Assurance chômage : l'Elysée renégociera "le moment voulu" mais "pas immédiatement"

Antoine Rondel
Publié le 13 octobre 2014 à 7h12
Assurance chômage : l'Elysée renégociera "le moment voulu" mais "pas immédiatement"

POLÉMIQUE - La gauche a beaucoup toussé après les déclarations d'Emmanuel Macron au sujet de l'assurance chômage. De quoi inciter l'Elysée à calmer le jeu à ce sujet, en repoussant une renégociation du système d'indemnisation à plus tard.

Emmanuel Macron a-t-il eu faux sur tous les tableaux en s'exprimant sur l'assurance chômage ? Dans un entretien accordé au Journal du dimanche, le ministre de l'Economie se demandait "quel responsable politique" se satisferait d'un déficit de 4 milliards pour le système d'indemnisation des chômeurs. Et d'engager à s'interroger sur le sujet, "sans tabou ni postures".

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Pas maintenant, pas comme ça

En s'exprimant de la sorte, l'ancien de la banque Rotschild a un peu bousculé le message des dirigeants de la majorité, qui avait indiqué en milieu de semaine dernière que les négociations sur l'assurance chômage ne reprendraient pas avant 2016. Ce que n'ont pas manqué de lui rappeler des responsables du gouvernement et du PS, même s'ils ne lui reprochent pas le fond de sa pensée

Communiqué de l'Elysée : la réforme se fera "le moment voulu" mais "pas immédiatement"

Jean-Christophe Cambadélis, premier secrétaire du parti socialiste, sur I-Télé : "Son propos a été maladroit. (...) Le PS n'a pas de tabous mais des totems, et notamment le fait que, quand le président s'exprime, les ministres s'exécutent."

Marisol Touraine, ministre de la Santé, sur I-Télé : "Aucun sujet n'est tabou mais il faut savoir pendre le temps de la réflexion et associer les acteurs qui sont directement concernés."

Jean-Yves Le Drian, ministre de la Défense, sur France 5 : "C'est plus un problème de calendrier"

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Ceux qui contestent le fond

Toucher au principe du "un jour travaillé, un jour indemnisé" en tant de chômage massif, ça ne fait pas très bon genre auprès d'une partie de la gauche.

Ségolène Royal, ministre de l'Ecologie, sur France Inter : "L'assurance chômage est un acquis social et ce n'est pas en période de crise qu'il faut y toucher."

Laurent Baumel, député PS frondeur, sur France Info : "Dans une période de chômage massif comme ça,  le ministre de l’Economie devrait plutôt se demander si la politique  que l’on mène crée suffisamment d’emplois."

Parti de gauche (communiqué) : "Après François Rebsmamen et Manuel Valls, c'est Emmanuel Macron qui vient à nouveau de stigmatiser les chômeurs pour tenter de masquer l'échec absolu de sa politique."

Jean-Luc Mélenchon : "Ce n'est pas une posture, monsieur le banquier, c'est un acquis social"

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Bonus : ceux qui sont contents

Evidemment, s'attaquer à l'assurance-chômage et aux coûts que ce système génère ne manque pas non plus de faire des ravis.

Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires financières, sur I-Télé : "Cela va plutôt dans le sens qui est souhaité, d'une économie plus compétitive."

Le Medef, avec Thibaut Lanxade, membre du comité exécutif, sur Europe 1 : "Vous ne pouvez pas fermer les yeux et vous dire ‘on va continuer à grever les déficits jusqu’à temps que la croissance revienne !’"

Bonus (bis) : celui qui a forcément un avis mais qui ne s'est pas exprimé

Manuel Valls, Premier ministre : "De la blague", répondant à ceux qui voyaient là un signe de discorde entre son ministre et lui.


Antoine Rondel

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