"On devrait créer un hashtag #FermeTaGueule" : Jean Dujardin à cœur ouvert dans "Sept à Huit"

par Romain LE VERN | Interview Audrey Crespo-Mara
Publié le 12 mars 2023 à 22h18
EXCLUSIF – Il est un acteur populaire français et cela lui va bien. Jean Dujardin aurait pu faire carrière aux États-Unis. Hollywood lui a tendu les bras, mais il a tourné le dos aux productions américaines..
EXCLUSIF – Il est un acteur populaire français et cela lui va bien. Jean Dujardin aurait pu faire carrière aux États-Unis. Hollywood lui a tendu les bras, mais il a tourné le dos aux productions américaines..

Jean Dujardin était l'invité d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à huit" ce dimanche.
Une rencontre exclusive avec un acteur authentique, à l'abri des modes et des conventions, à dix jours de la sortie du film "Sur les chemins noirs", dans lequel il incarne l'écrivain-voyageur Sylvain Tesson.
Retrouvez ici le replay de cette interview.

On ne le sait pas forcément, mais Jean Dujardin aime marcher. Pas seul, comme le chantait un certain Jean-Jacques, mais à plusieurs, chaque année, plusieurs jours avec ses amis d'enfance, ses "anciens scouts" comme il les surnomme. "On a tous eu envie de se retrouver à 50 ans et de faire quelques points sur sa vie de père, de mari", raconte-t-il dans la vidéo de "Sept à Huit" à retrouver en tête de cet article, son "portrait de la semaine" mené par Audrey Crespo-Mara. 

La marche, c'est aussi une passion qu'il partage avec l'écrivain-voyageur Sylvain Tesson, qu'il incarne au cinéma. Jean Dujardin est à l'affiche de l'adaptation cinématographique de son récit, Sur les chemins noirs, qui sortira dans les salles de cinéma le 22 mars. C'est l'acteur de The Artist qui a lu le livre, avant d'incarner le rôle de l'auteur-héros sous l'égide du réalisateur Denis Imbert. 

D'autres points communs que la marche avec Sylvain Tesson ? Cette capacité à voir dans cette activité une forme de guérison qui, dit-il, "répare du grand vacarme" : "Il y a beaucoup de bruit dans cette société, ça commente beaucoup, ça parle pour tout, parfois pour rien. On devrait parfois freiner, ralentir, voire créer un petit hashtag #fermetagueule, ça ferait du bien", dit-il en plaisantant. "C'est très facultatif parfois ce qu'on entend. Que ce soit un homme connu ou inconnu, on s'en fout de son avis. J'ai toujours pensé, dans le doute, qu'il valait mieux se taire, déjà parce que tu paraissais plus intelligent, que de dire des conneries." De là à penser comme Sylvain Tesson que le progrès est une "farce" ? "C'est ce qu'il dit dans le film, il y a eu 'trop de tout', soudain. Je partage ça, il y a 'trop de tout'", ajoute-t-il. 

La fois où j'étais le plus intimidé, c'est quand j'ai rencontré Jean-Paul Belmondo
Jean Dujardin

"Trop de tout", c'est que ce que Jean Dujardin a failli avoir à un moment donné de sa carrière, il y a dix ans, au moment du triomphe de The Artist aux Oscars, lui que les Français ont adoré en comique et allaient désormais respecter en acteur "sérieux". On lui prédisait alors une carrière hollywoodienne flamboyante dans des superproductions, a fortiori lorsqu'on le voit dans des petits rôles dans Le Loup de Wall Street de Martin Scorsese, avec Leonardo DiCaprio, et dans Monuments Men, de et avec son grand copain George Clooney, qu'il définit comme "une belle âme" qui "s'intéresse aux autres" : "Il essaye en français et j'essaye en anglais, et on trouve une langue commune qui est celle de la déconne", résume-t-il. Mais rien à faire, c'est en France qu'il s'épanouit le plus. Dans du cinéma d'auteur volontiers singulier, chez Kervern et Delepine (I Feel Good en 2017) et Quentin Dupieux (Le Daim en 2019) ou encore chez Roman Polanski (J'accuse, la même année). 

Un pied de nez à ceux qui lui prédisaient une carrière fléchée, et donc prévisible, dans l'usine à rêves américaine ? Inconsciemment, oui, sans doute : "Que peut-on faire face à un fantasme ?", interroge-t-il. "La messe était dite : vous avez l'Oscar, vous devez forcément quitter ce pays." Eh bien, non : pas de grand rêve hollywoodien pour l'acteur quinquagénaire, qui refuse d'être blasé et veut toujours être guidé par ses rêves (ses parents ne le surnommaient pas "Jean de la lune" par hasard...). "La fois où j'étais le plus intimidé, c'est quand j'ai rencontré Jean-Paul Belmondo", confesse-t-il, tel l'adulte fasciné par l'acteur de son enfance. Son modèle de carrière à suivre ? Il aime être qualifié d'"acteur populaire" et, comme il le résume à raison, "populaire, c'est pas vulgaire". 


Romain LE VERN | Interview Audrey Crespo-Mara

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