Interview

VIDÉO - Lillian a secoué "The Voice" : "Quand je me suis réincarné, j’ai dû rester dans l’ancien temps"

Publié le 24 février 2024 à 23h50

Source : The Voice

Sensation de la troisième session d’auditions à l’aveugle ce samedi 24 février, le Mosellan de 18 ans nous a offert un incroyable moment suspendu.
Ce fan ultime d’Edith Piaf a sidéré les coachs autant par sa prestation que par son honnêteté rafraîchissante.
Lui qui trouve son bonheur dans les tubes du passé nous raconte avec humour l’origine de son amour pour une époque qu’il n’a pas connue.

Il est l’incarnation même du concept de l’émission. Ce n’est pas nous mais Zazie qui le dit. "Là, on est dans 'The Voice'", lâche-t-elle après avoir découvert le talent qui se cachait derrière cette interprétation habitée de "Mon légionnaire" de la Môme Piaf. Une chanson incontournable qu’a fait sienne Lillian, un étudiant infirmier de tout juste 18 ans aux goûts musicaux bien éloignés de ceux des jeunes de son âge.

Dans sa vaste collection de disques allant de 1920 aux années 1970, Piaf côtoie aussi bien Georges Brassens que Sylvie Vartan. 

"Ce n’est pas ringard les vieilles chansons. La musique n’a pas d’âge, il faut savoir comment l’écouter et comment la ressentir", glisse-t-il. Si seuls Mika et Zazie se sont retournés, tous les coachs ont été soufflés par sa personnalité détonante. Vianney assure d’ailleurs qu’il est "l’un des plus libres" que "The Voice" n’ait jamais auditionnés. Tout ça valait bien un coup de fil au jeune homme originaire de Thionville, en Moselle.

undefinedundefinedPhilippe Leroux / Bureau233

D’après Mika, il n’y a "jamais eu quelqu’un comme vous" dans "The Voice". Vous vous cachiez où pendant tout ce temps ?

(rires) J’étais caché dans ma chambre avec toutes mes vieilles choses. Je n’osais pas trop me montrer parce que des fois, ça ne passe pas partout. J’ai su accepter être différent et le montrer ouvertement.

Comment êtes-vous arrivé dans l'émission ? 

Plus jeune, j’ai postulé à "The Voice Kids". Mais j’ai mué et ils avaient quelqu’un avec un peu le même univers. Ils m’ont dit que ce serait pour une prochaine fois. Je n’ai pas trop relancé puis l'an dernier, j’ai participé au concours Les Cordes aux voix à Grenoble. Bruno Berberes, le directeur de casting de l’émission, a assisté à la finale. Il nous a dit que le casting de la prochaine saison était bouclé mais qu’ils pouvaient repêcher des gens en cas de coup de cœur. En sortant de scène, il m’a dit : "Jeudi, on te voit à Paris". Après, tout s’est enchaîné.

Je pense que pour faire un bon futur, il faut de bonnes bases et les bonnes bases, c’est le passé.
Lillian

Votre grand-père vous a fait découvrir la musique en commençant par Georges Brassens. C’est avec lui que vous avez démarré votre impressionnante collection de 10.000 disques ?

J’ai commencé avec ceux que j’ai récupérés de mon grand-père et de mon arrière-grand-père. Le 45 tours le plus vieux que possède mon grand-père date de 1962. Sa mère lui a acheté quand il avait 10 ans, c’était "La vie en rose", "L’hymne à l’amour", "L’accordéoniste" et "Les trois cloches" d’Edith Piaf. Il m’a amené une autre mallette qui contenait tous les 33 tours de Georges Brassens, son chanteur préféré. Il avait le bouquin avec les paroles, il a commencé par me faire écouter "Quand je pense à Fernande…". J’ai tout de suite accroché à ses textes provocateurs. Puis j’ai fouillé et j’ai découvert Jacques Brel, Tino Rossi… Quand j’ai épuisé son stock, je suis allé faire les brocantes dès l’âge de 8-9 ans et je continue depuis. Le son est tellement plus authentique avec les vieux appareils. Les platines modernes, je n’en veux pas ! 

Parmi tout le répertoire d’Edith Piaf, pourquoi choisir "Mon légionnaire" ?

Parce que c’était mon premier 78 tours. Il faisait partie de la collection personnelle d’un antiquaire que j’ai rencontré quand j’avais 9-10 ans. J’y suis retourné le lendemain et sa femme lui a dit : "Non, mais tu n’as pas donné celui-là ? C’est mon préféré !" Elle l’engueulait, lui il était content de l’offrir "à un petit jeune passionné". Je continue à voir Roland et Marie-Thérèse tous les mercredis, ils ont plus de 80 ans maintenant. Je les aide pour le jardin et pour le ménage.

Votre mère dit quelque chose de très beau : "Il est comme nostalgique d’une époque qu’il n’a pas vécue". Comment vous l’expliquez, cet amour du passé ?

Je pense que quand je me suis réincarné, j’ai dû rester dans l’ancien temps (rires). J’adorais aller faire des brocantes avec ma grand-mère, que j’ai perdue à l’âge de 6 ans. J’attendais toujours la fin pour aller voir toutes les petites mémés sur leurs stands. Elles finissaient toujours par me donner ce qui me plaisait comme j’avais une gueule d’ange (rires). J’ai toujours été attiré par les vieilles choses. On a une maison de famille qui appartenait à mes arrière-arrière-grands-parents dans la Meuse. Sur les cinq générations, on a tout gardé. Les services de vaisselle, l’argenterie, le permis de conduire de 1937 de mon arrière-grand-mère... J’ai fait notre arbre généalogique, ma mère a découvert des ancêtres grâce à moi. C’est vital pour moi de connaître ces choses-là. Je pense que pour faire un bon futur, il faut de bonnes bases et les bonnes bases, c’est le passé.

Votre mère a été surprise de vous voir rejoindre l’équipe de Mika. On a l’impression que vous avez pris cette décision sur un coup de tête…

C’est exactement ça ! J’avais dit à tout le monde que je voulais Zazie à tout prix. Elle a chanté avec plein d’anciens, dont Georges Moustaki, ça m’attirait tellement. Je me suis dit : "Oh trop cool !" quand elle s’est retournée peu après Mika. Je ne voulais surtout pas Mika parce que j’étais sûr qu’il me ferait chanter de l’anglais mais il m’a dit "Non, non, ne t’inquiète pas". Je le sentais émerveillé. Je réfléchissais, je réfléchissais… Et le premier prénom qui m’est venu, c’est le sien. Il a beaucoup plus réussi à me cerner. Il a trouvé les mots qui m’ont fait me dire qu’il saurait me canaliser (rires).

Depuis votre audition à l’aveugle, votre avenir vous le voyez plutôt à l’hôpital en tant qu’infirmier ou sur scène en tant que chanteur ?

Si je pouvais choisir, je le verrais sur une scène à partager toutes ces belles choses anciennes qui ont été oubliées. C’est comme les jupons de l’Histoire. On connaît la robe mais pas ce qu’il y a en dessous. Je trouve qu’il faudrait soulever la robe pour découvrir d’anciens titres et faire quelque chose de nouveau avec.

Quel est le message que vous voulez passer en chanson ?

Je veux interpréter des chansons qui ont une histoire avec une vraie sensibilité, un texte qui dit quelque chose. Je voudrais dire que rien n’est perdu, qu’il faut toujours y croire. Que c’est en aimant qu’on apprend à s’aimer aussi. Et qu’il faut savoir se mettre dans la peau des autres de temps en temps.


Delphine DE FREITAS

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