Juliette Armanet était l'invitée d'Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit" ce dimanche.
La chanteuse s'est livrée avec émotion sur sa grand-mère Paulette, emportée par la maladie d'Alzheimer.
La musique était devenue leur dernier lien de communication.

Une interview émouvante. Juliette Armanet est revenue ce dimanche dans "Sept à Huit" sur le pouvoir de la musique à travers l'histoire de sa grand-mère Paulette, emportée par la maladie d'Alzheimer, à qui elle avait consacré en 2009 un documentaire intitulé Les petits enfants d'Alzheimer. Pour ne pas la laisser tomber dans l'oubli, elle l'avait filmée l'espace d'un été. 

Rongée par cette maladie "qui casse tout ce que l'on connait de l’autre", comme le dit joliment la chanteuse, Paulette avait tout oublié de sa vie. Du coup, la musique, le piano représentaient les derniers moments de partage entre la mamie et sa petite-fille. Comme si ces deux pianistes se rencontraient pour la première et la dernière fois. "Elle était en train d’oublier sa vie à elle, son identité, le fait même qu’elle ait eu des enfants", raconte Juliette Armanet dans cette interview à retrouver en replay dans la vidéo en tête de cet article et sur MYTF1. "Elle ne savait plus comment elle s’appelait, c’était un grand territoire blanc". 

Au moment de la filmer, sa grand-mère a 87 ans et elle est égarée au milieu des siens, ne reconnait plus la chanteuse. "On peut ressentir une énorme colère, une injustice", confie Juliette Armanet. "J’essayais d’accueillir qui elle était, sans chercher à lui dire : 'bien sûr que si, je suis ta petite-fille". Aussi, "convoquer ses souvenirs d’enfance l’a aidée aussi à reprendre un peu pied, à se souvenir qui elle était", explique-t-elle. "Ce n'est pas que triste, il y avait aussi de la fantaisie, des moments où l'on a beaucoup ri parce qu’elle s’est autorisée des choses qu’elle ne se serait pas autorisé avant." 

"Cela m’émeut beaucoup de voir ça"

Face à une personne que l'on regarde s'éloigner de nous, qu'est-ce qui est le plus difficile à vivre ? "Me mettre dans sa peau, s’imaginer ce qu’elle traverse", répond spontanément la chanteuse du Dernier jour du disco. "Je m’imagine deux secondes ne pas savoir qui sont les gens autour de moi, ni savoir qui je suis ni où je suis." 

Après la diffusion d’un extrait du documentaire, la chanteuse ne peut contenir son émotion : "Cela m’émeut beaucoup de voir ça, elle m’interroge comme si l'on se rencontrait pour la première fois, c’est elle qui a appris à jouer au piano à ma mère. Tous les jours, tous les matins, elle lui faisait faire ses gammes. Et, tous les jours, comme un soldat, ma mère faisait du piano tous les matins avant de partir à l’école." 

La musique, une affaire de famille et de transmission. Soit l'endroit, "le seul" où la chanteuse peut encore échanger avec sa grand-mère : "Ce qui me sidère, c’est qu’elle ne sait plus qu’elle s’appelle Paulette, mais si je fais un fa dièse au lieu d’un fa normal, elle m’engueule. Cet endroit de musique est resté son endroit de conscience absolu. Son endroit de liberté. C’est resté très cadré dans sa tête. Il reste ça dans le disque dur." Ainsi, comme le dit la chanteuse, la musique était "le seul moyen de lui faire comprendre l’amour familial."  


La rédaction de TF1info | Interview Audrey Crespo-Mara

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