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VIDÉO - "On a le devoir d’être content de vivre" : les leçons d'Olivier de Kersauson dans "Sept à Huit"

par La rédaction de TF1info | Interview Sept à Huit : Audrey Crespo-Mara
Publié le 8 janvier 2023 à 22h31, mis à jour le 9 janvier 2023 à 9h57
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Source : Sept à huit

Navigateur de tous les records et écrivain, Olivier de Kersauson partage, à 78 ans, sa toujours implacable soif de vivre.
Il a répondu aux questions d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit" ce dimanche, une interview à retrouver ici en replay.

Il est de ces vieux loups de mer qui vous jugent au premier coup d’œil. Misanthrope jovial, marin d’exception, homme d’esprit aux bons mots légendaires, le navigateur et écrivain Olivier de Kersauson pose un regard sans concession sur notre époque face à Audrey Crespo-Mara, dans le "Portrait de la semaine" de Sept à Huit à retrouver en tête d'article.

Un amour pour la mer et la solitude

Après avoir navigué pendant quarante ans sur tous les océans du monde, le marin a jeté l’ancre à Tahiti depuis 17 ans. Sur cette île, il apprécie la solitude, au même titre que celle qu'il retrouvait en mer, lors de la dizaine de tours du monde qu'il a réalisés dans sa vie. "J'ai toujours un peu rêvé ça, d’être seul... la mer isole aussi, c'est ça qui est formidable", décrit-il, "le monde maritime vous enferme, vous capture, vous isole. Vous vous retrouvez avec vous, votre projet, votre âme, vos émotions."

Au point que si ces moments de plénitude en mer lui étaient enlevés, Olivier de Kersauson avoue volontiers qu'il ne lui resterait pas grand-chose. "Aujourd’hui, à 78 ans, quand je réfléchis, j’étais fait pour ce que j’ai fait, c’est une chance. J’y étais parfaitement heureux", confie-t-il.

Le discours écologiste m’a un peu agacé

Olivier de Kersauson

C'est cet amour de la mer et de la nature qui lui permet de porter un regard sévère sur les militants écologistes et la façon dont ils mènent leur combat aujourd'hui. "Le discours écologiste m’a un peu agacé parce que les gens deviennent la pancarte qu’ils brandissent. Ils n’ont jamais rien été avant. Ils existent parce qu’ils disent non à ceci, non à cela", estime-t-il. "Et en même temps, ils sont utiles parce que cette nature ne peut pas encaisser tout le temps les blessures qu’on lui fait. Donc c’est parfois le modus operandi qui m’énerve, et puis aussi la sensation qu’ils vous parlent de la nature sans la connaitre", juge-t-il encore.

Olivier de Kersauson appelle également à réagir face à la détresse des migrants. "On ne peut pas laisser des gens comme ça mourir dans la mer, c’est honteux, ça n’a pas de sens", souligne-t-il, ajoutant : "Avec les conditions climatiques qui se détériorent, nous serons peut-être les migrants qui iront ailleurs. Je crois qu’il est temps de faire table rase de nos préjugés et de prendre à bras le corps quelque chose qui est très significatif de l’époque dans laquelle on vit."

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À 78 ans, l'écrivain avoue également être marqué par les chagrins qui ont jalonné sa vie. "Perdre les gens qu’on aime, pour moi, c’est un truc horrible. J’ai perdu beaucoup de gens que j’ai aimés, des parents, des frères, des sœurs. La mère de mon fils. L’amour, c’est dégueulasse quand même, c’est la fin du merveilleux de l’autre, c’est une lumière qui s’éteint et moi, j’ai toujours trouvé ça triste." Pour autant, il partage encore une implacable soif de vivre. "Puisqu'on est encore vivant, on a un devoir de vivre, d'être actif, combatif, de bonne humeur. On a le devoir d’être content de vivre", résume-t-il.


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