Énergie : une fin d'année sous le signe de la sobriété

Crise de l'énergie : les économies de gaz seront "cruciales" pour passer l'hiver

S.M avec AFP
Publié le 5 octobre 2022 à 16h36
JT Perso

Source : JT 20h WE

Les stockages de gaz en France et dans les pays membres de l'UE sont quasiment tous pleins pour l'hiver.
Mais l'Agence internationale de l'énergie (AIE) craint une rupture totale des livraisons russes, ainsi qu'une "vague de froid tardive".
Ce scénario du pire pourrait faire fondre les stocks à "près de 5%" de leur capacité en février.

L'heure est définitivement à la sobriété. Si les réserves de gaz en France ont atteint ce mercredi 100% de leur capacité pour l'hiver, un niveau que nos voisins européens sont quasiment tous en passe d'atteindre, la maîtrise de la consommation reste de mise pour les ménages et les entreprises. C'est l'appel martelé par le gouvernement, répété encore ce matin par la Commission de régulation de l'énergie (CRE), qui est valable pour tous les pays de l'Union européenne.  

Ces mesures d'économies sont jugées "cruciales" à l'échelle de l'UE, en cas de coupure totale des livraisons russes de gaz, conjuguées à une vague de froid tardive, prévient l'Agence internationale de l'énergie (AIE) dans son rapport trimestriel paru en début de semaine. Un scénario du pire, alors que l'approvisionnement européen en gaz repose désormais en grande sur le gaz naturel liquéfié (GNL) et le gaz norvégien. 

Les stocks pourraient fondre jusqu'à "près de 5%" en février

L'agence estime que "dans l'hypothèse d'un arrêt complet de l'approvisionnement russe à partir du 1er novembre" et en fonction des apports en GNL, les stockages de gaz fondraient dangereusement. "Sans réduction de la demande de gaz et si l'approvisionnement russe est complètement coupé, les stockages seraient remplis à moins de 20% en février, en supposant un niveau élevé d'approvisionnement en GNL" et "à près de 5% en cas de faible approvisionnement en GNL", prévient l'AIE. De quoi augmenter "le risque de rupture d'approvisionnement en cas de vague de froid tardive", insiste l'agence. 

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Pour conjurer ce scénario, l'AIE estime que l'Europe devra observer des mesures d'économies "cruciales" pour "maintenir les stocks à des niveaux adéquats jusqu'à la fin de la saison de chauffage". Selon ses projections, une réduction pendant l'hiver de la demande européenne de gaz, de l'ordre de 9% par rapport à la moyenne des cinq dernières années, "serait nécessaire pour maintenir ces niveaux de stock au-dessus de 25%" en cas d'afflux de GNL plus faibles. Et il faudrait que cette demande baisse de 13% par rapport à cette moyenne "pour maintenir des niveaux de stockage supérieurs à 33%", en cas de faibles apports de GNL. 

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La consommation globale de gaz en Europe a déjà diminué de plus de 10% entre janvier et août par rapport à la même période en 2021, une baisse "record" tirée par un recul de 15% dans le secteur industriel alors que des usines ont dû réduire leur production face à la flambée des prix. Dans le même temps, la demande de GNL a explosé (+65% en Europe) faisant de cette ressource l'objet d'une "compétition mondiale". Dans le contexte d'instabilité géopolitique actuel, la consommation mondiale de gaz devrait décliner de 0,8% en 2022 et progresser de seulement 0,4% en 2023, estime l'AIE. Anticipant une possible hausse de la demande chinoise de GNL, l'agence craint des "perspectives sombres" pour les marchés du gaz.


S.M avec AFP

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