69% des garagistes ne livrent pas correctement les informations précontractuelles qu'ils sont obligés de donner à leurs clients.
Un chiffre en hausse par rapport à 2017, constate la Répression des fraudes dans une enquête.
Cela s'explique par une "méconnaissance globale et une mauvaise compréhension" des règles par les professionnels.

C'est une obligation qu'ils éludent encore trop souvent. Les garagistes informent trop mal leurs clients sur les questions relatives aux tarifs, aux devis, aux garanties, aux pièces d'occasion, ou encore sur les solutions en cas de litige. Plus précisément, 69% d'établissements ne livrent pas au moins l'une de ces informations dites précontractuelles, que ces professionnels sont pourtant obligés de donner (depuis le 1er janvier 2017). Un chiffre en hausse depuis 2017, où les garagistes étaient 63% à manquer à cette obligation. 

C'est la conclusion d'une vaste enquête menée par la Répression des fraudes, sur plus d'un millier de garages, entre le 1er janvier 2021 et le 31 décembre 2021, et parue le 17 octobre dernier. Alertée par "près de 689 signalements" d'abus en 2021, la DGCCRF (Direction générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des fraudes) a été poussée à renouveler les contrôles.

"Méconnaissance globale et mauvaise compréhension" des garagistes

Une hausse de ces anomalies, qui résulte principalement d’une "méconnaissance globale et d’une mauvaise compréhension de la réglementation par les professionnels, ayant une incidence directe sur le pouvoir d’achat des consommateurs", selon la répression des fraudes. Le manquement qui a l'effet le plus important pour le porte-monnaie des clients tient au défaut d'information sur les pièces de seconde main (dans 56% des cas), qui s'explique par "les changements de réglementation" à ce sujet. 

Vient ensuite l'information sur les prix et les conditions particulières de vente (54%), l'obligation générale d’information précontractuelle - comme le recours au médiateur de la consommation (53%), la garantie légale de conformité et commerciale (48 %) et enfin l'information sur les contrats et les clauses abusives (41%). D'autres obligations, plus récentes, "ont du mal à être mises en œuvre par les garagistes", note encore la DGCCRF. Comme le manquement à l'information sur l’opposition au démarchage téléphonique (81 %),ou le respect des actions en faveur de l’environnement (71%). 

"Ces résultats démontrent la nécessité de poursuivre les actions de contrôle et de pédagogie", conclut l'enquête, qui a donné lieu à "577 avertissements et 218 injonctions", selon la DGCCRF. À la suite de ces contrôles, certains garagistes ont également été sanctionnés : "52 procès-verbaux administratifs et 26 procès-verbaux pénaux ont été dressés lors de manquements graves, d’infractions relatives à des pratiques commerciales trompeuses relevées ou de comportements prohibées répétées", ajoute encore l'organisme.  


Sébastie MASTRANDREAS

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