Gaz russe : l'Europe sous pression

Énergie : la France a commencé à livrer du gaz à l'Allemagne

T.G.
Publié le 13 octobre 2022 à 11h46
JT Perso

Source : JT 20h WE

La France a commencé, jeudi, à acheminer directement du gaz vers l'Allemagne.
Une nouvelle étape pour surmonter le tarissement des flux venant de la Russie.

La solidarité énergétique européenne tourne à plein régime. La France a commencé, jeudi, pour la première fois à acheminer directement du gaz vers l'Allemagne. Une mesure prise pour aider le pays à surmonter cet hiver le tarissement des flux venant de la Russie. "C'est historique, la première fois que la France va livrer du gaz directement vers l'Allemagne. Jusqu'ici, on envoyait du gaz à notre voisin via la Belgique", a déclaré Thierry Trouvé, directeur général de GRTgaz, le gestionnaire du réseau de transport de gaz français.

Les premières commercialisations vers l'Allemagne ont commencé à 6h à hauteur de 31 gigawattheures/jour, via les communes frontalières de Obergailbach (Moselle) côté français, et Medelsheim en Sarre. Le niveau de cette capacité pourra atteindre au maximum 100 GWh/jour. En ordre de grandeur, cela correspond à la puissance de quatre tranches nucléaires, ou l'équivalent de 10% de ce que la France reçoit chaque jour en GNL dans ses quatre terminaux méthaniers, selon GRTGaz, qui estime être en mesure de servir l'Allemagne tout l'hiver.

De l'électricité en échange si la France est dans le besoin

Ces premières livraisons concrétisent un accord d'entraide formalisé le 5 septembre entre les dirigeants français et allemand, Emmanuel Macron et Olaf Scholz, pour faire jouer la solidarité européenne à l'heure où le gaz est très convoité et son prix vertigineux. Les deux dirigeants ont ainsi convenu que la France livre davantage de gaz à l'Allemagne, qui pourrait en retour fournir, si besoin, de l'électricité à son voisin fragilisé par une production nucléaire au plus bas.

Avec ce mécanisme, les deux pays ont-ils trouvé la parade pour passer l'hiver au chaud ? Après l'invasion de l'Ukraine, la Russie a en effet considérablement baissé ses livraisons de gaz à l'Europe, dont certains pays étaient très dépendants. C'est le cas de l'Allemagne, qui a besoin de cette énergie pour faire tourner ses usines, le nerf de son économie. Or la France détient plus de gaz que son voisin, car elle bénéficie d'apports massifs venus de Norvège et de gaz naturel liquéfié (GNL) depuis les États-Unis, qui lui ont permis en partie de remplir ses stocks hivernaux à 100%.

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"Nos calculs nous permettent d'être optimistes sur notre capacité à servir la demande française et à soutenir la production électrique tout en contribuant à la solidarité européenne", a précisé à l'AFP Thierry Trouvé. À condition toutefois que la France économise son "lac de gaz" avec des mesures de sobriété pour éviter des pénuries en cas de vague de froid tardive. Pour cette première journée, la totalité de la capacité de 31 gigawattheures/jour mise aux enchères a trouvé preneur outre-Rhin, moyennant un prix de transport de réserve de 1,53 euro/MWh/jour. L'éventuel excédent de recettes généré par ces droits de péage sera reversé ultérieurement aux fournisseurs, conformément aux règles de régulation, a précisé GRTgaz.


T.G.

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