Vincent Niclo : "Je suis super bien gaulé de l'intérieur !"

Le service METRONEWS
Publié le 11 décembre 2014 à 19h00
Vincent Niclo : "Je suis super bien gaulé de l'intérieur !"

PORTRAIT – Depuis quelques années, le nom de Vincent Niclo s'est imposé auprès des amateurs d'opéra avec plusieurs albums de reprises audacieux. A l'occasion de la sortie de son opus d'inédits, "Ce que je suis", retour sur le parcours tortueux d'un passionné de chant qui a bien l'intention de se faire entendre très longtemps.

"Je suis super bien gaulé de l'intérieur ! Malheureusement, ça ne se voit pas (rires.)" Vincent Niclo a peut-être des cordes vocales surdimensionnées, mais il passe inaperçu quand il débarque pour notre rencontre dans un café parisien, doudoune rouge et écharpe de rigueur. "J'ai une hygiène de vie proche de la sainteté, nous confie le ténor de 39 ans, réchauffant ses mains autour d'une tasse de café brûlante. Je reste un épicurien, donc je m'accorde des périodes où je profite. Mais il faut respecter son corps pour qu'il vous le rende bien. J'ai dédié ma vie à ça et j'ai la chance que ça marche, donc je ne vais pas me plaindre."

S'il donne parfois l'impression d'une bête de foire qu'on trimballe de plateau en plateau, le chanteur n'a pas toujours été dans la lumière, loin s'en faut. En 2006, son premier album, Un nom sur mon visage, fait un flop monumental. Même sentence pour le boys band disco "That's french" qu'il avait formé dix ans plus tôt. "J'en garde un super souvenir, tempère-t-il. Pour payer mes cours de chant, je passais beaucoup de castings. Enregistrer un disque, c'était le nirvana pour moi."

Emu aux larmes devant Céline Dion

Le déclic survient en septembre 2012 avec la sortie d'Opéra Rouge, où il reprend à sa sauce "Carmina Burana", "Caruso" ou "Ameno". Résultat des comptes : 300 000 exemplaires écoulés. "J'avais envie de suivre mes envies, même si tout le monde me prenait pour un fou, se souvient-il. Grâce à mon culot, j'ai réussi à avoir les choeurs de l'armée rouge." Le 24 novembre 2012, sur France 2, les yeux humides, il exécute avec brio la note réputée irréalisable du titre "All by my" devant Céline Dion. "Ce jour a bouleversé ma vie. Quelque chose est passé à travers l'écran, on m'en parle tout le temps."

Un an plus tard, il revisite le répertoire de Luis Mariano, avec la même ferveur et la même adhésion du public. Il enchaîne désormais avec Ce que je suis, un disque d'inédits mitonnés par Serge Lama (comme l'épique "Jusqu'à l'ivresse), Lionel Florence et lui-même. Quand on lui parle de coup marketing pour le rythme de sortie frénétique, Vincent Niclo éclate de rire. "Comme j'ai pas mal galéré, je reste conscient que le succès est éphémère. Je suis un grand boulimique de travail et je ne veux pas de regrets. Je me reposerai quand ça marchera moins."

Au fait, d'où vient cette passion immodérée pour le chant lyrique ? "Le jour où j'ai atteint des notes très jouissives, j'ai su que je voulais faire ça, admet-il. Ce qui ne m'empêche pas de flirter toujours avec la pop. C'est peut-être ce qui a plu au public."

En secret, Vincent Niclo rêve de chanter avec Lana Del Rey. Chez lui, il écoute en boucle le dernier album de Caribou, chanteur électro canadien très branché, et le duo soul français As Animals. De quoi chambouler l'univers austère de la musique classique. "D'instinct, la nouvelle génération ne va pas m'écouter, mais l'opéra n'est pas réservé à une caste, ça ne doit pas faire peur. Sur mon album Opéra rouge, si on enlève le chœur, les violons, et qu'on garde la base rythmique, ça passe dans n'importe quel club électro." Alors, conquis ?


Le service METRONEWS

Tout
TF1 Info