Le gouvernement promet depuis plusieurs mois une baisse future des impôts pour les classes moyennes.
Alors que les comptes de la France sont dans le rouge, cette promesse est-elle toujours tenable ?
Pas selon Pierre Moscovici, pour qui le gouvernement "n'a pas les moyens" de faire des "baisses d'impôts sèches".

Les impôts des classes moyennes vont-ils baisser dans les prochaines années, comme l'a promis le gouvernement ? Rien n'est certain. Pierre Moscovici, président du Haut Conseil des finances publiques (HCFP), a estimé ce mercredi que le gouvernement "n'avait pas les moyens", au vu de l'état de ses finances publiques, de faire des "baisses d'impôts sèches".

Moscovici appelle à "un raisonnement de cohérence"

Auditionné par la commission des Finances de l'Assemblée nationale au sujet de la nouvelle trajectoire de réduction du déficit, celui qui est également premier président de la Cour des Comptes estime que la "nette réduction du déficit suppose [...] un réexamen des baisses prévues de prélèvements obligatoires". "Dans la situation compromise de nos finances publiques, nous n'avons pas en réalité les moyens faire des baisses d'impôts sèches", a-t-il insisté, en référence aux promesses du président de la République Emmanuel Macron de réaliser un à "deux milliards de baisses d'impôts en 2025" pour les classes moyennes.

Le gouvernement a aussi dans ses tuyaux la suppression totale de la CVAE, un impôt de production pesant sur les entreprises. Après l'avoir réduit de moitié en 2023, soit quatre milliards d'euros, il devait le supprimer en 2024, mais ne l'a finalement réduit que d'un milliard cette année, promettant la suppression totale d'ici à la fin du quinquennat. "Le gouvernement est libre de voter des baisses d'impôts naturellement", mais "il faut absolument qu'elles soient compensées par des économies supplémentaires qui doivent être incluses dans l'équilibre", a prévenu Pierre Moscovici.

Alors que le gouvernement cherche à économiser 20 milliards d'euros en 2024 et la même somme en 2025 pour s'assurer un retour du déficit sous 3% du PIB en 2027, il faut avoir "un raisonnement de cohérence", a encore plaidé le patron du Haut Conseil des finances publiques. Selon lui, "les marges de manœuvre pour accroitre les recettes" demeurent "limitées".


I.N avec AFP

Tout
TF1 Info