Croissance en berne : les salariés vont devoir contribuer à leur compte personnel de formation

par T.G.
Publié le 19 février 2024 à 12h19, mis à jour le 19 février 2024 à 13h29

Source : JT 20h WE

Le gouvernement a annoncé lundi la mise en place dès 2024 d'une participation forfaitaire des salariés au compte personnel de formation (CPF).
Cette mesure s'inscrit dans le cadre des 10 milliards d'économies supplémentaires prévues cette année.

Le compte personnel de formation (CPF) victime de la croissance en berne. Le gouvernement a annoncé, lundi 19 février, la mise en place dès 2024 d'une participation forfaitaire des salariés pour ce dispositif. Une mesure prise dans le cadre des 10 milliards d'économies supplémentaires prévues au cours de l'année. "Cette participation forfaitaire […] nous permettra de générer 200 millions d'euros d'économies sur un total de 2 milliards", a déclaré le ministre délégué chargé des Comptes publics, Thomas Cazenave. Ce dernier a évoqué une mesure "juste" et "nécessaire" dans un contexte difficile pour les finances publiques.

Pour le ministre, cette mesure constitue un impératif. "Annuler 10 milliards d'euros dans le budget de l'État" en 2024, comme l'a annoncé dimanche soir le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, est "un acte de responsabilité, de réactivité, et je pense que ça doit convaincre nos partenaires du sérieux de notre gestion des finances publiques et surtout de notre détermination à ce que nous ne les laissions pas dériver", a observé Thomas Cazenave.

Vers l'instauration d'un "ticket modérateur proportionnel"

Quelle sera la part prise en charge par l'employé ? Selon nos informations, "le montant de ce ticket modérateur n’a pas été encore arrêté, mais il a vocation à se situer au minimum à 10 % du coût de la formation." Du coté de Bercy, on envisage "un ticket modérateur proportionnel" pour ne pas avoir "un effet d'éviction sur les  formations moins coûteuses et au contraire pouvoir tenir pleinement compte des formations très coûteuses", tel les permis. Toujours selon une source contactée auprès de Bercy, le gouvernement souhaite que les personnes soient exonérées de cette participation "si l’employeur abonde en cas de solde insuffisant ou si elles sont au chômage." 

Le gouvernement rappelle par ailleurs que, partant du constat d'un dispositif qui "présente encore des limites en terme d'efficience", l'instauration du reste à charge "a toujours été perçue comme une solution pertinente".

Invité dimanche soir sur TF1, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire a revu à la baisse, de 1,4 à 1%, sa prévision de croissance pour 2024. Le gouvernement a ainsi dévoilé 10 milliards d'économies supplémentaires pour tenir son ambition de réduire le déficit public à 4,4% du PIB cette année. Ce nouveau coup de rabot vient s'ajouter aux 16 milliards d'économies déjà inscrites dans le budget pour 2024, consistant principalement en la suppression du bouclier tarifaire dans l'énergie.


T.G.

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