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Covid-19 : la pauvreté serait restée stable en 2020 grâce aux aides de l'État

C.A.
Publié le 3 novembre 2021 à 16h42
Un chariot installé dans une grande surface pour la récolte de dons alimentaires.

Un chariot installé dans une grande surface pour la récolte de dons alimentaires.

Source : ELIOT BLONDET / AFP

ANALYSE - Selon un rapport de l'Insee publié ce mercredi, la pauvreté serait restée stable en France en 2020 grâce aux aides exceptionnelles mises en place par le gouvernement. 9,3 millions de personnes seraient considérées comme pauvres.

Malgré une année 2020 très difficile pour les Français, la pauvreté n'a pas progressé dans le pays. Selon les premières estimations de l'Insee (Institut national de la statistique) publiées ce mercredi, les aides massives mises en place par le gouvernement ont permis de maintenir à niveau la pauvreté, avec 9,3 millions de personnes en situation de précarité. Le seuil de pauvreté est fixé par convention à 60% du niveau de vie médian, établi en 2019 à 22.040 euros annuels par l'Insee.

"Les mesures mises en place pour lutter contre les effets de la crise sanitaire, et particulièrement les aides exceptionnelles aux ménages à bas revenus, contribueraient fortement à diminuer les inégalités de revenus et la pauvreté monétaire en 2020", indique l'Insee dans son rapport.

Une moindre destruction d'emplois grâce au dispositif d'activité partielle

Pour l'Institut, le recours massif au dispositif d’activité partielle a permis de limiter les destructions d’emplois et de compenser partiellement ou totalement les pertes de salaire des personnes ayant conservé leur travail, mais ayant fait face à des baisses d’activité. "Sans l’indemnisation de l’activité partielle, mais en conservant les baisses de salaire associées à celle-ci, et en l’absence d’aides exceptionnelles pour les travailleurs indépendants et les ménages modestes, le taux de pauvreté monétaire augmenterait de 0,6 point et l’indice de Gini (qui mesure le degré d’inégalité d’une distribution - ici, le niveau de vie - pour une population donnée) de 0,007 point en 2020." 

Pour autant, indique le rapport, ce dispositif aurait davantage profité aux personnes considérées comme ayant niveau de vie intermédiaire, tels que les employés, les ouvriers et les professions intermédiaires. "Moins souvent en emploi salarié dans l’année, les personnes les plus modestes seraient donc moins nombreuses à avoir bénéficié du dispositif d’activité partielle", explique l'Insee. Les personnes les plus aisées, dont font partie les cadres, auraient aussi moins eu recours au chômage partiel, leur activité ayant majoritairement pu se poursuivre en télétravail. 

Le coup de pouce salvateur du gouvernement pour les indépendants

Selon les simulations des auteurs du rapport, près d’un tiers des indépendants auraient bénéficié du fond de solidarité pour les entreprises (FSE), pour un montant annuel moyen de 2700 euros par personne, une fois déduite la part destinée aux dépenses de leur entreprise. "En excluant les reports de cotisations qui ont vocation à être payées plus tard, les dispositifs simulés ici couvriraient en moyenne 90% des pertes de revenus d’activité des indépendants engendrées par la crise sanitaire", souligne l'Insee pour qui sans l'ensemble des aides pour les travailleurs indépendants, "les faillites et le recul de l’activité auraient probablement été plus importants que ceux observés en 2020".

Des aides exceptionnelles particulièrement bien ciblées

Au-delà de ces aides à l'emploi, les aides exceptionnelles en direction des ménages modestes "auraient un net effet à la baisse sur les inégalités de revenus et le taux de pauvreté monétaire", rapporte l'Insee. En juin et en novembre 2020, 150 euros ont été versés aux foyers bénéficiant du (RSA) ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS). Ces deux mêmes mois, ces foyers ainsi que les bénéficiaires des allocations logement ont reçu des aides additionnelles de 100 euros par enfant. Fin août, les ménages éligibles à l’allocation de rentrée scolaire (ARS) ont aussi bénéficié d’une prime de 100 euros par enfant et certains jeunes de moins de 25 ans se sont aussi vus verser 200 euros en juin et 150 euros en novembre. "Au total, ces aides exceptionnelles mobiliseraient une masse de 2,2 milliards d’euros, dont 80 % seraient dirigés vers les 30 % des personnes les plus pauvres, pour un montant annuel moyen de 150 euros par personne", estime l'Insee.

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Malgré un panorama encourageant, l'Insee met en exergue certaines réserves aux résultats de ses estimations. "Il est possible que la crise sanitaire ait eu un effet plus marqué pour une partie des personnes les plus fragiles, mal captées par l’enquête Revenus fiscaux et sociaux, comme pourraient le suggérer la hausse prononcée des volumes d’aide alimentaire distribués en 2020 ou l’envolée des demandes d’aide spécifique ponctuelle pour les étudiants", souligne l'Institut. Les revenus non déclarés ont par ailleurs pu, selon leurs auteurs du rapport, fortement diminuer en 2020 avec les restrictions d’activité et de déplacement, "affectant la situation des personnes qui en perçoivent habituellement, sans que cela puisse être pris en compte ici".   


C.A.

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