Justine Triet oscarisée pour le scénario d’"Anatomie d’une chute" : "C’est un tel honneur"

Publié le 11 mars 2024 à 6h12

Source : TF1 Info

Dans la nuit de dimanche à lundi, la réalisatrice française a mis un terme à son incroyable aventure hollywoodienne avec un trophée supplémentaire, sans doute le plus prestigieux.
Elle a reçu avec son compagnon, Arthur Harari, l’Oscar du meilleur scénario pour son film "Anatomie d'une chute", déjà lauréat de la Palme d’Or à Cannes en mai.
"Je suis tellement heureuse", a-t-elle réagi peu après en salle de presse.

Elle parle elle-même d’une "année folle". Ou comment ces derniers mois l’ont menée de la Croisette à Los Angeles, à chaque fois les bras remplis de récompenses. C’est simple, Justine Triet aura brillé dans toutes les cérémonies dans lesquelles elle était nommée avec son film. Anatomie d’une chute, c’est notamment une Palme d’or suivie d'une polémique, six César, un Bafta au Royaume-Uni, deux Golden Globes et désormais un Oscar aux États-Unis. 

Un ultime prix décroché dans la nuit de dimanche 10 à lundi 11 mars devant le tout Hollywood lors de la 96e cérémonie des Oscars, où son œuvre était nommée à cinq reprises. Alors la cinéaste française était peut-être encore plus émue au moment de recevoir la statuette dorée du meilleur scénario avec son co-auteur et compagnon, Arthur Harari. "C’est un tel honneur", a-t-elle assuré.

Ça va m’aider à traverser la crise de la quarantaine.
Justine Triet

"Ça va m’aider à traverser la crise de la quarantaine", s’est aussitôt amusée celle qui a insufflé un peu de son humour dans chacun des discours qu’elle a prononcés lors de cette intense saison des prix outre-Atlantique. Partie en campagne avec Neon, le distributeur américain de son thriller judiciaire, Justine Triet était venue aux Oscars entourée d’une grande partie de son équipe d’acteurs. Les spectateurs auront reconnu dans la salle du Dolby Theatre de Los Angeles Sandra Hüller, citée pour le prix de la meilleure actrice, Swann Arlaud, Antoine Reinartz et le jeune Milo Machado-Graner. Même le chien Messi avait fait le déplacement, n’échappant pas aux caméras de la retransmission télévisée.

"C’est très glamour ce soir, ça contraste avec le début de ce film, a rappelé Justine Triet en anglais. Nous étions à la maison, enfermés, avec nos deux enfants. On les a mis devant des dessins animés pour avoir la paix. Il n’y avait pas de séparation entre l’écriture et les couches". Arthur Harari, lui, a longuement remercié Marie-Ange Luciani et David Thion, les producteurs qui leur ont laissé une "indépendance et une liberté totale" pour travailler. "C’était la seule manière pour nous de faire ce film", a-t-il insisté.

On peut exister aussi en faisant des films totalement différents.
Justine Triet

Face aux journalistes, quelques instants après la victoire, Justine Triet a rappelé que cet Oscar "représentait beaucoup". "Se retrouver ici aujourd’hui à côté d’énormes productions, c’est quelque chose d’extrêmement joyeux pour les gens qui font du cinéma, de se dire qu’on peut exister aussi en faisant des films totalement différents", a-t-elle déclaré, "tellement heureuse" aussi de voir que les films "traversent les frontières". Le sien "parle du couple, de ce que c’est de vivre ensemble, de deux personnes de nationalités différentes". Des thématiques universelles qui ont su séduire le plus grand nombre.

Anatomie d’une chute aurait peut-être pu en glaner une deuxième statuette si la commission chargée de sélectionner le représentant français pour l’Oscar du meilleur film international ne lui avait pas préféré La Passion de Dodin Bouffant, qui n’a pas été nommé au final.

Si le chapitre se referme pour Justine Triet, ce n’est certainement pas la fin de son rêve américain. La réalisatrice a rejoint le mois dernier George Clooney, Meryl Streep et Jennifer Lawrence au sein de la Creative Artists Agency, parmi les plus puissantes agences de talents de l’industrie du cinéma américain.


Delphine DE FREITAS

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