Vincent Cassel, à l'affiche d'"Astérix et Obélix : L'Empire du milieu", s'est livré face à Audrey Crespo-Mara dans "Sept à Huit" ce dimanche.
Il est notamment revenu sur son lien avec son père, le comédien Jean-Pierre Cassel.
Retrouvez ici le replay de cette interview.

Longtemps, Vincent Cassel, acteur actuellement à l'affiche d'Astérix et Obélix : L'Empire du milieu, a voulu se démarquer de son père, Jean-Pierre Cassel, acteur et chanteur qui s'était rendu célèbre par ses claquettes et ses rôles dans des comédies des années 50-60, décédé en 2007 à l'âge de 74 ans. Le père était le doux Dandy qui dansait, un acteur aux semelles agiles et au physique de gentleman, révélé par les comédies de Philippe de Broca dans les années 1960. Le fils était le dur rebelle qui menaçait, parangon du jeune cinéma français des années 1990-2000 avec La haine de Mathieu Kassovitz en 1995, Dobermann de Jan Kounen en 1997, Irréversible de Gaspar Noé en 2002). Une appétence pour les films violents et extrêmes.

Cette colère, elle venait des "pensionnats" de son adolescence, admet Vincent Cassel dans l'entretien. "J'étais très vite livré à moi-même, pas là où j'avais envie d'être, un peu loin des miens. Et je pense que c'était ma manière à moi d'exprimer mon mécontentement (...) On a besoin d'amour lorsqu'on est en train de se construire et moi, je n'étais pas là où j'aurais dû être. A posteriori, on parle de colère, mais je ne me rendais pas compte à quel point j'étais en colère. J'avais l'impression d'être un mec très équilibré. Et c'est dans l'intimité, dans les couples, que l'on se rend compte qu'on n'est pas apaisé et qu'on a des réactions très impulsives. C'est l'histoire d'une vie, de se remettre de nos traumatismes de l'enfance."

L'air de menace ? "Une manière de me défendre", réplique l'acteur. "On agresse pour ne pas être agressé". À 56 ans, "on essaye" d'être plus tranquille, assure-t-il.

J'ai pris conscience qu'au moment où vos parents décèdent (...) c'est là où ils ressurgissent le plus, physiquement.
Vincent Cassel

De son vivant, Jean-Pierre Cassel ne souhaitait pas que son fils, Vincent, marche dans ses pas. En somme, qu'il ne devienne pas comédien comme lui. Mais selon Vincent Cassel, "c'est plus complexe que ça" : "On ne peut pas diriger ses enfants dans ce genre de carrière, parce que c'est tellement incertain et tellement frustrant et abîmant, surtout si ça ne marche pas", dit-il. Un métier où "on vous refuse pour la gueule que vous avez, pour ce que vous dégagez (...) Envoyer ses enfants dans ce genre de direction, ça serait assez criminel. Ce sont des directions que l'on prend à partir du moment où on a une réelle passion". 

Vincent Cassel se remémore cette anecdote, assez éloquente, sur son père : "Le jour où il a vu mon premier spectacle, il ne m'a plus jamais fait chier parce qu'il a vu que c'était un choix propre, et que je ne le faisais pas pour lui, mais que c'est un moyen pour moi de m'exprimer et d'exprimer l'énergie que j'avais en moi."

Jean-Pierre Cassel devait initialement jouer face à lui dans Mesrine (Mesrine : L'Instinct de mort et Mesrine : L'Ennemi public n°1 en 2008), mais cela n'a pas pu se faire. "Pas de regret", selon l'acteur. "C"était ma manière de me construire, on devait faire ensemble Mesrine où le personnage de Mesrine vient son père à l'hôpital et où il meurt d'un cancer. L'histoire, qui est terrible et qui montre l'humour qu'il avait, c'est que je savais qu'il n'allait pas faire long feu, je lui ai alors demandé : 'Papa, t'es sûr ? Est-ce que t'as vraiment envie de jouer le rôle d'un mec qui meurt à l'hôpital à cause d'un cancer ?". Et il m'a répondu "ça, au moins, je suis sûr de bien le jouer. Jusqu'au bout, il avait de l'humour." 

L'élégance est aussi le point commun qui lie les deux hommes. Preuve que les chiens ne font pas des chats. "L'ADN, voici le secret de l'immortalité", dit-il en souriant. "J'ai même pris conscience qu'au moment où vos parents décèdent et qu'on ne cherche plus à se démarquer d'eux, c'est là où ils ressurgissent le plus, physiquement."


La rédaction de TF1info | Propos recueillis par Audrey Crespo-Mara

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