que la résistance, c’est ça", estime-t-il.

Plus loin, l’écrivain persiste et signe à propos de l’assimilation des populations musulmanes. "On pourra dénoncer les amalgames pendant des années, ça ne les empêchera pas de se reproduire", assure-t-il. "Un amalgame, c’est-à-dire un passage du particulier au général, est clairement une faute logique. Mais chez le souchien moyen traumatisé par différents assassinats atroces, conscient des statistiques de la délinquance et des viols, il ne s’agit pas de raisonnements logiques mais de réflexes de protection."


Jérôme VERMELIN

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