Ce lundi, TF1 donne le coup d'envoi des "Randonneuses", une fiction drôle et bouleversante sur l'histoire de six femmes réunies par la maladie.
La comédienne et humoriste Camille Chamoux y joue le rôle de Patty, une soignante atteinte d'un cancer qui cache un lourd secret.
Retrouvez les 6 épisodes de la série en avant-première sur MYTF1 MAX.

C'est une fiction qui fait du bien. TF1 donne le coup d'envoi ce lundi des Randonneuses, une fiction bouleversante sur le cancer créé par Fanny Riedberger (à qui l'on doit le formidable Lycée Toulouse Lautrec). L'histoire un peu folle de six femmes touchées par la maladie, qui décident de partir en randonnée à l’assaut du Dôme de la Lauze, un sommet de près de 4000 mètres. Accompagnées de Tom, leur guide qui ne connaît pas la véritable raison de leur ascension, et de Pablo, un autre guide flanqué de deux cousins citadins, elles se lancent dans une folle aventure avec leurs sacs de randonnées chargés de secrets. 

Aux côtés de Clémentine Célarié, Alix Poisson, Claire Borotra, Joséphine de Meaux et Tiphaine Daviot, toutes plus remarquables les unes que les autres, on retrouve l'humoriste et comédienne Camille Chamoux, qui joue le rôle d'une soignante atteinte d'un cancer du sein. Toujours positive, son large sourire cache en réalité un drame personnel. 

Comment avez-vous réagi à la lecture du scénario ? 

J'ai trouvé la série extrêmement bien écrite, dans la veine de This is us ou Years and Years, avec un sens du mélo génial couplé à de l'humour. L'imbrication entre les histoires personnelles et l'histoire collective était aussi très réussie. Et puis je me suis dit que c'était dingue de voir des héroïnes en protocole de chimio, en prime time sur TF1. C'est la preuve que les choses bougent vraiment.

Malgré son sujet, Les Randonneuses est une série qui vraiment fait du bien…

Les héroïnes ont toutes un cancer, mais elles sont cool, drôles, séduisantes. On a toutes envie de les connaître. Il y a un processus d'identification extraordinaire et je trouve ça dément. Je me dis que cette série va faire du bien à toutes les femmes malades qui galèrent. 

Cette histoire de femmes qui veulent côtoyer les sommets, c'est cathartique et positif
Camille Chamoux

C'est également une série sur le dépassement de soi et la solidarité, non ? 

Oui complètement. Cette histoire de femmes qui veulent côtoyer les sommets, c'est cathartique et positif. Leur force ne vient pas de leur volonté individuelle, mais de leur volonté collective, de leur alliance. J'ai une belle-mère en protocole de chimiothérapie assez lourd et, elle aussi, comme les personnages de la série, s'est fait une vraie copine de chimio. C'est génial de faire une fiction là-dessus, car ça existe réellement. Il y a des femmes qui découvrent des ressources d'humour et une solidarité folle dans la maladie. 

Votre personnage, Patty, est très touchant. C'est une soignante atteinte d'un cancer... 

Je trouvais ça très fort de jouer une cancéreuse soignante. On oublie trop souvent l'humanité des soignants. Ce ne sont pas des machines à guérir, mais des personnes avec leur douleur, leur maladie propre, leur deuil, leurs problèmes. Et ils dépassent tout ça pour venir nous soigner. C'est un métier hallucinant, ce don de soi est complètement fou. 

Les femmes sont habituées à cacher des choses pour avancer et pour réussir
Camille Chamoux

Chacune des héroïnes cache un secret. Un peu comme dans la vie, non ? 

C'est vrai qu'on ne connaît jamais toutes les facettes des autres, leurs souffrances, leurs luttes. Mais depuis toujours, les femmes sont habituées à cacher des choses pour avancer et pour réussir, que ce soit une endométriose, un cancer, une douleur ou une grossesse. C'est quelque chose qu'on nous répète depuis l'enfance. Qu'une fiction parle de ça, c'est très juste. 

Le tournage a-t-il été éprouvant, aussi bien psychologiquement que physiquement ? 

Quand vous interprétez des femmes qui traversent des choses épouvantables, vous ne pouvez pas vous plaindre. Mais c'est vrai qu'en haute montagne, il n'y a aucune condition de confort possible. Il n'y a pas de loge, pas de pause ou de chaises où attendre entre les prises. On enquille toute la journée. On n'a pas tourné cette série dans des conditions confortables, c'était un tournage physique, éprouvant. Mais c'était précieux parce que c'était aussi une manière de partager, de façon très minime évidemment, la difficulté physique de nos personnages à effectuer cette randonnée.

Les hommes ne sont pas absents non plus de cette fiction, même s'ils sont relégués au second plan. 

Ce sont des personnages hyper drôles qui apportent de la légèreté et de l'absurdité par moment. On trouve leurs problèmes tellement débiles quand on est confrontés à des choses plus graves. Mais en même temps, c'est ça qui est beau, le fait que la vie continue à exister. Une peine de cœur est aussi grave qu'une peine de santé. Il n'y a pas vraiment d'échelle de Richter dans la douleur. Je trouve que les comédiens - et les personnages masculins qu'ils incarnent - ont su prendre la juste place, sans être au premier plan. 

Le film pose des questions délicates comme le droit à mourir dignement. C'est un combat qui vous parle ? 

Oui bien sûr. Je pense que c'est une question primordiale et je suis évidemment pour que les gens puissent choisir leur fin dans des cas de maladie. Après, il y a des grands professeurs qui en parlent beaucoup mieux que moi et il faut légiférer avec beaucoup de délicatesse sur ces sujets. Mais que les gens puissent décider de ne pas rester en vie à tout prix, ça me semble une évidence. Je suis très fière de participer à une fiction qui, d'une certaine manière, met cela en lumière.


Rania HOBALLAH

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