Croissance française : de bons chiffres en 2022, malgré un ralentissement net en fin d'année

Publié le 31 janvier 2023 à 11h19

Source : Sujet TF1 Info

Avec les conséquences de la guerre en Ukraine, l'économie française a souffert, mais elle a tenu bon.
La croissance du PIB atteint 2,6%, c'est mieux que les estimations de l'INSEE qui tablaient sur 2,5.
En revanche, le dernier trimestre difficile laisse présager le pire pour l'année 2023.

Malgré la crise énergétique et la flambée de l'inflation, l'activité économique a résisté en France en 2022. Pour autant, elle a nettement marqué le pas en fin d'année, annonçant une année 2023 certainement plus difficile. La croissance du Produit intérieur brut (PIB), qui a atteint 2,6% en 2022, a ainsi fortement ralenti à 0,1% au quatrième trimestre, affaiblie par une consommation des ménages directement affectée par l'envolée des prix. 

En France, les prix à la consommation ont ainsi bondi de 5,2% en moyenne annuelle en 2022 et ont même flirté avec les 6% au quatrième trimestre, avec des envolées pour l'énergie et l'alimentation.

Elle témoigne du fort rebond de notre économie après le choc du Covid et de sa résilience face à la crise énergétique
Bruno Le Maire

L'an dernier, elle a surtout bénéficié du rebond d'activité enregistré sur la seconde partie de 2021 "en sortie de crise sanitaire", explique l'Institut national de la statistique (Insee). Trimestre après trimestre, elle a ensuite été "nettement moins dynamique". Les chiffres sont toutefois bons que prévu, car l'Insee tablait sur un PIB en hausse de 2,5% et une contraction de 0,2% au quatrième trimestre. Le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, a salué une croissance "soutenue" l'an dernier malgré les secousses de la guerre en Ukraine. "Elle témoigne du fort rebond de notre économie après le choc du Covid et de sa résilience face à la crise énergétique", a-t-il affirmé. La France a également battu son record de création d'entreprises en 2022 avec 1,072 million d'immatriculations. 

La bonne tenue de l'activité française masque cependant un tableau contrasté. Les trois derniers mois de l'année ont été marqués par une forte baisse de la consommation des ménages en biens et services (-0,9%), moteur traditionnel de la croissance, pénalisée par un recul des achats de produits alimentaires. La consommation d'énergie a également baissé au quatrième trimestre, en raison d'un automne très doux, mais aussi d'efforts de sobriété énergétique, alors que le gouvernement a déployé des mesures de soutien à coups de milliards d'euros pour contenir les factures.

S'ils ont continué de progresser, les investissements ont, quant à eux, perdu en dynamisme (0,8% après 2,3% au troisième trimestre). En d'autres termes, c'est de mauvais augure pour 2023, alors que l'inflation devrait continuer à accélérer jusqu'à un pic attendu par l'Insee autour de 7% en début d'année. La Banque de France s'attend à une baisse de régime avec 0,3% de croissance en 2023. Elle se montre plus pessimiste que le gouvernement (+1%) qui compte sur la croissance pour amorcer le redressement des finances publiques.

Confrontée, elle aussi, à la crise énergétique, l'Allemagne a annoncé lundi un recul de 0,2% de son PIB sur les trois derniers mois de 2022, mais pourrait échapper de justesse à la récession en 2023. 


La rédaction de TF1info

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