La flambée des prix de l'énergie

Carburants : la baisse des prix est-elle durable ?

Idèr Nabili
Publié le 9 août 2022 à 13h20
JT Perso

Source : JT 20h Semaine

Depuis plusieurs semaines, les Français voient les prix à la pompe diminuer, et la barre des 2 euros le litre pour le gazole et l'essence s'éloigne peu à peu.
Comment l'expliquer ? Cela va-t-il durer ? TF1info fait le point.

C'est une nouvelle bienvenue pour le porte-monnaie des Français. Depuis plusieurs semaines, les prix à la pompe sont en baisse. Après avoir atteint des sommets mi-juin, avec un litre vendu à plus de 2 euros, l'essence et le gazole voient leur prix diminuer semaine après cette semaine. Selon les dernières données publiées par le ministère de la Transition écologique, lundi 8 août, un litre de gazole coûte, en moyenne, 1,84 euro, contre 1,79 euro pour le litre de SP95.

Ces prix, qui prennent en compte la ristourne de 18 centimes par litre de carburant en métropole, évoluent en fonction du tarif du baril de pétrole. Or, celui-ci avait bondi au cours de l'hiver à la suite du déclenchement de la guerre en Ukraine par la Russie. Mais depuis le début de l'été, le baril de Brent est moins cher : alors qu'il se vendait à 127 dollars début juin, il est désormais passé sous la barre des 105 dollars, des niveaux similaires à ceux observés avant la guerre, selon le gouvernement.

À cela vient s'ajouter une baisse de la demande. En raison des perspectives délicates pour l'économie mondiale, celle-ci est moins forte, notamment aux États-Unis et en Chine, deux grands consommateurs de pétrole. Loi du marché oblige, la tension sur les prix diminue lorsque la demande est moins importante, surtout que l'offre a légèrement augmenté avec une nouvelle petite hausse de la production annoncée par l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep).

Quelle tendance pour la rentrée ?

Ce reflux des prix à la pompe pourrait même se poursuivre à la rentrée. En effet, la remise carburant de 18 centimes par litre sera portée à 30 centimes en septembre et en octobre, après le vote définitif du Parlement de la loi sur les mesures d'urgence pour protéger le pouvoir d'achat. Cette remise passera ensuite à 10 centimes en novembre et décembre.

Outre l'aide de l'État, le groupe TotalEnergies, dont les "superprofits" ont un temps été menacés par une taxe, a de son côté annoncé une remise de 20 centimes d'euros à la pompe entre septembre et novembre dans toutes ses stations-service françaises. Celle-ci sera encore de 10 centimes par litre sur le reste de l'année.

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Toutefois, le marché du pétrole pourrait repartir à la hausse à la rentrée, en raison de la reprise des activités, avertit l'économiste Anne-Sophie Alsif au micro de TF1 (voir vidéo en tête de cet article).

D'autant que le marché reste volatile. Début août, l'Opep a par exemple souligné que les capacités de réserve de barils de ses membres étaient "extrêmement limitées" en raison d'un "sous-investissement chronique dans le secteur pétrolier", et qu'il fallait donc agir "avec circonspection, en réponse à de graves perturbations de l'offre". Une offre qui subit chaque jour des imprévus : ce mardi, les livraisons de pétrole russe à certains pays européens via l'Ukraine ont par exemple été interrompues.


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