Enquête préliminaire sur Areva : le groupe a-t-il menti à ses salariés ?

Publié le 20 septembre 2016 à 18h13
Enquête préliminaire sur Areva : le groupe a-t-il menti à ses salariés ?

Source : AFP

NUCLÉAIRE – Une enquête préliminaire pour "diffusion d'informations fausses ou trompeuses" a été ouverte en réponse à la plainte de salariés d'Areva. Ils estiment avoir été abusés au moment de l’ouverture d'un plan d’épargne en actions de l’entreprise en 2013.

Les nuages continuent de s'amonceler sur Areva. On connaissait les pertes colossales accumulées par le groupe ces dernières années, la négociation d’un plan de départs massif et la mise sur pied d’un plan de sauvetage. Aujourd’hui, ce sont les propres salariés du spécialiste du nucléaire qui se retournent contre lui. 

Le groupe fait en effet l’objet d’une enquête préliminaire ouverte avant l’été par le parquet national financier, a révélé lundi Le Parisien. Des investigations  faisant suite à une plainte contre X déposée fin 2015 par la CFE-CGC pour "diffusion d’informations fausses ou trompeuses". Le syndicat estime en effet que des salariés ont été floués au moment de l’ouverture en juin 2013 d’un plan épargne groupe (PEG). 

14.700 souscripteurs pour 29 millions placés

A l’époque où s’ouvre ce premier PEG de la société, le successeur d’Anne Lauvergeon à la tête d’Areva, Luc Oursel, est en poste depuis deux ans. La direction diffuse alors un discours rassurant auprès des salariés, mettant en avant le plan stratégique mis en place pour améliorer la situation financière, grâce notamment au niveau record du carnet de commandes enregistré en 2012. 

C’est dans ce contexte que les salariés d’Areva sont invités à investir dans le développement de la société en prenant des parts dans son capital. Des réunions d’information sont organisées dans les différents sites d’Areva pour leur présenter l’opération, qui séduira au final 14.670 personnes, dont plus de 11.000 en France (le reste en Allemagne et aux Etats-Unis). En moyenne, les actionnaires salariés vont acheter 2200 euros d’actions chacun, au prix de 11,77 euros l’unité. Total de l’opération pour le groupe : 29 millions d’euros.  Quinze mois plus tard, l’annonce notamment de retards sur le chantier de l’EPR finlandais provoque la suspension de la cotation du titre Areva à la bourse de Paris. Mais le pire reste à venir. 

L’action perd la moitié de sa valeur en quelques mois

Bientôt, Areva confirmera des pertes de près de 5 milliards d’euros pour l’exercice 2014, contre seulement 500 millions en 2013. Après avoir essuyé une chute de valeur de plus de 50% cette année-là, l’action poursuit sa dégringolade et ira jusqu’à frôler les 3 euros à la fin du mois de juin dernier, avant de remonter autour de 6,50 euros actuellement. 

"En novembre 2015, considérant que ces 5 milliards de pertes n’avaient pas pu se construire en quelques mois, nous nous sommes demandé si les salariés n’avaient pas été floués au moment de la souscription. C’est pourquoi nous avons invité les salariés à se joindre à l’action engagée, qui rassemble aujourd’hui 300 personnes", explique à LCI Cyrille Vincent, délégué CFE-CGC du groupe.

L’achat d’actions présente un risque, a prévenu la direction

"AREVA s’est toujours conformé aux obligations légales en termes de communication financière. Par ailleurs, lors de la période de souscription au plan d’actionnariat salarié AREVA en 2013, les salariés ont été informés qu’il existait un risque de perte en capital inhérent à tout achat et à la détention d’actions", se défend de son côté le groupe. 

Mais pour le syndicat des cadres, la direction n’a pas été aussi transparente. Il en veut pour preuve notamment un rapport de la Cour des comptes publié en 2014 et portant sur la période 2006-2012, qui pointe entre autres les difficultés financières d’une entreprise contrainte de procéder à des cessions pour financer son développement en raison de moyens progressivement insuffisants. 

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La rédaction de TF1info

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