Une croissance russe de 3% malgré la guerre, comment l'expliquer ? La mise au point de François Lenglet

par La rédaction de TF1info | Chronique : François Lenglet
Publié le 12 février 2024 à 10h56

Source : JT 20h WE

Cette semaine, la Russie a annoncé une croissance de 3%.
Dans le même temps, sa monnaie, le rouble, est au plus bas depuis deux ans.
Que faut-il en penser ? C'est l'objet de la mise au point de François Lenglet.

Avec 3% en 2023, la Russie a fait beaucoup mieux que toutes les économies occidentales. Et selon le FMI, ce sera pareil cette année. Une performance qui doit beaucoup aux ventes de pétrole et de gaz, dont la Russie est l’un des premiers producteurs, et cela, malgré les sanctions occidentales. Car Moscou a réorienté ses exportations vers la Chine, l’Inde et l’Arabie saoudite.

Les usines de l'Oural, l'un des moteurs de la Russie

Il faut s’y faire. L’Occident n’a plus les moyens de punir un pays en l’isolant, car une contre-mondialisation s’est mise en place avec la Chine et ses alliés. L’autre moteur de la Russie, c’est bien sûr la production d’armes, avec les usines de l’Oural qui tournent 24 heures sur 24 et dévorent le tiers du budget national, alimentées justement par l’argent de l’or noir. Elles recrutent massivement, avec de bons salaires.

Pour autant, cette reprise ressemble à un cageot jeté dans la cheminée. Des flammes vigoureuses, mais pour combien de temps ? Demain, la Russie retrouvera sa faiblesse démographique, 300.000 victimes de la guerre, mortes ou blessées. Et probablement le double qui ont émigré à l’étranger. Sans compter la dépendance vis-à-vis de Pékin. En récompense de leur soutien, les Chinois comptent bien récupérer, à prix cassé, la Russie et ses gigantesques ressources. 


La rédaction de TF1info | Chronique : François Lenglet

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