Mathilde Seigner dit s'être assagie, mais les sujets d'actualité la font toujours réagir.
Notamment le risque de coupures de courant cet hiver.
Elle s'est livrée sans faux-semblants ce dimanche face à Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit".

Elle n'a pas la langue dans sa poche, c'est le moins qu'on puisse dire. Mathilde Seigner n'a jamais vraiment été consensuelle, mais elle s'en fiche. Elle dit souvent tout haut ce que beaucoup pensent tout bas. Ainsi, elle n'aime pas l'époque actuelle où l'on plonge les Français dans la peur. Covid, guerre en Ukraine, menaces de coupures de courant... Il faut dire que les sujets anxiogènes ne manquent pas. 

Mais cette fois, elle ne va pas se lancer dans une diatribe, comme elle aurait été tentée de le faire il y a encore quelques années. Son cuir s'est assoupli, l'âge venant. "J'ai vieilli. Je vais quand même avoir 55 ans donc quand on vieillit, on se calme. On est tout de même moins en colère qu'avant", avoue-t-elle face à Audrey Crespo-Mara dans la vidéo de "Sept à Huit" en tête de cet article. Tout en reconnaissant avoir toujours de la ressource  :"Faut pas trop me chauffer". Et on veut bien la croire.  

Je ne sais pas si monsieur Macron (...) peut me répondre. Ça se passe comment ? Tiens, dans dix minutes, on vous coupe trois heures.
Emmanuelle Seigner

Son dernier coup de gueule, ou plutôt sa dernière incompréhension : "les coupures d'électricité en France à venir". "Ça m'intrigue. Comment notre pays, la France, qui produisait de l'électricité... à profusion, va nous couper l'électricité. Comment on en est arrivé là ? Je sais qu'ils ont fermé les centrales - je crois que c'était l'ancien président d'ailleurs -  mais comment concrètement, on va nous couper l'électricité ?", interroge-t-elle. Puis, interpellant le gouvernement, elle demande : "Je ne sais pas si monsieur Macron ou quelqu'un au gouvernement, madame Borne, peut me répondre. Ça se passe comment ? Tiens, dans dix minutes, on vous coupe trois heures. Est-ce qu'il y a une loterie, une tombola ?", poursuit-elle. Et s'agaçant, elle enchaîne : "Ça me semble délirant. Carrément. Ça me semble un délire", dit-elle. 

"On s'amusait plus avant"

Ce caractère bien trempé, sa marque de fabrique en quelque sorte, elle sait aussi le mettre au service d'un rôle, comme dans son dernier film, Chœur de rockers qui sort le 28 décembre. Elle y joue Alex, une chanteuse dont la carrière peine à décoller, et qui accepte un drôle de travail : faire chanter des comptines à une chorale de retraités, alors qu'eux veulent faire du rock. Un rôle qui lui va comme un gant, elle qui se sent si proche des "vrais" gens. "J'adore. D'ailleurs, de plus en plus, en vieillissant, je vois de moins en moins de gens de mon milieu. Je me suis fait tout un groupe d'amis dans le sud et ça m'aère le cerveau", explique-t-elle. 

En fait, Mathilde Seigner ne sent pas très à l'aise avec cette époque où rien ne lui sied vraiment. "Dites-moi, parce que là je n'ai pas d'idées", ironise-t-elle. Bien sûr, l'actrice trouve "formidable" la libération de la parole des femmes, même "s'il ne faut pas qu'il y ait des dérives", mais les nouvelles technologies la rebutent, par exemple. "Je suis nostalgique de façon générale. Je suis vraiment nostalgique de Gabin, de Ventura, de Sardou, Johnny, la variété. Je trouve qu'on s'amusait plus avant. L'époque est plus dure pour les gens, accentuée par le Covid depuis trois ans. C'est que des catastrophes qu'on nous annonce tous les jours", dit-elle. 

Un anticonformisme dont l'actrice se revendique. "Toute la famille Seigner était assez rebelle. Il y avait des diners, des soirées animées, il y avait des étincelles. C'était très vivant, très rock'n roll", raconte-t-elle encore. Mais depuis la disparition de son père, Jean-Louis Seigner, mort d'un AVC il y a deux ans, Mathilde sent bien qu'il est temps de mettre la pédale douce. "Cela relativise bien les autres coups qu'on peut prendre, comme sur les réseaux sociaux, parce qu'en fin de compte, on n'en a rien à faire de ce qu'on dit de nous", conclut-elle, avouant même qu'elle pourrait arrêter le cinéma pour mieux se consacrer à sa vie, et voir grandir son fils. 


V. Fauroux | Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

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