Dans un entretien accordé à la presse allemande, Gérard Depardieu réaffirme son attachement à la Russie, dont il a obtenu la citoyenneté en 2013.
Aux premières heures du conflit en Ukraine, l'acteur avait dénoncé "les folles dérives inacceptables" de Vladimir Poutine.
Aujourd’hui, il estime que "personne n’est capable de dire quelque chose de vraiment raisonnable à ce sujet".

Sa proximité avec Vladimir Poutine a longtemps défrayé la chronique. Malgré le conflit en Ukraine, Gérard Depardieu conserve une tendresse particulière pour la Russie. Dans un entretien accordé au quotidien allemand Augsburger Allgemeine Zeitung à l’occasion de la sortie outre-Rhin de son nouveau film, Umami, l’acteur de 74 ans évoque sa relation avec le pays dont il a obtenu la nationalité en 2013.

"Pour moi, rien n’a changé, je suis toujours Russe, j’aime la culture russe, si j’aime un pays, c’est toujours pour sa culture", répond-il à une question à propos du prochain anniversaire de la guerre en Ukraine. "Mais je préfère éviter de parler du sujet, personne n’est capable de dire quelque chose de vraiment raisonnable à ce sujet ! Personne. Je n’aime pas qu’on mélange la politique et le spectacle. Je n’en dirai pas plus sur le sujet : la guerre est une grosse connerie."

Des déclarations qui ont agacé Moscou

Le 1er mars dernier, au sixième jour de l’invasion russe, Gérard Depardieu avait appelé à "arrêter les armes et négocier" dans une déclaration adressée à l'AFP. "La Russie et l'Ukraine ont toujours été des pays frères. Je suis contre cette guerre fratricide", ajoutait-il. Quelques jours plus tard, il avait dénoncé "les folles dérives inacceptables" de Vladimir Poutine dans un communiqué, où il annonçait reverser les bénéfices d’une série de concerts "aux victimes ukrainiennes".

"Je pense que Depardieu ne comprend sans doute pas tout ce qui se passe, car il n'est pas totalement plongé dans l'actualité politique", avait alors réagi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. "Si cela est nécessaire, nous sommes prêts à le lui raconter et à lui expliquer afin qu'il comprenne mieux". De son côté, le député russe Soultan Khamzaev avait appelé les autorités à lui retirer la nationalité russe et à transférer ses biens immobiliers dans le pays à des associations caritatives.

Monstre sacré du cinéma français, Gérard Depardieu avait obtenu un passeport russe en janvier 2013, sur fond de désaccord avec la politique fiscale du président François Hollande. "Je trouve ça normal de payer, mais pas à des cons qui pensent qu'ils font le bien", avait-il déclaré en 2014 à l'hebdomadaire Le Point. Par la suite, il avait n'avait eu de cesse de vanter sa nouvelle patrie, une "grande démocratie", et de faire les éloges de Vladimir Poutine, le comparant même au pape Jean Paul II dans un entretien accordé au quotidien russe Komsomolskaïa Pravda.


Jérôme VERMELIN

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