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VIDÉO - "Je garde des vestiges de timidité" : les confidences de Pierre Niney dans "Sept à Huit"

Maëlane Loaëc | Interview Sept à Huit Audrey Crespo-Mara
Publié le 23 octobre 2022 à 21h31
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Source : Sept à huit

À 21 ans, il était le plus jeune pensionnaire à entrer à la Comédie Française, et quatre ans plus tard, le plus jeune à remporter le César de meilleur acteur.
Comédien de tous les records, Pierre Niney refuse pourtant de "se prendre au sérieux".
Il était le portrait de la semaine de "Sept à Huit" ce dimanche, une interview à retrouver ici en replay.

À 33 ans à peine, il a joué dans presque autant de films. Plus jeune pensionnaire à entrer à la Comédie Française à 21 ans, plus jeune comédien à recevoir le César du meilleur acteur quatre ans plus tard, Pierre Niney a tout du profil d'un premier de la classe. Ce travailleur minutieux, exigeant, met un point d'honneur à "raconter des histoires aux gens", une passion qui le porte depuis l'enfance. Le temps passant, il assure toutefois se débarrasser de son image de jeune prodige. "Je suis de moins en moins jeune, c'est de moins en moins exceptionnel. J'ai 33 ans, c'est d'un banal confondant", s'amuse le comédien face à Audrey Crespo-Mara, dans le "Portrait de la semaine" de Sept à Huit à retrouver en tête d'article. 

Celui qui, sur les bancs de l'école, "n'a jamais été premier de la classe", juge aujourd'hui "très important de ne pas se prendre au sérieux, de faire le pas de côté pour regarder la réalité un peu différemment". Au fil de choix de personnages éclectiques, il assume également un visage plus "déjanté". Auréolé aux Césars en 2015 pour son incarnation intense et sensible d'un couturier de renom dans Yves Saint Laurent, de Jalil Lespert, officiant plus récemment dans les sombres thrillers Goliath et Boîte Noire, Pierre Niney a aussi révélé tout son potentiel comique dans le dernier OSS 117 ou la série La Flamme. "Je suis addict au rire, aux fous rires, au fait de se moquer de plein de choses et de soi-même en premier lieu", confie-t-il.

Sur scène, il découvre un "pouvoir incroyable"

C'est d'ailleurs en faisant rire ses camarades mais aussi leurs parents que le jeune Pierre Niney, encore écolier, découvre son goût pour l'interprétation en jouant des textes de Molière. "Je me dis alors, mais quel pouvoir incroyable de raconter des histoires, d'être quelqu'un d'autre que je ne suis pas, de brouiller les pistes sur qui je suis", raconte-t-il. "Tout cela me passionnait." Une aspiration qu'avaient aussi identifiée ses parents, un père professeur de cinéma documentaire à l'École Normale Supérieure et à la Femis et une mère professeure d'arts plastiques. "Ils l'avaient senti, que ce que j'aimais, c'était raconter des histoires aux gens, parce que c'est un besoin archaïque, important, crucial, qui survivra à tout", déclare l'acteur.

De cet enfant réservé, effrayé par les activités collectives et paradoxalement bien plus à l'aise sur les planches, il garde "des vestiges de timidité" : "Même aujourd'hui, je peux aller réciter un texte devant 900 personnes sur un plateau de théâtre, mais je peux être à moitié tétanisé à l'idée d'appeler la réception d'un hôtel pour demander de l'eau", constate le jeune homme. 

Son goût pour la scène et son talent le mèneront au Cours Florent, au Conservatoire, pour décrocher la voie royale, la Comédie française, qu'il quittera au bout de cinq ans. Un pensionnat parfois mouvementé, comme lorsqu'au lendemain d'une fête, il se réveille à 14h tout juste, heure à laquelle commençait une représentation de Marivaux dans laquelle il devait jouer dès la première scène. 

"On a besoin d'être fragile et vulnérable pour pouvoir être transpercé par d'autres destinées"

Devenu depuis figure incontournable du grand écran, il est désormais à l'affiche de Mascarade, le nouveau film de Nicolas Bedos, dans lequel il interprète un gigolo amant d'une ancienne gloire du cinéma, campée par Isabelle Adjani, et amoureux d'une escorte arnaqueuse (Marine Vacth), avec qui il va monter un plan machiavélique pour s'offrir une vie de rêve. Le long-métrage donne voix à des femmes en colère contre les hommes : "j'adhère au féminisme, je n'ai grandi qu'avec des femmes qui sont libres", confie le comédien. 

Quant à son personnage lui-même, traversé de failles, il fait écho en lui-même. "On a besoin d'être fragile et vulnérable pour pouvoir être transpercé par d'autres destinées, d'autres histoires, d'autres empathies qu'on n'aurait pas eues, pour faire des films", explique Pierre Niney. "On le travaille, on le muscle cet outil." 

"J'avais une impatience brûlante à connaître plein de choses. Elle m'a tellement servie, elle a été bonne et mauvaise conseillère, mais plus bonne que mauvaise"

Pierre Niney, acteur

Autre point sur lequel le comédien travaille : se défaire de son angoisse de contrôle. "Quand j'ai commencé ce métier, ce que l'on fait me paraissait tellement crucial et important, c'était marqué à jamais dans la pellicule. Je sacralisais tellement cela que ça m'arrivait, une fois dans ma chambre, de me refaire la scène", rembobine-t-il. Un comportement "un peu maladif", mais désormais, "ça fait deux ou trois ans que je lâche, et c'est bien aussi". Avec la sérénité, "rencontrée il y a peu, ça matche très, très bien", sourit-il. Partir vivre à la campagne, avec sa femme et ses deux filles, y aura sûrement participé. 

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Acteur auréolé de récompenses, glanant des premiers rôles, mais aussi donc mari et père, Pierre Niney serait-il un homme pressé ? "Je ne le suis plus", lâche-t-il finalement, après une longue hésitation. Mais sans regretter le rythme effréné de toute sa carrière jusqu'alors. "J'avais une impatience brûlante à connaître plein de choses. Elle m'a tellement servie, elle a été bonne et mauvaise conseillère, mais plus bonne que mauvaise", lance le comédien. "Donc si c'était à refaire, je referais tout pareil."


Maëlane Loaëc | Interview Sept à Huit Audrey Crespo-Mara

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