BNP Paribas au menu du dîner de Hollande et Obama

Le service METRONEWS
Publié le 5 juin 2014 à 9h01
BNP Paribas au menu du dîner de Hollande et Obama
L'essentiel

ECONOMIE – François Hollande veut attirer l'attention du président américain Barack Obama sur le caractère "disproportionné" des sanctions envisagées à l'encontre de la banque française BNP Paribas. Les deux hommes dînent ensemble à l'Elysée jeudi soir.

Le sujet sera au menu jeudi soir. François Hollande, qui s'apprête à recevoir le président américain Barack Obama à l'Elysée , à la veille des commémorations du Débarquement en Normandie, a mis en garde les Etats-Unis mercredi contre des sanctions "injustes" et "disproportionnées" à l'encontre de la banque française BNP Paribas.

"Je respecte la justice américaine, mais en même temps (...) rien ne doit compromettre le partenariat entre la France et les Etats-Unis, car nous sommes engagés dans d'autres discussions et nous attendons la réciprocité", a-t-il dit lors d'une conférence de presse à l'issue de la première journée du G7 à Bruxelles.

"Des conséquences économiques et financières sur l'ensemble de la zone euro"

Rappelant qu'il avait l'intention d'en parler jeudi soir au président américain, François Hollande a souligné que son "devoir" était de pointer les "risques de sanctions totalement disproportionnées, injustes". Ces sanctions, à l'encontre de "la première banque de française mais aussi de la première banque de la zone euro", seraient d'une "hauteur telle, si on en croit certaines supputations, qu'elles pourraient avoir des conséquences économiques et financières sur l'ensemble de la zone euro", a-t-il mis en garde.

Ces conséquences pourraient s'étendre à "d'autres banques qui pourraient être également visées, introduisant un doute, une suspicion sur la solidité du système financier européen", a également souligné François Hollande. Le président a indiqué avoir eu "des échanges nombreux" avec son homologue américain sur ce dossier dès le début de l'année. Mercredi, l'Elysée a ainsi indiqué que le chef de l'Etat avait écrit au président américain dès le 7 avril pour l'alerter sur le "caractère disproportionné des sanctions envisagées" contre la banque, et sur les "risques associés à celles-ci".

BNP Paribas est accusé d'avoir réalisé des opérations avec des pays sous embargo, comme le Soudan et l'Iran. Selon la presse, il pourrait se voir infliger une pénalité supérieure à 10 milliards de dollars (7,34 milliards d'euros) ainsi qu'une suspension temporaire de ses activités aux Etats-Unis, ce qui l'empêcherait de traiter des transactions en dollars.